Embargo contre l'Iran : Téhéran autorise l'accès à deux sites nucléaires suspects

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi (à droite), lors d'une conférence de presse avec le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali-Akbar Salehi, à Téhéran, en Iran, le 25 août 2020.
Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi (à droite), lors d'une conférence de presse avec le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali-Akbar Salehi, à Téhéran, en Iran, le 25 août 2020. © Wana News Agency, via Reuters

Téhéran a donné son accord mercredi pour que l'Agence internationale de l'énergie atomique puisse pénétrer dans deux sites nucléaires. Cette décision fait suite à une demande des États européens qui souhaitent que l'Iran détermine l'existence ou non d'activités nucléaires non déclarées dans ces deux sites.

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L'Iran a autorisé mercredi 26 août l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à pénétrer prochainement dans deux sites dont elle réclamait l'accès dans un contexte de tensions liées à la tentative américaine de réimposer les sanctions de l'ONU.

"L'Iran fournit volontairement à l'AIEA l'accès aux deux sites spécifiés par l'Agence", ont écrit l'AIEA et l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) dans un rare communiqué conjoint. "Les dates de l'accès de l'AIEA et des activités de vérification ont été convenues", ont-elles ajouté, sans préciser de calendrier.

Conséquence d'une décision européenne

Cette annonce intervient alors que s'achève mercredi la première visite en Iran du nouveau directeur général de l'AIEA, l'Argentin Rafael Mariano Grossi, arrivé à la tête de l'agence en 2019. 

En juin, le conseil des gouverneurs de l'AIEA, organisation basée à Vienne, en Autriche, a adopté une résolution proposée par des États européens, demandant à Téhéran de permettre aux inspecteurs d'accéder à deux sites afin de clarifier si des activités nucléaires non déclarées y avaient eu lieu au début des années 2000.

L'Iran refusait jusqu'à présent de répondre favorablement aux requêtes de l'AIEA, arguant qu'elles étaient basées sur des allégations israéliennes.

>> À lire aussi : L'accord Israël-Émirats, signe d'un "nouvel état d'esprit" au Moyen-Orient

Des tensions avec Washington et ses alliés européens 

Rafael Mariano Grossi avait obtenu de pouvoir se rendre personnellement à Téhéran dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et leurs alliés européens concernant la tentative de Washington de maintenir un embargo sur les armes à destination de l'Iran et de réimposer les sanctions de l'ONU.

Le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne ont rejeté cette initiative, affirmant qu'elle contrecarrait leurs efforts pour sauver l'accord nucléaire de 2015, dont Donald Trump a retiré son pays en 2018.

Washington maintient qu'il a le droit de forcer la réimposition de sanctions par le biais du mécanisme de "snapback" de l'accord, une procédure inédite dont les États-Unis entendent faire un usage juridiquement controversé.

La commission conjointe sur l'accord entre l'Iran, les Européens, la Chine et la Russie se réunit à Vienne mardi.

Avec AFP

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