L’école au temps du coronavirus  : à quoi s'attendre pour la rentrée ?

Une école primaire avec des élèves masqués le 22 juin 2020, à Boulogne Billancourt, en banlieue parisienne (92).
Une école primaire avec des élèves masqués le 22 juin 2020, à Boulogne Billancourt, en banlieue parisienne (92). AFP - THOMAS SAMSON

Les élèves français reprennent le chemin de l’école le 1er septembre. La rentrée, qui se veut la "plus normale possible", selon le ministre de l’Éducation, sera néanmoins placée sous le signe du Covid-19. Passage en revue des mesures sanitaires.  

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Mardi 1er septembre, quelque 12,4 millions d'élèves font leur retour en classe. Si chacun se prépare à une année scolaire dans l'ombre du coronavirus et sous la menace d'un durcissement des consignes sanitaires, l’Éducation nationale fait tout, pour l’instant, pour que la rentrée soit la "plus normale possible", d’après les déclarations du ministre Jean-Michel Blanquer, lundi 31 août, en marge d’une visite en Mayenne. Et tous les élèves devront être présents à l’appel. "L’école est obligatoire", a rappelé le ministre. 

Jean-Michel Blanquer se veut rassurant, estimant que le protocole sanitaire "est simple et clair" et  qu'"il n'a pas vocation dans ses grands principes à varier". Il est l'"un des plus stricts d'Europe, il nous permet d'avoir la rentrée la plus normale possible", selon lui. À quelques exceptions près. Quelles sont les conditions de la rentrée ? Passage en revue des principaux points du protocole sanitaire. 

Qui doit porter un masque ? 

Avec le cartable, la trousse et les cahiers, le masque est le nouvel accessoire de la liste de fournitures scolaires de la rentrée 2020 : il est obligatoire pour les enseignants et les enfants dès l’âge de 11 ans. Pour les enseignants, le masque est fourni par l’Éducation nationale. Pour les enfants, les masques sont à la charge des familles, sauf dans certains départements. La Ville de Paris, par exemple, fournira deux masques en tissu à chaque collégien le jour de la rentrée. 

Les gestes barrières sont également de rigueur dans les établissements : distanciation sociale, désinfection des classes et limitation des brassages. "Des bombonnes de gel hydroalcoolique sont disposées dans différentes salles de l’établissement, à l’entrée, dans l’amphithéâtre, la cantine etc.. et on nous demande de respecter strictement les mesures d’hygiène", confirme à France 24 Justine Brax, professeure de communication visuelle dans le lycée professionnel Alfred Costes, à Bobigny (93), qui a fait sa pré-rentrée le 31 août. 

Cantine, récréation et périscolaire seront-ils assurés normalement ? 

Les élèves de plus de 11 ans devront garder leur masque pendant la récréation. À la cantine, ils devront aussi le porter dans leurs déplacements et ne pourront l'enlever qu'à table. Le ministère recommande d’adapter “les plages horaires et le nombre de services” de manière à “limiter les flux et la densité d’occupation”.

Pour les élèves de moins de 11 ans , les récréations seront vraisemblablement échelonnées pour limiter le nombre d'enfants dans la cour. La limitation du brassage des élèves doit être “recherchée dans la mesure du possible”. 

Les services périscolaires reprennent normalement avec les horaires normaux. 

Peut-on accompagner son enfant en classe ?

Traditionnellement, les parents d’élèves de maternelle accompagnent leur enfant en classe. Sans écarter catégoriquement cette pratique, Jean-Michel Blanquer a rappelé que le "principe est d'éviter au maximum les contacts entre adultes". Il a appelé les chefs d'établissement à "faire preuve de pragmatisme". Certaines écoles permettront donc aux parents d'entrer dans la classe, en suivant sans doute quelques règles de distanciation.

Que faire en cas de fièvre ? 

"On nous a demandé de rester chez nous au moindre symptôme", affirme Justine Brax. À cette professeure de lycée, comme aux autres, il a en effet été signifié, lundi, jour de la rentrée des enseignants, qu'il ne faudrait pas venir à l'école en cas de fièvre ou d’apparition de symptômes. Ils devront également être testés.  

Si un enfant est symptomatique, des tests seront réalisés. Ceci afin de “remonter la chaîne de contamination pour prendre des mesures d’isolement”, a précisé le ministère. L’objectif  est d’être capable de “réagir dans les 48 heures à chaque fois que les symptômes sont signalés” pour tester toutes les personnes qui ont été en contact.

Existe-t-il des risques de voir des classes ou des établissements fermer ? 

Trois scénarios possibles sont envisageables dans l'année, en fonction de l’évolution de l’épidémie. Si la situation sanitaire ne se dégrade pas, tous les élèves pourront rester en classe et les établissements resteront ouverts. Si l'épidémie évolue dans la zone géographique de l’établissement, l’enseignement sera donné à mi-temps, en présentiel et en distanciel. Si l'épidémie touche l’établissement, la fermeture d’une ou plusieurs classes, voire de toute l’école, pourrait être envisagée.  

Le ministre a précisé que les fermetures se décideront "au cas par cas, selon un protocole strict dans la main des autorités sanitaires avec les préfets et les recteurs". Il n’écarte pas la possibilité de certaines fermetures : "Dans les semaines qui viennent, forcément ça arrivera ce genre de choses donc on ne doit pas considérer ça comme un échec ou un problème. On doit considérer ça comme le corollaire nécessaire pour cette politique que nous voulons de retour des élèves à l'école".

Quelle continuité pédagogique ? 

Le confinement n’a pas été le même pour tous. Dès la rentrée, des évaluations vont être mises en place dans les classes de CP, CE1, 6e et seconde. Ces évaluations seront accompagnées de dispositifs de soutien personnalisés. 

"Notre lycée a mis en place une évaluation post-Covid pour faire le bilan de la période, tant sur les aspects positifs que négatifs : on va voir ce qui a fonctionné dans l’enseignement à distance et comment on va organiser le rattrapage pour ceux qui ont disparu de la circulation dès mars", estime Justine Brax.

Un défi particulier dans les lycées professionnels, où de nombreux enseignements n’ont pas pu se tenir à distance. "En lycée professionnel, il y a beaucoup d’ateliers par petits groupes avec des élèves qui sont là pour apprendre un métier : par exemple, on ne peut pas apprendre à se servir d’une machine d’impression ou faire du PAO [Publication assistée par ordinateur] à distance car les élèves ne sont pas équipés à la maison", poursuit la professeure. "Notre défi cette année est à la fois de prodiguer les nouveaux enseignements, mais aussi de revenir sur ce qui n’a pas été acquis. On va jongler entre les deux".

Avec AFP 

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