France : un officier écroué pour "intelligence avec une puissance étrangère"

La ministre des Armées Florence Parly, en visite sur une base militaire en Jordanie, le 28 août.
La ministre des Armées Florence Parly, en visite sur une base militaire en Jordanie, le 28 août. AFP - -

Un officier français, signalé à la justice par le ministère des Armées, a été mis en examen et écroué dimanche, notamment pour "intelligence avec une puissance étrangère portant atteinte aux intérêt fondamentaux de la Nation". Selon la radio d'Europe 1, ce militaire était en poste sur une base de l'Otan en Italie et est soupçonné d'espionnage pour le compte de la Russie.

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Un officier français est soupçonné d'espionner pour le compte de la Russie. L'information révélée par la radio Europe 1 a été confirmée dimanche 30 août, dans la matinée, par la ministre française des Armées Florence Parly. "Ce que je peux confirmer, c'est qu'un officier supérieur est sous le coup d'une procédure judiciaire pour atteinte à la sécurité", a-t-elle déclaré. Le ministère des Armées a saisi lui-même la justice française, a-t-elle précisé, sans donner d'information sur les faits dont est accusé l'officier.

À la mi-journée, la justice française a fait savoir que l'officier en question, qui a le grade de lieutenant colonel, a été écroué pour "intelligence avec une puissance étrangère".

Interpellé par la DGSI, selon Europe 1

Selon les informations d'Europe 1, l'homme en poste sur une base de l'Otan, en Italie, a été arrêté par les services de contre-espionnage, la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), à son retour de vacances depuis la France. Soupçonné d'avoir transmis des documents sensibles aux services secrets russes, il a été placé en détention provisoire à la prison de la Santé à Paris.

D'après la radio, ce lieutenant-colonel est âgé d'une cinquantaine d'année et est père de cinq enfants. Il parle russe et a été vu en Italie en compagnie d'un homme identifié comme un agent du GRU, les services de renseignements de l'armée russe. "Il revient désormais à la justice de faire toute la lumière sur ces agissements. Le ministère des Armées lui apportera toute sa coopération, dans le respect du secret de l'instruction en cours", a indiqué le ministère.

Le ministère a seulement confirmé qu'un "officier supérieur en poste à l'étranger" était visé, "pour des faits de nature à causer de graves failles de sécurité".

"C'est la France qui a pris l'initiative de cette procédure judiciaire", a souligné Florence Parly, précisant que son ministère avait saisi le procureur de la République en vertu de l'article 40 du Code de procédure pénale, qui impose à toute autorité publique de signaler à la justice un crime ou délit dont elle a connaissance.

Nous avons pris toutes les mesures de sauvegarde qui étaient nécessaires et maintenant il faut que la justice puisse faire son travail dans le respect du secret de l'instruction", a assuré la ministre, sans plus de précisions.

Fait rare

Les inculpations et condamnations de militaires pour espionnage au profit d'une puissance étrangère, principalement la Russie ou en son temps l'URSS, sont rares en France, inférieures à une dizaine depuis la Guerre froide.

En juillet, deux anciens agents des services de renseignements extérieurs (DGSE) ont été condamnés pour trahison au bénéfice de la Chine. En 2001, un officier français détaché à l'Otan a été condamné pour avoir fourni en 1998 des informations à la Serbie sur les frappes de l'Organisation contre ce pays lors de la guerre du Kosovo.

Ces informations surviennent alors que l'Otan traverse une passe compliquée, malmenée par Donald Trump et les incertitudes stratégiques causées par la politique étrangère américaine, mais aussi par les tensions entre la Turquie d'un côté, la France et la Grèce de l'autre.

Le président français Emmanuel Macron, partisan d'une autonomisation stratégique de l'Europe par rapport aux États-Unis, avait déclaré en novembre 2019 que l'Otan était en état de "mort cérébrale".

Avec AFP et Reuters

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