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Le Kosovo et la Serbie signent un accord sur une "normalisation économique"

Le président américain, Donald Trump, s'exprime avant que le Premier ministre kosovar, Avdullah Hoti, (à droite) et le président serbe, Aleksandar Vucic, (à gauche) ne signent un accord sur la normalisation des relations économiques, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 4 septembre 2020.
Le président américain, Donald Trump, s'exprime avant que le Premier ministre kosovar, Avdullah Hoti, (à droite) et le président serbe, Aleksandar Vucic, (à gauche) ne signent un accord sur la normalisation des relations économiques, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 4 septembre 2020. © Brendan Smialowski, AFP
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Le président serbe, Aleksandar Vucic, et le Premier ministre kosovar, Avdullah Hoti, ont signé, vendredi, à la Maison Blanche, un accord sur une "normalisation économique" entre les deux pays, à l'issue de deux jours de discussions à Washington.Toutefois, la Serbie refuse toujours de reconnaître l'indépendance proclamée en 2008 par son ancienne province.

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Le président serbe, Aleksandar Vucic, et le Premier ministre kosovar, Avdullah Hoti, ont signé, vendredi 4 septembre, à la Maison Blanche, un accord économique censé contribuer à régler l'un des plus épineux conflits territoriaux du continent européen. 

"La Serbie et le Kosovo se sont engagés en faveur d'une normalisation économique", a annoncé le président des États-Unis, Donald Trump, depuis le Bureau ovale. 

"Il y avait beaucoup de disputes et maintenant il y a beaucoup d'amour", "l'économie peut rassembler les gens", a-t-il ajouté, estimant que "personne" avant lui n'avait "tenté le coup". 

Présenté comme "historique" par Washington, où les dirigeants serbe et kosovar étaient réunis depuis jeudi, cet accord ne règle toutefois pas, a priori, le différend politique profond entre les deux pays des Balkans. 

Belgrade refuse de reconnaître l'indépendance proclamée en 2008 par le Kosovo après la guerre de la fin des années 1990, qui a fait 13 000 morts. Et la Serbie est soutenue par ses alliés russe et chinois, tandis que les Américains figurent parmi ceux qui avaient immédiatement reconnu le nouvel État kosovar. 

Impasse politique 

Ce sommet de Washington, inhabituel dans un processus traditionnellement mené par les Européens, visait officiellement à promouvoir le seul "renforcement des relations économiques" entre les deux pays. 

Les négociations politiques doivent d'ailleurs reprendre dès lundi à Bruxelles, où Aleksandar Vucic et Avdullah Hoti retrouveront le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. 

"Je crois que les Européens vont être très contents", a lancé devant la presse le bouillonnant émissaire de Donald Trump pour ces pourparlers, Richard Grenell. "La politique était dans l'impasse", "il se disputaient sur les mêmes symboles, mots, verbes, adjectifs, c'était un cauchemar", a-t-il ajouté. 

D'où l'idée américaine, selon lui, "de commencer par l'économie afin que la politique en découle". 

"Tous les accords conclus" au sujet des infrastructures, notamment de transport, "atteignent plus d'un milliard d'euros" et devront être mis en œuvre "d'ici un an", a expliqué le Premier ministre kosovar. 

 "Nous aurons un marché commun, et donc plus de surprises avec les droits de douane", a renchéri le président serbe, en référence aux tarifs de 100 % imposés il y a deux ans par Pristina sur les produits serbes

Alors que l’administration américaine avait pris les devants en assurant vouloir laisser de côté toute velléité de résolution politique, le nœud de la reconnaissance du Kosovo avait tout de même fait surface. 

Jeudi, la délégation serbe avait déploré des pressions "énormes" et rejeté une formulation dans le projet d'accord soumis aux négociateurs, impliquant selon Belgrade la "reconnaissance mutuelle" entre les deux pays. 

"Il n'y aucun risque que je signe un document qui contiendrait la reconnaissance du Kosovo. Point final", avait alors martelé Aleksandar Vucic, assurant que cet article avait finalement "disparu" après ses protestations. 

Relations avec Israël 

Seule concession politique, les deux pays ont accepté de "geler" pendant un an la campagne internationale du Kosovo en faveur de son intégration dans les organisations internationales et celle de Belgrade pour convaincre les pays qui ont entériné l'indépendance de son ex-province de la "dé-reconnaître". 

Avdullah Hoti a néanmoins voulu y voir "un grand pas vers la normalisation totale des relations entre le Kosovo et la Serbie", et donc un accord "historique". 

Richard Grenell a contesté avoir voulu arracher subrepticement à Belgrade une reconnaissance de l'indépendance de son ancienne province à majorité albanaise. Mais avant la fin du sommet, il n'avait pas exclu de possibles "surprises". 

Et de fait, il y a eu une surprise : la Serbie a parallèlement annoncé sa décision de déménager son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem d'ici juillet, tandis que le Kosovo a accepté d'instaurer des relations diplomatiques avec l'État hébreu. 

L'administration Trump, qui a ébranlé nombre de ses alliés en reconnaissant unilatéralement Jérusalem comme capitale d'Israël, cherche à convaincre d'autres pays d'en faire autant, consciente qu'il s'agit d'un sujet cher à l'électorat évangélique du milliardaire républicain. 

Au passage, l'irruption d'Israël dans le processus a permis aux deux rivaux de ne pas signer exactement le même document : le dernier point contient leurs engagements respectifs à l'égard de l'État hébreu, et il ne s'agit donc pas à proprement parler d'un "accord" commun. 

Avec AFP 

  

    

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