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Estrosi (LR) lance un pavé dans la mare en suggérant un accord droite-Macron

Le président Macron (d) et le maire de Nice Christian Estrosi, le 14 juillet 2017 à Nice lors des cérémonies du souvenir un an après la tuerie de Nice
Le président Macron (d) et le maire de Nice Christian Estrosi, le 14 juillet 2017 à Nice lors des cérémonies du souvenir un an après la tuerie de Nice Laurent Cipriani POOL/AFP
4 mn
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Paris (AFP)

Le maire LR de Nice Christian Estrosi a lancé un pavé dans la mare en appelant la droite à passer un accord avec Emmanuel Macron pour 2022, au grand dam des Républicains qui cherchent toujours leur candidat.

"Pour ne pas gâcher tous les talents de la droite, passons un accord avec Emmanuel Macron pour qu’il soit notre candidat commun à la présidentielle et que ceux-ci puissent participer au redressement de notre pays", a proposé M. Estrosi dans le Figaro paru lundi soir.

Même si l'appel de l'ancien ministre sarkozyste est assorti de "conditions", il a été fraîchement reçu à droite, qui organise sa grande rentrée vendredi et samedi au Port-Marly.

"Je trouve ça totalement misérable", a affirmé le numéro 3 des Républicains Aurélien Pradié, en accusant le maire de Nice de "se vendre au plus offrant".

"La France a besoin de nos valeurs et de nos convictions. Si nous ne les défendons pas (...) nous serons mangés par les deux bouts, entre le RN et LREM", a tweeté de son côté l'eurodéputée Agnès Evren.

Le rétrécissement de l'espace politique de la droite, entre l'exécutif empiétant sur son programme et captant son électorat, et certains au RN appelant à une "union des droites", est à l'oeuvre depuis 2017.

"On tend la main à toutes les bonnes volontés", a prudemment affirmé mardi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Le RN a lui raillé "la mort cérébrale" des Républicains : le parti "est désormais de trop!" selon le numéro 2 du RN Jordan Bardella.

Christian Estrosi a justifié son appel par le fait qu'"il existe beaucoup de talents chez nous mais, soyons honnêtes, aucun d’entre nous ne s’impose pour concourir à la présidentielle".

- "Déshérence" -

Le maire de LR de Nice est certes souvent présenté comme "Macron-compatible", mais sa critique touche un point sensible, alors que LR n'a encore tranché si sur le nom de son candidat ni sur le mode de désignation -- les divergences sont apparues samedi aux universités d'été de LR à La Baule sur l'idée d'une primaire.

Le nom le plus fréquemment évoqué est celui de François Baroin, qui a le soutien de Christian Jacob. Mais le patron de l'AMF ne clarifiera ses intentions qu'à l'automne.

Dans l'intervalle, d'autres posent des jalons, de Xavier Bertrand (le président ex-LR des Hauts de France) à Bruno Retailleau (le patron des sénateurs LR) en passant par Valérie Pécresse (la présidente ex-LR de l'Ile de France).

Une multiplication de "semi-candidatures" qui entraîne un "trouble" chez les électeurs, selon le politologue Pascal Perrineau.

Selon un sondage Ifop paru lundi, le candidat préféré des sympathisants LR en 2022 serait Edouard Philippe (22%), devant François Baroin (21%), Xavier Bertrand (18%) et Valérie Pécresse (15%).

"Tant que la droite n'est pas en ordre de bataille à la fois sur le candidat et la procédure, c'est compliqué pour un électeur de droite de ne pas continuer à hésiter", ajoute M. Perrineau pour qui la droite va "être dans une situation d'urgence".

Plusieurs responsables de LR ont appelé à "ne pas griller les étapes" et attendre l'après régionales pour trancher sur le candidat.

Une stratégie compliquée, selon M. Perrineau: "C'est vrai qu'ils peuvent capitaliser sur une éventuelle bonne performance aux régionales, et qu'il y a un risque d'usure à sortir trop tôt du bois. Mais l'électorat est en déshérence de leader, et peu à peu cet attrait pour Emmanuel Macron peut se traduire en véritable vote".

Car avec la nomination d'un Premier ministre LR et une priorité donnée aux sujets sécuritaires, "on voit bien que le président est dans une stratégie de rendre cohérent son soutien de droite", affirme le politologue.

A droite, le danger est bien senti, et les attaques se sont multipliées ces derniers jours sur les thèmes sécuritaires.

"Nous n'avons aucune chance si nous faisons du sous-Macron", a averti samedi M. Retailleau dans Le Parisien: "Les électeurs préféreront toujours l'original à la copie".

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