Tour de France: Egan Bernal, enfin numéro un

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Nice (AFP)

"Leader absolu" d'Ineos sur le Tour de France, Egan Bernal se présente au grand départ samedi à Nice en position de force. La position du tenant du titre et son dossard 1, bien sûr, mais surtout celle de l'homme fort enfin incontesté au sein de l'ex-Team Sky.

Le grimpeur andin a pris seul les clés du 4x4 Grenadier, du nom du tout terrain conçu par Ineos et désormais accolé à la dénomination de l'équipe, éjectant au passage les passagers Chris Froome et Geraint Thomas, cinq Tours de France à eux deux.

"Egan mérite d'être le leader, c'est un coureur brillant, un grand talent. On commencera le Tour avec lui comme leader absolu", a répété vendredi en conférence de presse le patron de la formation Ineos Dave Brailsford.

Même s'il a "vécu des choses extraordinaires" avec les deux Britanniques, le boss d'Ineos souhaite "regarder vers l'avant".

A 23 ans, le Colombien, plus jeune lauréat du Tour depuis l'après-guerre, a plus d'années devant lui que +Froomey+ et +G+, 35 et 34 ans.

Son voeu d'accéder au statut de leader incontesté, formulé au printemps avant de le rétracter, a finalement été exaucé par le génie Dave Brailsford, aidé par le niveau affiché depuis la reprise par le duo british, en perdition sur le Dauphiné. Thomas, le plus proche des deux, a fini à près d'une heure du vainqueur Daniel Martinez.

"J'ai déjà gagné un Tour de France, et je ne vais pas rater l'occasion d'en gagner un autre", annonçait Bernal en mai sur Eurosport. "Si je devais me sacrifier, en étant à 100%… Je ne pense pas que je le ferais et personne d'autre ne le ferait non plus, d'ailleurs".

Sans Froome, ni Thomas, la question ne se pose plus, en tout cas pas au départ. D'autant que le dos du Colombien, cause de son abandon au Dauphiné, se porte "mieux".

"J'ai encore quelques douleurs, mais je me sens bien mieux que sur le Dauphiné où j'avais vraiment très mal", a-t-il rassuré en conférence de presse vendredi, conscient qu'il devra "être concentré sur la course et en grande forme dès le premier jour".

"Les stratégies sont en train de changer", observe Brailsford. "On voit des attaques de plus loin. Cette tendance va se poursuivre sur le Tour, ça va être une course très mouvementée avec beaucoup beaucoup d'action dès le départ".

- Ineos "à 100% derrière Egan" -

Qu'importe, l'ex-Team Sky, couronné sept fois sur les huit derniers Tours, ne vise rien d'autre que la victoire en France: "On est là pour gagner la course, on est ambitieux et on l'a toujours été", lance Brailsford.

Et pour gagner avec Bernal, en quête du doublé: "C'est le leader, c'est clair. C'est simple et la simplicité apporte de la clarté", s'essaie à la transparence le boss d'Ineos. "On est à 100% derrière Egan." Une façon de réfuter un recours potentiel à la carte Richard Carapaz.

L'Equatorien, lauréat inattendu du Giro 2019 où il n'était pas la première carte de son ancienne équipe Movistar, affichait vendredi lui aussi un soutien indéfectible à Bernal: "Egan est en grande forme, on verra jour après jour. Notre leader va bien et nous roulerons pour lui", assure Carapaz.

L'hypothèse qu'il prenne des responsabilités en fonction du scénario de course ? "Ce n'est pas quelque-chose que nous avons imaginé", balaie-t-il.

"Egan va bien, on le soutiendra jusqu'au bout", promet le grimpeur de 27 ans. "Si les choses changent, on verra."