Tirs policiers sur Jacob Blake: Toronto et Boston prêts à boycotter leur prochain match NBA

Orlando (Etats-Unis) (AFP)

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Les joueurs de Toronto et de Boston pourraient ne pas jouer leur premier match des demi-finales de conférence Est, en play-offs NBA prévu jeudi, après les tirs de la police sur Jacob Blake, rapportent mercredi plusieurs médias.

"Les joueurs des Raptors et des Celtics se sont rencontrés mardi soir afin de discuter d'un boycott du match", affirme The Undefeated, citant des sources au sein des deux équipes.

Selon ce site spécialisé bien renseigné, tout reste possible et les joueurs doivent se revoir ce mercredi soir pour prendre une décision.

De son côté, Yahoo Sports assure que des discussions ont également lieu au sein du syndicat des joueurs (NBPA), entre ces derniers et des membres de leur comité exécutif, sur la façon dont pourrait être menée une pareille action.

Selon le site, des joueurs ont expliqué à la NBPA ne pas avoir pas la tête à jouer au basket, un certain nombre d'entre eux se disant psychologiquement affectés par la vidéo montrant Jacob Blake, un homme noir de 29 ans, se faire tirer dessus par la police à Kenosha, dans le Wisconsin, dimanche.

Les images montrent le jeune Afro-américain suivi par deux policiers ayant dégainé leurs armes alors qu'il contourne une voiture.

Un agent attrape son débardeur blanc au moment où il ouvre la portière et tente de s'installer sur le siège conducteur. Le policier fait alors feu --l'enregistrement laisse entendre sept tirs--, atteignant ce père de famille dans le dos, qui s'en trouve actuellement paralysé.

L’avocat de sa famille a déclaré que trois de ses enfants, des garçons âgés de 3, 5 et 8 ans, étaient dans le véhicule pendant l’incident.

- Culpabilité -

Depuis, la ville de Kenosha est devenue le théâtre de manifestations émaillées de violences et deux personnes ont été tuées par balle dans la nuit de mardi à mercredi.

Toujours selon Yahoo Sports, l’approche du syndicat consiste à mesurer les bienfaits et inconvénients d'un boycott, sachant qu'il soutiendra les joueurs quelle que soit leur décision. Certains d'entre-eux disent ressentir une certaine culpabilité du fait de jouer au basket et divertir des gens qui couvrent de telles injustices.

Il y a également un dialogue sur ce qui pourrait être fait de plus, à l'intérieur de la bulle de Disney World, pour accentuer la lutte contre l'injustice raciale, notamment les violences policières faites aux Noirs.

"Nous savions qu’en venant ici ou non, cela n’allait rien stopper. Mais je pense qu’au bout du compte jouer ou ne pas jouer met la pression sur quelqu’un. Ce serait bien si nous disions tous que nous ne jouons pas, et que le propriétaire des Milwaukee Bucks emboîtait le pas, s'il prenait ses responsabilités pour mettre la pression sur le gouverneur, le procureur afin de créer un vrai changement et que justice soit faite", a suggéré le meneur de Toronto Fred VanVleet mardi.

"Je sais que ce n’est pas aussi simple, mais au bout du compte, si nous restons juste plantés là à parler de changements, à un moment il va falloir mettre nos c... sur la table et nous mettre en position de perdre quelque chose, plus que de l’argent ou de la visibilité", a-t-il conclu.