XV de France: "On est prêt à s'adapter" indique Galthié

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Sabres (France) (AFP)

En stage de rodage dans les Landes avec son staff auprès de jeunes rugbymen, le sélectionneur de l'équipe de France de rugby Fabien Galthié s'est dit "prêt à s'adapter aux contraintes" liées au calendrier internationale et à la libération des internationaux, qui font actuellement débat avec la Ligue et les clubs.

Q: Quel est l'objectif de ces entraînements avec des jeunes dans la forêt des Landes ?

R: "C'était prévu dans notre agenda depuis la reprise de nos activités. On a eu un séminaire à Marcoussis en juin et ensuite on a organisé tout un calendrier pour nous remettre en route et en pratique. On a besoin de s'entraîner à entraîner. C'est la semaine des rassemblements des académies, des meilleurs jeunes joueurs français en vue de former les équipes de France U18, U19, U20 et on a sauté sur l'occasion. La DTN, la cellule du très haut niveau du rugby français, nous a permis de venir nous connecter avec ces joueurs-là et de préparer trois jours de travail. Nous sommes en train d'élaborer une nouvelle formule d'entraînement pour être plus performant et compétitif. On se sert de ces jeunes joueurs comme d'un laboratoire".

Q: Pouvez-vous détailler cette nouvelle formule d'entraînement ?

R: "On est toujours sur une forme d'entraînement à 42 joueurs, c'est la base de la capacité de travail à très haute intensité. On considère que c'est avec la fatigue maximale qu'on apprend à prendre les bonnes décisions et à jouer juste, avec les bons gestes techniques. Pour nous, la pratique sensorielle se fait à très haute intensité".

Q: Pour la Tournée d'automne, êtes-vous certain d'avoir ces 42 joueurs ?

R: "Nous sommes certains d'avoir 42 joueurs. Ils ne viendront peut-être pas tous du Top 14, mais nous aurons 42 joueurs pour travailler. Les différentes institutions sont en train de discuter pour essayer de trouver la meilleure solution ou la moins mauvaise solution. Ce que l'on recherche, c'est l'harmonie, le dialogue, le bon fonctionnement des différentes institutions et surtout le respect des joueurs. On est prêt à s'adapter. Le haut niveau, c'est s'adapter en permanence à ces contraintes-là".

Q: Vous comprenez la sensibilité des clubs aujourd'hui, tout ce qui leur tombe dessus...

R: "On comprend tout. Il n'y a même pas de débat. Nous, on est très attaché à notre méthode qui fonctionne, qui marche, qui a réussi à ramener l'équipe de France aux portes de notre objectif qui est le Top 3 mondial. Cette méthode nous a permis de rattraper de manière incroyable des équipes qui étaient devant nous, elle nous a permis de construire une équipe de France très jeune (24 ans, 8 sélections de moyenne). On a une feuille de route très claire, une finalité, des buts, on les répète en permanence, on est très transparent. Soixante-six joueurs ont reçu hier un dossier d'entretien, on continue à avancer avec cette vision, cette feuille de route"

Q: Il est possible que vous n'ayez pas les 42 meilleurs joueurs pour ces tests ? Vous êtes prêt à faire tourner ?

R: "Je n'aime pas le mot "tourner". Quand on joue pour l'équipe de France, on ne joue pas parce que ça tourne mais on joue parce qu'à l'instant T, on est le meilleur représentant au poste du rugby français. Par le passé, pendant les 10 ans qui se sont écoulés, on a assez souffert et personne ne souhaite revivre ce que l'on a pu vivre. Donc essayons de passer à une autre étape, une autre ère, celle des victoires et des performances".

Q: Êtes-vous prêt, si on vous le demande, de ne pas faire jouer 6 matches à un même joueur ?

R: "Mais bien sûr et même je vais plus loin en prenant le problème dans l'autre sens. Le joueur qui va jouer pour l'équipe de France, ce sera le meilleur joueur à l'instant T. Un joueur peut jouer 4 matches et on peut considérer qu'il va être fatigué et alors il faut mettre un autre joueur plus frais et plus disponible physiquement, psychiquement. C'est comme ça qu'il faut poser le problème et ne pas dire +on tourne+. La sémantique est très importante. On n'est pas sélectionné parce qu'on tourne. On est sélectionné parce qu'on est le meilleur joueur de l'équipe de France à l'instant T. Il n'y a aucune sélection qui tombe du ciel".

Propos recueillis en conférence de presse