24h Motos: Randy de Puniet, le "pilote perso" devenu star de l'endurance

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Le Mans (AFP)

Randy de Puniet et l'endurance moto, c'est une association presque contre-nature. Pourtant, le pilote de 39 ans a depuis quelques années un nouveau rêve, remporter les 24 heures du Mans Motos, dont il prendra le départ samedi (12h00) sur Ducati.

"J'ai toujours été un pilote perso, un pilote de Grands Prix", avoue à l'AFP celui qui a couru en MotoGP de 2006 à 2013. "A l'époque, je ne voulais même pas entendre parler d'endurance".

Le déclic vient en 2016. "Fabien Foret, un de mes meilleurs amis, est venu me voir. Il leur manquait un pilote pour le Bol d'or", l'autre grande épreuve d'endurance moto, courue au Castellet (Var).

"J'y ai pris goût", se souvient-il. Sur Kawasaki, il prend la deuxième place de la course de 24 heures, et le voilà lancé dans le monde de l'endurance. "J'y ai vite pris du plaisir. De bons résultats, des chutes et du plaisir !"

Et le coup de cœur persiste. "L'an dernier (au Mans), j'ai fait 11 relais, j'ai pris du plaisir sur les 11 relais", assure-t-il.

Alors, quand Honda, qu'il a rejoint en 2019, arrête son programme à l'aube de la saison 2019-2020, le Français ne renonce pas. "Tous les bons guidons étaient pris": Yamaha, Suzuki, Kawasaki ont déjà bouclé leurs équipages.

La solution s'appelle Ducati. Après plusieurs années sur BMW, l'équipe allemande ERC vient de signer un partenariat avec le constructeur italien, qui fait ainsi ses grands débuts en endurance. Pour sa première course, à Sepang (Malaisie), la moto accroche la 10e place, satisfaisante.

- "Trio idéal" -

Au Mans, de Puniet fait équipe avec Julien Da Costa, triple vainqueur (2010 à 2012) de l'épreuve, et Louis Rossi, natif du Mans et vainqueur sur le circuit Bugatti en Moto3 en 2012. "Le trio idéal", juge Jean-Michel Pfrimmer, le coordinateur de l'équipe.

Malgré l'inexpérience de la Ducati, qui n'a encore jamais roulé sur 24 heures, Louis Rossi se voit "embêter les meilleurs" et Julien Da Costa pense pouvoir courir "pas loin du podium".

Randy de Puniet se veut plus prudent: "Les autres années, quand je prenais le départ, j'y allais pour gagner. Là, je sais que ça va être plus difficile".

"D'autres équipes ont bien plus d'expérience que nous", concède le recordman du tour (1 min 35 sec 730/1000, en 2017).

"C'est, entre guillemets, une course d'entraînement", analyse-t-il. "Il faut prendre le maximum d'expérience, prendre des notes. Tous les petits soucis qu'il va y avoir, toutes les erreurs qu'on va faire, parce qu'il y en aura, il faut les noter".

Que ce soit avec Ducati ou une autre marque, le Francilien se fixe un objectif: "gagner au moins une fois le Mans et le Bol d'or".

- Deux podiums en MotoGP -

Elles sont loin, pour lui, les années Grands Prix. Celles qui l'ont vu remporter cinq courses en 250 cm3, entre 2003 et 2005, et monter sur deux podiums en MotoGP.

A présent, sa vie se partage entre les studios de Canal+, pour qui il commente les Grands Prix de MotoGP aux côtés notamment de Louis Rossi, et l'endurance.

Et lui qui, au début, "n'y arrivai(t) pas" en endurance, ne se voit maintenant plus ailleurs: "Je finirai ma carrière là-dedans. Sur une victoire, j'espère".

Sans doute pas dès dimanche: "L'équipe est trop jeune, on n'a jamais vu une équipe si jeune gagner une course de 24 heures", assure Julien Da Costa.

L'année prochaine, alors ? "On sera dans les favoris", assure Randy de Puniet. Il a le temps: malgré ses 39 ans, il reste l'un des pilotes les plus rapides du paddock.