A droite, une rentrée sous le signe du choix du candidat pour 2022

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La Baule (France) (AFP)

Comment rassembler? Tout en poursuivant son offensive sur le front sécuritaire, la droite a lancé samedi à La Baule l'épineux débat sur la désignation de son candidat - primaire ou pas - pour la présidentielle de 2022.

Près de 500 personnes étaient rassemblées pour ces universités d'été des Républicains de Loire-Atlantique, première étape d'une rentrée où la droite, portée par des municipales ayant conforté son ancrage territorial, compte bien tourner la page de la déroute de 2017.

"La droite et les Républicains sont bien vivants!" s'est félicité d'emblée le patron de la fédération de Loire-Atlantique, Franck Louvrier.

Invité phare de cette université avant le rendez-vous national de LR au Port-Marly (Yvelines) les 4 et 5 septembre, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a fustigé "l'été sanglant qui s'achève".

"Emmanuel Macron n'est pas capable de ramener l'ordre en France car il a fait d'autres choix que celui de l'ordre et de la sécurité", a-t-il ajouté, en fustigeant le "lien établi" entre "immigration massive" et hausse de la délinquance.

"Il faut sauver ce pays, on est mal barrés, dans une forme de décadence qui m'affole", a affirmé à l'assistance l'eurodéputée Nadine Morano (au téléphone), dans le sillage de l'offensive récente de la droite sur ces thèmes régaliens.

Mais à vingt mois de la présidentielle, la délicate question de l'incarnation s'est invitée dans le débat, alors que les Républicains n'ont pas encore trouvé leur candidat.

Le président de l'Association des maires de France (AMF) François Baroin, régulièrement évoqué, doit clarifier ses intentions à l'automne.

"Aujourd'hui personne n'écrase le match, on n'a pas de candidat naturel", a assuré à la presse M. Retailleau, dont les déclarations ces derniers jours ont laissé penser qu'il pourrait lui-même se présenter à une primaire.

- "Blessures" -

Trois grandes options sont possibles pour désigner un candidat: réserver le vote aux seuls adhérents (primaire fermée), l'élargir au-delà du parti (primaire ouverte) ou le restreindre à la seule direction.

"Il faut trouver une méthode de départage" sans que "cette sélection se fasse dans l'entre-soi, il faut que les militants puissent y participer", a soutenu M. Retailleau, en plaidant pour "un processus de désignation qui soit clair avant Noël" et "une désignation avant l'été" prochain.

Le président du Sénat Gérard Larcher a lui aussi appelé à "trouver un système de départage au-delà des frontières des partis".

Cela remettrait en course des LR dissidents comme Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse, qui faisait elle-même sa rentrée samedi à Mennecy (Essonne) où elle a souhaité "relever la République".

Depuis 2015, les statuts de LR prévoient "une primaire ouverte à l’ensemble des citoyens adhérant aux valeurs du mouvement".

Mais l'épisode de 2017, avec la désignation de François Fillon, a laissé des traces, dans un parti sensible aux divisions. "Un mauvais souvenir pour certains d'entre nous", a reconnu M. Retailleau.

"La primaire ouverte de 2017 avait pour but d'éviter un candidat lepéniste au second tour. On a vu le résultat", a raillé Franck Louvrier.

"Avoir imité la gauche nous a menés au désastre et les blessures après sont très difficiles à surmonter", a souligné Rachida Dati.

Le président des Républicains Christian Jacob ne cache pas sa méfiance personnelle à cette primaire ouverte.

A La Baule, l'idée de garder ce processus semblait faire peu recette parmi les militants: "Avec une primaire ouverte, on dynamite le parti de l'intérieur!", affirme Jean-Louis, qui préfère rester anonyme. "Il faut une primaire fermée, sans que les gauchistes viennent fausser le résultats", selon Jean-François Cuignet, adhérent LR et membre de Sens commun.

Appelant au rassemblement, Gérard Larcher a lancé un avertissement voilé samedi: "rien ne serait pire qu'une compétition fratricide au premier tour de l'élection présidentielle", synonyme d'une nouvelle défaite. Selon lui, "notre famille ne s'en relèverait pas".

"Je ne veux pas remettre en route une machine à perdre", a abondé M. Retailleau, en évoquant "le risque du suicide" pour la droite française.