Accéder au contenu principal

Covid-19 à New York : la réouverture des écoles, un casse-tête pour les familles modestes

Un garçon participe à une manifestation contre l'ouverture des écoles, dans le quartier de Brooklyn à New York, le 1er septembre 2020.
Un garçon participe à une manifestation contre l'ouverture des écoles, dans le quartier de Brooklyn à New York, le 1er septembre 2020. © Carlo Allegri, Reuters
5 mn

Les écoles publiques de New York ont reporté de onze jours la rentrée des classes, au 21septembre, en vertu d'un accord conclu avec les syndicats d’enseignants qui réclamaient des mesures de sécurité supplémentaires contre le nouveau coronavirus. Malgré ce report, une question se pose pour les familles les plus modestes. Faut-il envoyer ses enfants à l'école au risque d'une infection ou les garder à la maison et ne pas travailler ?

Publicité

À New York, les familles les plus modestes sont en plein dilemme à quelques jours de la rentrée des classes. Même si la mairie démocrate a reporté, mardi 1er septembre, l'ouverture des établissements du 10 au 21 septembre pour satisfaire un syndicat d'enseignants qui demandait des mesures sanitaires supplémentaires, la rentrée est un véritable casse-tête. Faut-il envoyer les enfants à l'école au risque qu'ils attrapent le nouveau coronavirus et infectent une famille sans assurance-santé ? Ou les garder à la maison pour suivre l'école en ligne, au risque de compromettre leur scolarité et d'empêcher leurs parents de travailler ?

Maria R., employée de maison d'origine mexicaine, qui a requis l'anonymat car elle est sans-papiers, explique s'être résolue à envoyer ses enfants de 7 et 14 ans à l'école, malgré de grosses inquiétudes.

"Seront-ils équipés pour accueillir les enfants en toute sécurité ? Quels jours iront-ils à l'école ? Y aura-t-il des cours en extérieur, et que se passera-t-il par temps froid ou pluvieux ?" Beaucoup de questions tracassent cette femme de 35 ans, qui fait la queue à une distribution de nourriture gratuite dans son quartier du Queens.

De fortes inégalités sociales

Les familles les plus pauvres, souvent noires et immigrées comme celle de Maria, ne peuvent pas se payer le luxe de recourir à des tuteurs privés pour aider avec les cours en ligne, contrairement aux familles aisées, surreprésentées à Manhattan.

Les parents modestes ne peuvent pas non plus compter sur un accès fiable à Internet, ni aider eux-mêmes leurs enfants : souvent les aspects techniques les intimident, ils parlent mal l'anglais et n'ont eux-mêmes pas fini leur scolarité.

Aux États-Unis, pays qui a enregistré le nombre record de plus de 185 000 morts du nouveau coronavirus, la reprise de l'école est devenue un enjeu de bataille politique à l'approche de la présidentielle de novembre, Donald Trump ayant poussé à rouvrir les établissements pour contribuer à relancer l'économie.

Certains États gérés par les républicains, comme le Mississippi, la Géorgie, le Tennessee ou l'Indiana, avaient initialement suivi ses conseils, mais certaines écoles ont ensuite fait marche arrière, après une remontée soudaine du nombre de cas.

Les autres grandes villes américaines comme Chicago, Los Angeles, Houston, Philadelphie et Miami ont elles prévu une rentrée uniquement virtuelle.

Un enseignement en ligne mis en place

Quelque 37 % des familles new-yorkaises, y compris des familles modestes, proportionnellement plus touchées par la pandémie en raison d'une plus forte incidence de maladies chroniques et d'une assurance-santé souvent inexistante, ont cependant choisi de ne pas envoyer leurs enfants à l'école.

Plus du tiers des quelque 1,1 million d'écoliers new-yorkais suivront donc un enseignement uniquement en ligne, une option offerte par la mairie. "Je sais qu'à la maison ils n'apprendront pas la même chose, mais il vaut mieux qu'ils perdent un an et soient en bonne santé", estime Marisa Machado, cuisinière au chômage de Brooklyn, qui élève seule trois enfants.

La mairie de New York, comme beaucoup d'experts, souligne que l'enseignement présentiel est essentiel tant pour la santé mentale des enfants que pour éviter une aggravation du "fossé" éducatif entre milieux aisés et modestes.

"Une année scolaire perdue a des conséquences directes en termes de revenus" une fois l'enfant arrivé à l'âge adulte, et les plus touchés sont les élèves les plus pauvres, souligne Naomi Bardach, pédiatre et professeure de santé publique à l'Université de Californie à San Francisco. "Les effets négatifs sont avérés, sur le plan financier comme sur celui de la santé", indique-t-elle.

Reste que la peur du virus est omniprésente dans les quartiers les plus touchés par la pandémie. "La peur est là, les enfants ont peur aussi. Il faut que nous survivions" à la pandémie, témoigne Miguel Hernandez, employé d'origine mexicaine actuellement au chômage, qui lui non plus ne veut pas envoyer ses trois enfants à l'école.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.