Valeurs actuelles visé par une enquête après avoir représenté la députée Danièle Obono en esclave

Danièle Obono, députée LFI, s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 12 novembre 2019.
Danièle Obono, députée LFI, s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 12 novembre 2019. © Bertrand Guay, AFP (archives)

Le parquet de Paris a annoncé, lundi, l'ouverture d'une enquête pour "injures à caractère raciste", après la publication dans le magazine Valeurs actuelles d'illustrations représentant la députée Danièle Obono en esclave. 

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Le procureur de Paris Rémy Heitz a annoncé, lundi 31 août, l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "injures à caractère raciste", après la publication, le 27 août, dans l'hebdomadaire Valeurs actuelles d'une "politique fiction" dépeignant la députée La France Insoumise (LFI) Danièle Obono en esclave

L'enquête sur cet article, qui a suscité une vague de condamnations unanimes dans la classe politique, allant jusqu'au président de la République, a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), précise Rémy Heitz dans un communiqué. 

Dans ce récit de sept pages, publié jeudi par le magazine ultra-conservateur, la députée de Paris, à la peau noire, "expérimente la responsabilité des Africains dans les horreurs de l'esclavage" au XVIIIe siècle, selon la présentation qu'en fait le magazine. Des dessins de Danièle Obono, collier en fer au cou, accompagnent ce "roman de l'été". 

Dénonçant "une insulte à (ses) ancêtres, sa famille" et "à la République", Danièle Obono avait dit samedi soir "réfléchir" à porter plainte. Cette publication est selon elle "une souillure qui ne s'effacera pas", mais surtout "l'aboutissement d'un acharnement médiatique" contre elle. Dès vendredi, elle avait dénoncé sur Twitter une "merde raciste dans un torchon", accusant "l'extrême droite, odieuse, bête et cruelle. Bref, égale à elle-même". 

Le chef de l'État Emmanuel Macron a appelé la députée samedi pour lui faire part de sa "condamnation claire de toute forme de racisme", selon l'Élysée. Le Premier ministre Jean Castex a déploré sur Twitter une "publication révoltante (qui) appelle une condamnation sans ambiguïté", assurant partager "l'indignation de la députée".  

"On est libre d'écrire un roman nauséabond, dans les limites fixées par la loi. On est libre aussi de le détester. Moi je le déteste et suis (aux) côtés" de la parlementaire, a écrit le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti. 

Mais, a répondu le magazine d'opinion sur Twitter, "il s'agit d'une fiction mettant en scène les horreurs de l'esclavage organisé par des Africains au XVIIIe siècle", "terrible vérité que les indigénistes ne veulent pas voir".  

 Sur BFMTV, Tugdual Denis, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs Actuelles, a fait amende honorable. "On comprend, avec la charge symbolique extrêmement violente de cette image, que Danielle Obono soit choquée. On s'excuse auprès d'elle à titre personnel", a-t-il dit, assurant que son journal n'était "pas raciste". 

Avec AFP 

 

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