Luz, Riss, Lançon, Pelloux, El Rhazoui: que sont devenues ces figures de Charlie ?

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Paris (AFP)

Certains sont restés à Charlie Hebdo, d'autres sont partis, en bons ou en mauvais termes: voici les trajectoires de quelques figures du journal depuis l'attentat meurtrier de janvier 2015.

- Luz : le dessinateur, un pilier de la rédaction de Charlie (c'est lui qui a signé la une avec Mahomet portant un panneau "Tout est pardonné" du numéro post-attentat), a échappé de peu à la tuerie. Il décide de partir quelques mois plus tard, pour des raisons purement personnelles. "Chaque bouclage est une torture parce que les autres ne sont plus là. Passer des nuits d'insomnie à convoquer les disparus, à se demander qu'est-ce que Charb, Cabu, Honoré, Tignous auraient fait, c'est épuisant", avait-il confié à Libération.

- Riss : Laurent Sourisseau de son vrai nom, le caricaturiste travaille depuis près de 30 ans à Charlie Hebdo. Nommé co-directeur aux côtés de Charb en 2009, il lui succède en tant que directeur de la rédaction après l'attentat.

Blessé à l'épaule, il raconte sa convalescence, dresse les portraits des camarades qui sont morts, et répond aux critiques qui s'expriment à l'intérieur ou à l'extérieur du journal, notamment à propos de sa ligne éditoriale ou de sa gouvernance, dans un livre-témoignage, "Une minute quarante-neuf secondes", paru en octobre 2019.

- Philippe Lançon : le journaliste à Libération et chroniqueur à Charlie Hebdo, où il écrit toujours, est grièvement blessé dans l'attentat contre le journal, ce qui lui vaudra une longue hospitalisation.

Critique littéraire et romancier reconnu avant 2015, il connaît la consécration en tant qu'auteur en 2018 en recevant le prix Fémina et un prix Renaudot spécial pour son livre "Le Lambeau", un récit de son parcours pour se reconstruire physiquement et psychologiquement, qui s'est vendu à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires.

- Patrick Pelloux : l'urgentiste, devenu célèbre durant la canicule de 2003 pour avoir alerté les médias sur l'envol de la mortalité, puis devenu chroniqueur à Charlie Hebdo et dans d'autres médias, n'était pas présent au moment de la tuerie mais est arrivé rapidement sur les lieux.

Il annonce son départ fin 2015, dans le sillage de Luz, disant vouloir "tourner la page". L'urgentiste engagé, qui soutient plusieurs causes et a pris position en faveur de certaines personnalités politiques, a rejoint un autre hebdomadaire satirique, Siné Mensuel, en 2018.

- Zineb El Rhazoui : la journaliste franco-marocaine, spécialiste des religions à Charlie Hebdo, finit par annoncer son départ en 2016, après des remous médiatisés.

Quelques mois après l'attentat, elle critique à la télévision l'utilisation de la manne financière de Charlie, puis se retrouve brièvement menacée d'un licenciement.

La journaliste, qui vit sous protection policière permanente, tient un discours radicalement critique sur l'islam qui lui vaut de multiples menaces de mort. Certaines de ses déclarations ont déclenché de vives polémiques, comme lorsqu'elle appelle les forces de l'ordre à "tirer à balles réelles", fin 2019, après un guet-apens visant la police à Mantes-la-Jolie.