Top 14: "Avec des jauges partielles, le rugby est en danger de mort", prévient le président de Toulouse

Toulouse (AFP)

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Alors que la Haute-Garonne a été classée en zone rouge jeudi en raison de la circulation active du cornavirus, le président du Stade Toulousain Didier Lacroix a tiré le signal d'alarme: "Avec des jauges partielles, le rugby est en danger de mort", a-t-il prévenu.

QUESTION: Le Stade Toulousain va recevoir Montpellier vendredi en match amical avec une jauge partielle de 5.000 spectateurs. Quel est votre sentiment alors que se profilent la réception de La Rochelle, le 12 septembre en Top 14, et surtout ce quart de finale européen face à l'Ulster, prévu le 20 au Stadium?

REPONSE: "C'est un sentiment paradoxal. Il n'y a pas eu de match à Toulouse depuis six mois et c'est un vrai plaisir de revoir jouer l'ensemble de l'équipe. D'un autre côté, la situation s'est tendue ce (jeudi) matin avec le passage en rouge du département et cela va nous contraindre de recevoir Montpellier avec une jauge partielle. Pour La Rochelle on demandera une dérogation si les chiffres de la circulation du virus nous le permettent. Concernant le quart de finale, je veux continuer d'y croire. On doit avoir cette ambition, ce n'est pas de l'utopie. Il faut faire baisser ce chiffre (de la circulation du virus, NDLR) et continuer d'y croire".

Q: Le possible report du match entre l'Union Bordeaux-Bègles et le Stade Français n'est-il pas un mauvais signe alors que la saison n'a pas encore débuté?

R: "On est pendu les uns et les autres à nos tests COVID que l'on doit produire. On a une certaine dose d'inquiétude chaque fois en attendant le résultat. Malheureursement, je pense que l'on va tous y passer. On est contraint de s'adapter à ces réglementations. On espère jouer un maximum de matches et éviter le plus possible les reports. Je suis certain que l'on rejouera un jour devant des stades pleins, même s'il faudra passer par des étapes avant".

Q: Économiquement, est-ce une situation viable à terme?

R: "Si nous restons avec des jauges partielles et sans aide de l'Etat, nous serons en grand danger. On a une audience avec le gouvernement mardi avec un certain nombre de présidents et de représentants de la Ligue pour évoquer ces sujets. On parle d'un manque à gagner de 30 millions d'euros pour une période de deux mois pour l'ensemble des clubs. Le quart de finale représente par exemple pour nous une recette de 1,1 million d'euros et un match de Top 14 avec une affluence normale c'est environ 300.000 euros. Avec des jauges partielles, le rugby est en danger de mort. Sans aide, on n'attendra pas trois mois pour mettre la clé sous la porte, malheureusement."

Propos recueillis en conférence de presse