Masques, huis-clos, tests… Le Tour de France s'élance dans sa "bulle" sanitaire face au Covid-19

Les coureurs du Tour de France devront porter le masque en toutes circonstances, sauf durant la course.
Les coureurs du Tour de France devront porter le masque en toutes circonstances, sauf durant la course. © Anne-Christine Poujoulat, AFP

Le Tour de France s'élance de Nice, samedi, dans un contexte sanitaire inédit. Face à l'épidémie de Covid-19, l'organisateur ASO a mis en place un protocole strict pour protéger les coureurs.

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En décalant l'évènement phare de la planète vélo en septembre, les organisateurs espéraient certainement que le Tour de France s'élancerait dans un Hexagone libéré de la menace du Covid-19. Peine perdue. Devant la recrudescence du coronavirus, ASO a mis en place un protocole sanitaire très strict pour protéger les coureurs et permettre à la course d'avoir lieu. Elle s'élance samedi 28 août de Nice.

ASO a mis en place un système de "bulles" pour éviter la multiplication des contacts. Les équipes et leur encadrement seront dans une "bulle course" qui aura interdiction formelle de rentrer en contact direct avec les autres "bulles" pour éviter d'introduire le virus dans le peloton.

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En amont de la course, tout le personnel habilité à travailler avec les coureurs devra présenter un test PCR négatif. Les coureurs doivent, quant à eux, en présenter deux et ils seront testés à nouveau lors de chaque journée de repos.

Pendant la course, un cas positif d'un coureur ou d'un membre de l'encadrement entraînera le retrait de la personne concernée, ainsi qu'une étude des cas contacts. La décision reviendra à la cellule Covid, composée de 15 personnes, qui travaillera en lien avec les Agences régionales de santé.

Un laboratoire mobile de dépistage sera également présent et suivra les coureurs tout au long de la course. Les résultats des tests seront connus "dans les deux heures maximum", a annoncé Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France.

Caravane réduite, autographes interdits

Pour cette édition 2020, seules 3 000 personnes ont été accréditées contre quasiment 5 000 en 2019. ASO a en effet décidé de réduire la voilure concernant la caravane du Tour, si attendue sur les routes chaque année, mais aussi concernant les journalistes qui devront se plier à des règles strictes.

Les journalistes sont dans une "bulle organisation", séparés de la "bulle course" des coureurs et de leurs équipes, explique Laurent-Eric Le Lay, directeur des sports chez France Télévisions, qui a dû faire preuve de "flexibilité". "ASO nous a demandé il y a un mois d'appliquer un dispositif réduit", précise-t-il.

À l'arrivée de chaque étape, les interviews seront très encadrées, comme celles des directeurs sportifs pendant la course. Les coureurs ne seront accessibles que lors des points presse et sur rendez-vous, dans des boxes. 

Ces mesures font dérailler une grande tradition du Tour : "Le plus contraignant va être de ne pas faire d'interviews autour du bus et de l'hôtel des équipes, c'est là qu'on glanait le plus d'informations", explique Rodolphe Massé, directeur des rédactions de RMC Sport. 

Les protocoles officiels à l'arrivée – aux hôtes désormais mixtes – seront également réduits à leur strict minimum. Et pas question pour les spectateurs d'obtenir un selfie ou un autographe de leur champion préféré

Accès aux cols filtrés

Le classement, jeudi, des Alpes-Maritimes en zone rouge a provoqué une décision préfectorale de "quasi huis-clos" dans le département d'où s'élance la Grande Boucle samedi. Sur l'itinéraire de la course qui sillonne pendant deux journées la ville de Nice et son arrière-pays montagneux, un arrêté préfectoral impose le port du masque aux spectateurs.

"Le passage en zone rouge a été anticipé. On sait depuis au moins dix jours qu'on passera d'un système resserré à un système encore plus resserré", a confirmé Christian Prudhomme.

Et, passé Nice, le port du masque le long de la route par les spectateurs pourra être rendu obligatoire localement par chacun des préfets des départements traversés. Mais, Christian Prudhomme enjoint les spectateurs à le faire d'eux-mêmes, une preuve de "bon sens".

L'accès aux cols qui font la renommée du Tour de France vont également être fortement filtrés. Les forces de l'ordre "vont tout faire pour que les spectateurs ne restent pas agglutinés dans un col", a précisé le préfet des Alpes-Maritimes qui évoque un protocole sanitaire validé au plan national. "Si j'ai un conseil à donner aux spectateurs, c'est de regarder les ascensions de cols à la télévision".

Deux cas détectés chez Lotto-Soudal

L'organisation a eu ses premières sueurs froides jeudi. Deux membres de l'encadrement de l'équipe Lotto prévus pour le Tour de France ont été renvoyés chez eux à la suite d'un test PCR (rhino-pharyngé) "non-négatif" pour le Covid-19, a annoncé à 48 heures du départ à Nice la formation belge Lotto-Soudal

Deux autres personnes de l'équipe, qui partageaient les chambres avec eux, sont également rentrées, a ajouté la formation belge dont les chefs de file sont l'Australien Caleb Ewan et le Belge Philippe Gilbert. Selon les médias belges, les quatre personnes qui ont quitté le Tour sont deux assistants soigneurs et deux mécaniciens.

ASO a annoncé que le protocole sera strict : dès que deux cas de Covid-19 seront détectés chez deux coureurs de la même équipe sur une période de sept jours, cette équipe sera exclue de la course. Une épée de Damoclès constante au-dessus des coureurs.

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