Joe Biden rencontre la famille de Jacob Blake, au cœur des manifestations à Kenosha

Le candidat démocrate à la présidentielle américaine, Joe Biden, lors de son arrivée à l'aéroport de Milwaukee, dans le Wisconsin, le 3 septembre 2020.
Le candidat démocrate à la présidentielle américaine, Joe Biden, lors de son arrivée à l'aéroport de Milwaukee, dans le Wisconsin, le 3 septembre 2020. © Kevin Lamarque, Reuters

Se présentant en rassembleur dans une Amérique meurtrie, Joe Biden a rencontré jeudi en privé la famille de Jacob Blake, un homme noir grièvement blessé par la police fin août, dès son arrivée dans l'État-clé du Wisconsin, marquant ainsi une accélération de sa campagne.

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Alors que Donald Trump a parlé de "terrorisme intérieur" à Kenosha, Joe Biden a dénoncé jeudi 3 septembre le "racisme sous-jacent" qui ronge selon lui les États-Unis, tout en martelant son "optimisme" pour l'avenir après s'être entretenu avec Jacob Blake, un homme noir grièvement blessé par la police.

Prenant le contrepied du message sécuritaire et sombre de son rival, Donald Trump, l'ancien vice-président de Barack Obama a affirmé que le pays pouvait transformer ce "point d'inflexion" en "opportunité" pour plus d'"égalité".

Lors d'une rencontre dans une église avec des habitants de Kenosha, ville de l'État-clé du Wisconsin récemment secouée par des émeutes, son ton sobre, lent, derrière son masque, a aussi tranché avec les envolées souvent ardentes du président républicain.

L'épouse du candidat démocrate à la Maison Blanche, Jill Biden, a également participé à la rencontre d'une heure avec la famille de cet Afro-Américain de 29 ans, touché par sept balles tirées à bout portant, devant ses enfants, le 23 août à Kenosha, dans la région des Grands Lacs.

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Son rival Donald Trump avait visité la ville sur les rives du lac Michigan, à une centaine de kilomètres au nord de Chicago, dès mardi 1er septembre, mais sans rencontrer la famille, ni citer le nom de Jacob Blake.

Une rencontre sans la presse

Dès leur descente d'avion à Milwaukee, plus grande ville du Wisconsin, les Biden ont rencontré la famille Blake, accompagnée d'avocats. Les journalistes n'ont pas pu assister à la rencontre et Joe Biden n'a pas répondu aux questions qu'ils lui ont lancées sur le tarmac.

Selon son équipe de campagne, l'ancien vice-président de Barack Obama s'est entretenu en personne avec le père, deux sœurs et un frère de Jacob Blake, qui est hospitalisé et paralysé des pieds à la taille. Sa mère assistait à la rencontre par téléphone.

"J'ai eu l'occasion de passer du temps avec Jacob au téléphone", a confié Joe Biden. "Il a dit que rien ne pouvait avoir raison de lui. Qu'il puisse remarcher ou non, il ne lâchera pas." Pendant son entretien, "Jacob a parlé de ses souffrances et le vice-président a exprimé sa compassion", a rapporté dans un communiqué Ben Crump, l'avocat de la famille Blake.

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Avant de reprendre l'avion, Joe et Jill Biden ont fait un autre arrêt dans la petite ville de Wauwatosa. "Vas-y, Joe", lui ont crié certains des quelque 200 "Wisconsinites" rassemblés dans la rue. "N'oubliez pas de voter !", leur a lancé le candidat démocrate, en les saluant chaleureusement.

Sondages plus serrés dans les États-clés

À deux mois de l'élection présidentielle du 3 novembre, Joe Biden a lancé une nouvelle phase, plus active, de sa campagne. Alors que le candidat démocrate est resté pendant des semaines confiné chez lui à Wilmington, dans le Delaware, puis a limité ses déplacements de campagne à la région, son rival Donald Trump sillonnait les États-Unis, martelant un discours centré sur le retour de "la loi et l'ordre".

Le président républicain n'était d'ailleurs pas en reste jeudi soir, avec un discours prononcé à Latrobe, en Pennsylvanie, un autre État stratégique dans la course à la Maison Blanche.

Marquée par la pandémie, qui a fait plus de 185 000 morts aux États-Unis, une profonde crise économique et une vague historique de colère contre le racisme, la campagne électorale cumule les facteurs inédits.

Et si Joe Biden devance le milliardaire républicain dans les sondages, le suspense reste entier à la faveur de scores plus serrés dans les États-clés, qui font et défont les victoires présidentielles aux États-Unis en basculant d'un parti à l'autre.

Avec AFP

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