Covid-19 : le cap des quatre millions de cas franchi au Brésil, mais les décès sont en baisse

Un homme portant un masque passe devant un graffiti "Restez chez vous" à Rio de Janeiro, le 2 septembre 2020.
Un homme portant un masque passe devant un graffiti "Restez chez vous" à Rio de Janeiro, le 2 septembre 2020. © Pilar Olivares, Reuters

Les autorités brésiliennes se félicitent d'une courbe "à la baisse" des décès liés au nouveau coronavirus, mais les experts restent prudents. Jeudi, le deuxième pays le plus touché au monde a dépassé les quatre millions de cas de contamination et les disparités régionales sont fortes.

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Le Brésil a dépassé jeudi 3 septembre le seuil des quatre millions de cas de Covid-19, mais le nombre quotidien de morts commence enfin à baisser légèrement, alors que plus de 124 000 personnes ont déjà perdu la vie.

Après plusieurs mois de plateau interminable avec plus de 1 000 nouveaux décès enregistrés presque tous les jours, le deuxième pays le plus touché au monde après les États-Unis semble enfin voir le bout du tunnel. Jeudi, le pays comptabilisait 4 041 638 cas confirmés, soit 43 773 de plus que la veille, et 124 614 décès (+834). Le ministère de la Santé estime que ces chiffres indiquent déjà une courbe "à la baisse", mais les spécialistes restent prudents.

"C'est le début de ce qu'on espère être effectivement une tendance à la baisse, mais c'est encore très récent et très timide", déclare à l'AFP Mauro Sanchez, épidémiologiste de l'Université de Brasilia. Pour que cette tendance se confirme, il faudrait selon lui que la baisse se poursuive durant deux ou trois semaines.

Disparités régionales

Sans compter le fait que dans un pays de 212 millions d'habitants aux dimensions continentales, les chiffres nationaux ne peuvent pas rendre compte des disparités régionales, avec "27 épidémies différentes", une par État, souligne Mauro Sanchez.

"Ces deux derniers mois, nous avons vu une courbe qui mêle des régions où les décès et contaminations sont en hausse (comme le Sud ou le Centre-Ouest) et d'autres où les chiffres sont à la baisse (le Nord, le Nord-Est, les villes de Rio de Janeiro ou Sao Paulo)", renchérit Paulo Lotufo, professeur d'épidémiologie à l'Université de Sao Paulo.

Les deux spécialistes reconnaissent qu'il est possible d'entrevoir une amélioration, mais craignent que les chiffres ne repartent à la hausse en cas de déconfinement précipité.

Le carnaval menacé

Le week-end dernier, les plages de Rio étaient bondées, avec des centaines de personnes sans masque de protection. La réouverture des commerces a débuté graduellement depuis juin dans la plupart des États, et les autorités locales étudient à présent la possibilité de reprise des cours dans les écoles, qui sont fermées depuis mars.

La mairie de Rio a déjà annoncé qu'elle n'organisera pas les traditionnelles festivités du nouvel an qui réunissent normalement plusieurs millions de personnes sur la célèbre plage de Copacabana.

Les défilés du carnaval, qui ont lieu chaque année en février, devraient également être reportés, la plupart des écoles de samba ayant déjà annoncé qu'il était inenvisageable d'y penser avant la découverte d'un vaccin contre le Covid-19.

Le futur vaccin pas obligatoire

Le PIB brésilien a reculé de 9,7 % au deuxième trimestre, un décrochage toutefois moins important que dans d'autres pays d'Amérique latine, en raison notamment d'un programme d'aides massives du gouvernement pour soutenir l'économie durant la pandémie.

Des allocations ont été versées à 66,4 millions de Brésiliens, près d'un tiers de la population, notamment les plus pauvres qui dépendent de l'économie informelle. Une mesure qui a beaucoup contribué au net regain de popularité du président Bolsonaro, malgré sa gestion chaotique de la pandémie.

S'exprimant lors d'une discussion en direct avec ses partisans sur Facebook, le dirigeant d'extrême droite a souligné que les vaccins contre le Covid-19 ne seraient pas obligatoires quand ils seront disponibles. "De nombreuses personnes veulent que le vaccin soit appliqué de manière coercitive, mais il n'y a aucune base légale pour cela", a estimé Jair Bolsonaro, qui a régulièrement minimisé la dangerosité du virus.

Avec AFP et Reuters

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