Football : la révélation Eduardo Camavinga, nouveau venu chez les Bleus et crack du Stade Rennais

Le milieu de terrain du Stade Rennais Eduardo Camavinga célèbre son but contre Montpellier, le 29 août 2020.
Le milieu de terrain du Stade Rennais Eduardo Camavinga célèbre son but contre Montpellier, le 29 août 2020. © AFP

À seulement 17 ans, Eduardo Camavinga est la sensation du championnat français. Après avoir marqué les esprits la saison dernière, le Rennais a effectué une rentrée en fanfare. Auteur d'un magnifique but samedi contre Montpellier, le footballeur originaire d'Angola a aussi obtenu cette semaine sa première convocation en équipe de France.

Publicité

Eduardo Camavinga se souviendra longtemps de sa semaine. Jeudi 27 août, 14 h, le jeune milieu de terrain du Stade Rennais apprend qu'il est convoqué pour la première fois en Équipe de France A. Deux jours plus tard, le samedi 29 août, au Roazhon Park de Rennes, il fête cette invitation à Clairefontaine de la plus belles des manières. À la 77e minute face à Montpellier, il éclabousse de sa classe la rencontre. Un une-deux avec Faitout Maouassa, une accélération, une feinte de corps et un tir croisé imparable, il inscrit son deuxième but en professionnel et offre dans la foulée la victoire à son équipe. 

À seulement 17 ans, il impressionne par sa précocité. La saison dernière, il était déjà entré dans la légende de son club en devenant le plus jeune buteur de l'histoire du Stade Rennais. En septembre, il pourrait aussi devenir le premier joueur mineur à compter une sélection en Bleu depuis la Seconde Guerre mondiale, s'il entre en jeu face à la Suède ou à la Croatie.

Des tatamis au stade de foot

Tout va très vite pour ce footballeur originaire d'Angola. Eduardo Camavinga n'a obtenu la nationalité française qu'en novembre dernier. Comme le rappelle le site Infomigrants, c'est en 2003 qu'il est arrivé en France, à l'âge de deux ans, "avec ses cinq frères et sœurs et ses parents, qui ont fui l'ancienne colonie portugaise pour une vie meilleure". La famille s'installe d'abord dans le Nord, avant de partir vivre en Bretagne, à Fougères, à une quarantaine de kilomètres de Rennes.

Le petit garçon n'est pas particulièrement attiré par le ballon rond, mais plutôt par le judo. "Mon frère en faisait et au début je voulais faire comme lui. Sauf qu'à un moment, j'étais à l'école et je faisais tout le temps du foot. Les surveillants ont dit à ma mère de m'y inscrire. C'est comme cela que ça a commencé", avait-il confié en novembre dernier lors d'un entretien avec la Fédération française de Football après avoir été appelé en Équipe de France Espoirs au lendemain de ses 17 ans.

À 7 ans, il découvre dans son premier club. Son talent saute aux yeux. "Il a rapidement joué avec des enfants plus âgés que lui, et il a été toujours surclassé, ce qui semblait quelque chose de naturel pour un prodige comme lui. Il a pris les étapes les unes après les autres, toujours de manière sobre et pleine d'humilité", avait raconté son ancien formateur Nicolas Martinais à Infomigrants.

Une pépite convoitée

Le jeune footballeur fait aussi preuve de beaucoup courage face aux difficultés de la vie. En 2013, les Camavinga perdent leur maison dans un incendie. Toutes leurs économies partent en fumée. Le club de Fougères propose une quête en leur soutien, mais le père d'Eduardo refuse, comme l'avait décrit au magazine Le Point Jo Burel, éducateur à l'AGL Drapeau-Fougères : "Il avait dit à son fils qu'il savait qu'il redresserait toute la famille en devenant un grand joueur !". Quelques mois plus tard, la prophétie se réalise. Eduardo intègre le centre de formation du Stade Rennais, avant de signer son premier contrat professionnel en décembre 2018.  Il connaît sa première titularisation en mai 2019 et ne quitte plus le 11 de départ jusqu'à la fin de saison.

Fin relayeur, polyvalent, rapide, il a intégré en mai dernier le top 50 des meilleurs jeunes au niveau mondial du site spécialisé Football Talent Scout, où il se classe à la deuxième position. Cette pépite attire les regards des plus grands clubs européens. Selon les médias espagnols, le Real Madrid serait prêt à sortir son chéquier pour le faire venir en Espagne.

Mais du côté de Rennes, les dirigeants ne sont pas encore prêts à s'en séparer. "Si le Real Madrid lui offre 80 millions d'euros comme on en parle, la réponse est non. Nous voulons qu'il reste pour qu'il continue à se développer à Rennes", a ainsi affirmé le directeur sportif Florian Maurice en juillet dernier sur RMC Sport. "Pour moi, il est clair que ce joueur doit faire partie du projet pour la saison à venir. Nous voulons continuer avec lui". Discret, le joueur parle rarement aux médias, mais il ne manque pas d'exprimer lui-aussi son attachement à l'équipe bretonne. "Rennes, c'est ma ville. C'est mon club", avait-il expliqué dans une vidéo pour la FFF. "Le club m'a tout apporté humainement et pour l'école aussi".

Devenu indispensable au Stade Rennais, Eduardo Camavinga va désormais essayer de se faire une place en équipe de France, un rêve qu'il touche du doigt : "Depuis tout petit déjà, quand je regardais en K7 l'équipe de France 98 championne du Monde, j'espérais porter ce maillot un jour". Même s'il bénéficie aujourd'hui du forfait de Paul Pogba, pour le sélectionneur Didier Deschamps, il a déjà toutes les clés en main pour devenir un très grand. "Ça arrive peut-être tôt, mais tôt ou tard, il serait venu. Le forfait de Pogba fait qu'il manquait des joueurs au milieu", a justifié le technicien tricolore en conférence de presse. "En termes de personnalité, ça se ressent quand il est sur le terrain. Il a une influence malgré son jeune âge. Il est capable de faire des choses à son âge. Il faudra être vigilant, mais il a un potentiel qui fait qu'il fera partie intégrante de cette équipe tôt ou tard".

 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine