Ciel bleu, zone rouge et couleur espérance pour le cyclisme français

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Nice (AFP)

Ciel bleu et zone rouge en raison du Covid-19. Mais, pour le cyclisme français, le Tour qui commence samedi à Nice a aussi la couleur de l'espérance, avec Julian Alaphilippe et Thibaut Pinot pour porte-drapeaux.

Français comme étrangers, les coureurs ont découvert le nouveau cadre du Tour lors de la présentation des équipes sous le soleil azuréen, un cadre restreint. Ils sont appelés à évoluer dans une bulle que les organisateurs veulent étanche et s'en accommodent.

"Les mesures sanitaires mises en place nous rassurent mais on est tous bien conscients qu'il n'y a pas de risque zéro, on sait qu'il peut se passer quelque chose à tout moment", reconnaît Guillaume Martin, l'un des Français les plus en vue depuis la reprise des compétitions voici moins d'un mois.

"On doit prendre le maximum de précautions. Même si un facteur x va rendre la course incertaine du point de vue sanitaire jusqu'à la fin", estime Romain Bardet qui s'attend "à vivre un Tour de France différent": "Le public, c'est vraiment la cerise sur le gâteau. Il apporte un supplément d'âme et on ne voit pas passer les kilomètres en montagne quand on traverse la foule."

"Maintenant, ajoute le maillot à pois 2019, on est heureux que le Tour de France ait lieu même si c'est certain que ce ne sera pas la fête populaire comme de coutume. Si le Tour va jusqu'à Paris, ce sera déjà une réussite".

Pour les supporters, croisés dans les rues étroites du Vieux Nice, les questions sont davantage sportives. Le Tour 2020, dont les deux premiers favoris sont colombien (Egan Bernal) et slovène (Primoz Roglic), sera-t-il aussi et surtout celui des coureurs français ? Où en est Alaphilippe ? Et Pinot ? Depuis leur mémorable mois de juillet de l'année passée, les deux Français accaparent les regards.

- "Il y a vraiment de quoi faire" -

"Je suis là pour essayer de gagner une étape", annonce Alaphilippe. Avec l'équipe (Deceuninck) on n'est pas là pour gagner le Tour. Sur le papier, il y a pas mal d'étapes à ma convenance, il y a vraiment de quoi faire".

Pinot, en revanche, assume son statut, lui qui a fait figure l'an dernier de successeur potentiel à Bernard Hinault (dernier vainqueur français en 1985) jusqu'à deux jours de l'arrivée.

"Je ne m'interdis rien", affirme le Franc-Comtois de Groupama-FDJ, qui s'attend à une course bloquée: "Le parcours du Tour est magnifique, il n'y a rien à dire, mais avec les armadas (Ineos et Jumbo) ce sera beaucoup plus cadenassé."

Bardet et Martin, les deux autres Français leaders d'équipes puisque Warren Barguil, lieutenant de luxe, se range derrière le Colombien Nairo Quintana dans sa formation Arkea-Samsic, tiennent pour leur part un discours proche, tourné vers un succès d'étape.

"L'objectif prioritaire de l'équipe Cofidis est de gagner une étape", avance Guillaume Martin qui n'entend pas pour autant se laisser distancer pour disposer d'une marge de manoeuvre: "Ce n'est pas ma nature de me relever sciemment les premiers jours."

"Un Tour de France réussi, ce serait un victoire d'étape en montagne", jauge Bardet, qui a déjà connu cette joie à trois reprises. Pour son dernier Tour sous le maillot AG2R La Mondiale, l'Auvergnat se dit tourné vers l'offensive et ajoute un objectif supplémentaire: "Etre dans le coup pour porter le maillot jaune. C'est un maillot que je n'ai jamais porté et qui me fait rêver, comme tout coureur."