Convention républicaine, jour 4 : Donald Trump se présente comme l'antithèse de Joe Biden

Donald Trump accepte l'investiture du Parti républicain depuis la Maison Blanche, le 27 août 2020.
Donald Trump accepte l'investiture du Parti républicain depuis la Maison Blanche, le 27 août 2020. © Kevin Lamarque, Reuters

Le président américain a accepté, jeudi soir depuis la Maison Blanche, l'investiture du Parti républicain pour tenter de décrocher un second mandat en novembre. Dans un discours de plus d'une heure, il s'en est vivement pris à son rival démocrate, Joe Biden, décrit comme un "cheval de Troie du socialisme".

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"Quatre ans de plus !" La foule réunie dans les jardins de la Maison Blanche, jeudi 27 août, était là pour soutenir son champion. Donald Trump a en effet choisi ce bâtiment fédéral, symbole suprême de la présidence, pour accepter l'investiture de son parti à l'issue de la quatrième soirée de convention républicaine. Du jamais vu pour un président américain, et un choix vivement critiqué par l'opposition qui dénonce un mélange des genres illégal.

Mais Donald Trump n'en est plus à sa première entorse au règlement. Il a donc profité de ce cadre inédit pour délivrer un long discours aux allures de réquisitoire contre Joe Biden, son concurrent démocrate dont il a prononcé le nom 41 fois au total. Il a d'ailleurs pris soin de reprendre plusieurs déclarations de ce dernier, afin de le ridiculiser.

Alors que Joe Biden répète à l'envi qu'il se bat "pour l'âme de l'Amérique", Donald Trump a estimé qu'il n'était "pas le sauveteur de l'âme de l'Amérique", mais "le briseur des emplois américains et, si on le laisse faire : le briseur de la grandeur de l'Amérique". Le milliardaire s'est aussi moqué de l'insistance des démocrates à décrire leur candidat comme une personne douée d'empathie. "Les travailleurs qui ont perdu leur emploi ne veulent pas de l'empathie de Joe Biden, ils veulent retrouver du travail", a-t-il rétorqué, considérant que son rival était quelqu'un de "faible".

"Cheval de Troie du socialisme"

La semaine dernière, l'ex-vice-président avait longuement utilisé la métaphore de l'ombre et de la lumière pour décrire la course à la Maison Blanche. "Joe Biden a beau dire qu'il est un allié de la lumière, quand il s'agit de son programme, il veut tous nous laisser dans le noir", a raillé Donald Trump.

Le républicain a longuement repris une thématique entendue à longueur de convention : Joe Biden, pourtant considéré comme un démocrate modéré, serait une marionnette de la gauche radicale. C'est un "cheval de Troie du socialisme", a-t-il accusé, se considérant comme son antithèse. "Jamais auparavant les électeurs n'avaient fait face à un choix plus clair entre deux partis, deux visions, deux philosophies, ou deux programmes", a-t-il assuré. "Cette élection va décider si nous sauvons le rêve américain ou si nous permettons à un programme socialiste de détruire notre précieuse destinée."

Donald Trump a plusieurs fois évoqué la Chine, assurant que Pékin souhaitait la victoire de Joe Biden. "Le programme de Biden est fabriqué en Chine. Le mien, aux États-Unis", a-t-il lancé au public volontiers rieur. Il a aussi continué à blâmer la Chine pour la pandémie de coronavirus, tout en défendant sa gestion de la crise sanitaire. "Afin de sauver le plus de vies possible, nous nous concentrons sur la science, les faits et les données", a-t-il assuré. Les quelque 1 500 supporters agglutinés devant lui ne respectaient pourtant pas la distanciation physique recommandée par les autorités sanitaires et peu portaient un masque.

"La loi et l'ordre"

C'est peut-être sur le thème de la sécurité que le président américain s'est montré le plus incisif. Il sait que c'est un sujet porteur pour les banlieues américaines dont il courtise le vote. Surtout cette semaine, après une nouvelle vague de violences consécutives aux tirs policiers contre l'Afro-Américain Jacob Blake. "Personne ne sera en sécurité dans l'Amérique de Biden", a-t-il prévenu. "Si la gauche l'emporte, elle détruira les banlieues et saisira vos armes", a-t-il menacé.

Cela fait maintenant plusieurs mois – depuis les premières émeutes après la mort de George Floyd fin avril – que la campagne du républicain insiste sur ce thème de "la loi et l'ordre". Et ces efforts ont peut-être déjà commencé à payer. Les sondages réalisés ces dernières semaines – avant l'épisode Jacob Blake donc – montrent que le soutien aux manifestations Black Lives Matter s'est quelque peu érodé au fil du temps, notamment dans certains États clés comme le Wisconsin. Et l'avance de Joe Biden s'est légèrement rétrécie. Tout est encore possible d'ici à novembre.

Les républicains ont bien compris qu'il pouvaient tirer profit de la situation. La conseillère de Donald Trump Kellyanne Conway a ainsi déclaré que "plus le chaos, l'anarchie, le vandalisme et la violence règn[ai]ent, plus il [était] facile de choisir qui est le meilleur en matière de sécurité publique, de loi et d'ordre".

Dans la rue devant la Maison Blanche, jeudi soir, des manifestants antiracistes protestaient justement pendant le discours de Donald Trump. Et vendredi, une grande marche est prévue à Washington pour commémorer celle durant laquelle, en 1963, Martin Luther King a prononcé son fameux discours "I have a dream". Les éventuels débordements seront évidemment scrutés de près.

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