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Japon : le Premier ministre, Shinzo Abe démissionne pour raisons de santé

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, est sur le point de
démissionner, a annoncé vendredi la chaîne de télévision
publique NHK.
Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, est sur le point de démissionner, a annoncé vendredi la chaîne de télévision publique NHK. © Kazuhiro Nogi, AFP
11 mn

Coup de tonnerre politique au Japon : le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, 65 ans, a annoncé lors d'une conférence de presse vendredi sa démission en raison de problèmes de santé. Il venait de battre un record de longévité de huit ans à ce poste.

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Shinzo Abe passe la main. Le Premier ministre de 65 ans, qui vient de battre le record de longévité à son poste (de décembre 2012 à aujourd'hui), s'est exprimé lors d'une conférence de presse vendredi 28 août.

"J'ai décidé de démissionner du poste de Premier ministre", a-t-il déclaré face à la presse, expliquant subir un retour de son ancienne maladie chronique, la rectocolite hémorragique ou colite ulcéreuse. Lundi, il avait repassé des tests médicaux dans un hôpital de Tokyo, pour la deuxième fois en huit jours. Sa maladie inflammatoire de l'intestin l'avait déjà forcé à quitter le pouvoir en 2007.

"Je ne suis pas en mesure de remplir le mandat que m'a confié le peuple"
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En poste jusqu'à la nomination d'un nouveau successeur

"Je vais continuer à remplir fermement mes fonctions jusqu'à ce qu'un nouveau Premier ministre soit nommé", a précisé Shinzo Abe, visiblement ému.

Il s'est aussi dit "profondément désolé" envers le peuple japonais de quitter son poste environ un an avant la date initialement prévue, et en pleine crise du coronavirus.

Son successeur sera très vraisemblablement le vainqueur d'une nouvelle élection pour la présidence du Parti libéral-démocrate (PLD), la formation dont Shinzo Abe est actuellement le chef. Il a toutefois refusé d'exprimer la moindre préférence pour un successeur, affirmant que "toutes les personnes dont les noms circul[ai]ent sont des gens très capables".

Japon : Shinzo Abe restera en poste jusqu'à la nomination de son successeur
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Popularité en déclin

"C'est une énorme surprise", a déclaré à l'AFP Shinichi Nishikawa, professeur de sciences politiques à l'université Meiji de Tokyo. "Il pourrait y avoir une situation politique confuse. Sa démission va avoir un grand impact [sur la politique japonaise]", a encore estimé cet expert.

L'indice vedette Nikkei de la Bourse de Tokyo a brièvement décroché de plus de 2,6 % vendredi quand l'intention de Shinzo Abe de démissionner avait fuité dans la presse. Il a finalement clôturé en retrait de 1,41 %. Le yen s'est quant à lui sensiblement apprécié face au dollar.

Depuis son retour au pouvoir, Shinzo Abe avait profité de l'absence de rival sérieux au sein du PLD et de la faiblesse de l'opposition, incapable de tirer parti des nombreux scandales qui ont touché le Premier ministre de près ou de loin ces dernières années.

Sa popularité avait toutefois fondu ces derniers mois avec la pandémie de Covid-19, son gouvernement étant critiqué pour la lenteur de sa réaction face à la crise, ses multiples revirements et maladresses, y compris du Premier ministre lui-même.

L'archipel nippon a été relativement moins touché par la maladie Covid-19 que de nombreuses autres zones du monde, avec environ 65 600 cas d'infections dans le pays depuis le début de la crise sanitaire pour quelque 1 200 décès.

"Abenomics"

Mais le nombre de cas locaux est fortement reparti à la hausse depuis début juillet, malgré un état d'urgence mis en place par le gouvernement en avril-mai.

Le gouvernement a lancé ces derniers mois des plans d'aide record, mais cela ne devrait pas éviter au pays une profonde récession cette année. Le bilan de la politique de relance économique que Shinzo Abe a initiée à partir de fin 2012, surnommée "Abenomics", est aussi mitigé, faute de ne pas avoir mis en œuvre des réformes structurelles de grande ampleur, et ses succès partiels ont été en grande partie balayés par la crise du coronavirus.

Il a toutefois défendu vendredi son bilan, citant notamment sa politique économique, la reconstruction du Nord-Est du Japon après le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011 ou encore son action diplomatique. "L'histoire jugera", a-t-il dit au sujet de son héritage.

"Contribution inestimable"

Les hommages de gouvernements étrangers affluaient après l'annonce de sa démission. Le Kremlin a notamment salué sa "contribution inestimable" aux relations russo-japonaises et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l'a remercié pour "son engagement et sa contribution" aux liens entre le Japon et l'Europe, "plus forts ou plus cruciaux que jamais".

La chancelière allemande Angela Merkel a quant elle salué le "combat en faveur du multilatéralisme" du Premier ministre nippon.

Pékin s'est abstenu de commentaire dans l'immédiat, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères arguant qu'il s'agissait là d'une "affaire de politique intérieure" japonaise.

Avec AFP

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