États-Unis : à Washington, les manifestants antiracistes exigent l'égalité

Des milliers de manifestants ont protesté contre le racisme, le 28 août 2020 à Washington.
Des milliers de manifestants ont protesté contre le racisme, le 28 août 2020 à Washington. © Jonathan Ernst, AFP

Une manifestation antiraciste a rassemblé des milliers d'Américains, vendredi, à Washington. Aux côtés du fils et de la petite-fille de Martin Luther King, des membres de la famille de George Floyd et de Jacob Blake, dernières victimes du racisme aux États-Unis, ont appelé les leaders politiques à s'engager pour le changement.

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Entre écœurement et détermination, une foule de manifestants antiracistes s'est retrouvée, vendredi 28 août, au cœur de Washington pour réclamer la fin des violences policières. Une manifestation qui fait suite à une série de bavures visant des Afro-Américains qui ont rouvert les plaies raciales de l'Amérique.

Cinquante-sept ans jour pour jour après l'emblématique discours de Martin Luther King, "I have a dream", des dizaines de milliers de personnes ont marché à nouveau sur la capitale fédérale pour réclamer l'égalité entre tous.

"Nous sommes fatigués des promesses non tenues", a lancé le révérend Al Sharpton devant le mémorial érigé en l'honneur du président Abraham Lincoln, qui a aboli l'esclavage il y a un siècle et demi. "Les vies noires comptent et nous ne nous arrêterons pas avant qu'elles comptent pour tout le monde !", a-t-il ajouté.

"Enlevez vos genoux de nos cous"

Intitulée "Enlevez vos genoux de nos cous", le mot d'ordre de la manifestation faisait référence à la mort de George Floyd, un quadragénaire noir asphyxié par un policier blanc, le 25 mai à Minneapolis. Son calvaire avait déclenché un mouvement de protestation inédit depuis des décennies aux États-Unis et dans le monde.

"Submergé" par l'émotion, son frère Philonise a remercié les manifestants pour leur mobilisation. "J'aimerais tellement que George soit là pour vous voir...", a-t-il dit en pleurs. "Le changement est en train d'arriver parce que nous l'exigeons [...] nos leaders doivent nous suivre."

Le père de Jacob Blake, dont le fils a été grièvement blessé dimanche à Kenosha, dans le nord du pays, a lui fait scander "pas de justice, pas de paix", alors que l'agent qui a tiré sept balles dans le dos du père de famille n'a toujours pas été arrêté, ni inculpé.

Dernier outrage, selon son père : le jeune homme de 29 ans est menotté à son lit d'hôpital, alors qu'il a perdu l'usage de ses jambes. 

Les blessures infligées à Jacob Blake ont notamment déclenché un mouvement de protestation sans précédent dans le monde du sport. Après la décision des joueurs de basket-ball des Milwaukee Bucks de boycotter un match, la NBA a dû reporter plusieurs rencontres mercredi et jeudi. Les compétitions reprendront toutefois samedi.

Les orateurs ont salué les athlètes et déploré, en revanche, le discours du président américain Donald Trump qui, depuis des semaines, insiste sur les violences commises en marge des manifestations sans un mot sur le fond des revendications des Afro-Américains. En campagne pour sa réélection, il se pose en défenseur de "la loi et de l'ordre" face à son rival démocrate Joe Biden, qu'il accuse de vouloir livrer les États-Unis au chaos.

"Si vous cherchez un sauveur, levez-vous et mettez-vous devant un miroir"

"Nous ne sommes pas en sécurité aujourd'hui avec lui au pouvoir", a dénoncé Tracy Williams, une militaire noire à la retraite venue manifester avec toute sa famille. 

Sur une ligne tout aussi politique, plusieurs orateurs ont appelé les manifestants à voter massivement le 3 novembre prochain, date de l'élection présidentielle.

"Nous devons marcher vers les urnes pour défendre les libertés pour lesquelles les générations précédentes se sont durement battues", a notamment déclaré le fils de Martin Luther King, dont le père a été assassiné quand il n'avait que dix ans.

Appelant les manifestants à ne pas idolâtrer son père, il leur a lancé : "Si vous cherchez un sauveur, levez-vous et mettez-vous devant un miroir."

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Avec AFP

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