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Chômage: répit confirmé en juillet, mais les perspectives restent difficiles

Le nombre de chômeurs a de nouveau diminué (-4,1%) en juillet, soit 174.300 inscrits en catégorie A en moins, une baisse due comme en mai et juin au retour de demandeurs d'emploi vers l'activité réduite
Le nombre de chômeurs a de nouveau diminué (-4,1%) en juillet, soit 174.300 inscrits en catégorie A en moins, une baisse due comme en mai et juin au retour de demandeurs d'emploi vers l'activité réduite PASCAL GUYOT AFP/Archives
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Paris (AFP)

Confirmant la reprise de l'activité à la suite du déconfinement, le nombre de chômeurs a continué à diminuer en juillet mais cette embellie dans la crise pourrait n'être que temporaire avec la perspective d'une rentrée difficile sur le marché du travail.

Après -204.700 en juin et -149.900 en mai, le nombre de demandeurs de catégorie A (sans activité) à Pôle emploi a de nouveau nettement diminué en juillet, avec 174.300 inscrits en moins, soit 4,1%.

Il demeure cependant à un niveau élevé, 4,047 millions après les hausses exceptionnelles dues au confinement (+7% en mars, +22% en avril), soit 560.000 chômeurs de plus que fin février.

Comme en mai et juin, cette baisse "s'explique principalement" par un transfert vers l'activité réduite, explique la Dares (le service statistique du ministère du Travail). L'effectif des catégories B (moins de 78 heures de travail dans le mois) et C (plus de 78 heure) a ainsi augmenté de 129.400.

Au total, l'effectif des catégories A, B et C diminue (-44.900, soit -0,7%) pour la première fois depuis mars mais s'établit toujours à plus de six millions de personnes.

Cette diminution est la conséquence d'une reprise des sorties (pour emploi ou formation) de Pôle emploi, qui s'étaient quasiment arrêtées pendant le confinement.

De leur côté, les entrées ont légèrement diminué, avec des inscriptions pour licenciements économiques toujours limitées.

"Les réductions d'effectifs restent contenues, comme c'est le cas depuis le mois d'avril. Elles passent majoritairement par l'annulation ou le report d'embauches prévues", notamment en CDD ou intérim, souligne la Dares dans une autre enquête publiée mercredi sur l'activité des entreprises à la fin juillet.

Cela rejoint l'analyse du président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, pour qui "l'explosion du chômage vient davantage des non-embauches que des licenciements". Il ne croit pas à une vague de plans sociaux, "qui ne représentent que 50.000 suppressions de postes" (ndlr: dans les PSE déposés depuis le 1er mars, soit trois fois plus que sur la même période de 2019) alors "qu'il y a toujours 600.000 offres à pourvoir à Pôle emploi".

"Nous à la CGT, on a plusieurs appels par jour de salariés de petites entreprises qui licencient, ceux là ils ne font pas la Une des journaux" lui a répondu Philippe Martinez (CGT), pour qui la vague de suppressions d'emplois on l'a déjà vue, ces nouveau chômeurs ce sont les précaires, les CDD, les intérimaires".

- Embauches à Pôle emploi -

Selon la Dares, les perspectives des entreprises sont néanmoins marquées par une hausse des incertitudes, avec 39% des entreprises ne se prononçant pas sur les évolutions de leurs effectifs. Des incertitudes qui ne font qu'augmenter à l'approche de la rentrée avec le regain de l'épidémie.

Jean Castex a tenté mercredi de réduire ces incertitudes, plaidant pour que les Français reprennent le plus possible "une vie normale". Pour soutenir l'activité et "faire en sorte que l'avalanche de plans sociaux ne se produise pas", le Premier ministre doit détailler son plan de relance le 3 septembre.

Il mise aussi sur les mesures annoncées pour faire face à l'arrivée de 750.000 jeunes sur le marché du travail, notamment les aides à l'embauche (4.000 euros) et au recrutement d'alternants (5 à 8.000 euros).

"Les retours des fédérations sont encourageants et on devrait pouvoir maintenir le niveau historique de jeunes en apprentissage de la rentrée 2019 (...) Pour les jeunes diplômés, les recrutements dépendront de l'évolution de la conjoncture", selon M. Roux de Bézieux.

Mais signe de l'inquiétude, le gouvernement devrait annoncer lors de la présentation du plan de relance plusieurs milliers d'embauches à Pôle emploi.

Selon David Vallaperta (CFDT de Pôle emploi), il y aurait plusieurs vagues de recrutement avec 3.000 embauches, principalement en CDD, d'ici la fin de l'année et le reste en 2021 en fonction du marché de l'emploi.

"On n'y arrivera pas sans ces renforts", a-t-il expliqué, "même si pour l'instant, la vague ne se manifeste pas dans les chiffres".

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