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Marine Le Pen veut "réveiller" les Français sur l'insécurité

Marine Le Pen pendant une conférence de presser au siège du Rassemblement national à Nanterre, le 28 juillet 2020
Marine Le Pen pendant une conférence de presser au siège du Rassemblement national à Nanterre, le 28 juillet 2020 Christophe ARCHAMBAULT AFP/Archives
4 mn
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Fréjus (AFP)

"Français réveillez vous!": c'est avec ce slogan que Marine Le Pen compte faire campagne sur l'insécurité dimanche à Fréjus (Var), un thème qui lui est cher et lui permet d'éreinter la droite, très offensive sur le sujet, pour occuper tout l'espace politique face à Emmanuel Macron.

Partie très tôt, dès janvier, dans la course à l'Elysée, la présidente du Rassemblement national tient son discours de rentrée à 15H00 devant un public réduit aux élus et à la presse, coronavirus oblige.

Marine Le Pen s'est réjouie samedi soir d'une "vraie prise de conscience de l'ensauvagement" de la société, utilisant un terme controversé qu'elle a l'habitude d'employer, repris cet été par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et par plusieurs leaders de la droite.

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti avait dénoncé à cet égard une "surenchère populiste", expliquant que la France n'était "pas un coupe-gorge".

Mais la dirigeante d’extrême droite renvoie dos-à-dos la droite et le gouvernement, accusant les Républicains, et notamment Nicolas Sarkozy, de n'avoir "rien fait" quand ils étaient au pouvoir et fustigeant un gouvernement sans "vision" sur la délinquance et la criminalité.

"La bataille idéologique, ça fait des années qu'on l'a gagnée. Ce qu'on attend c'est la victoire politique", a souligné Marine Le Pen samedi.

- Dividendes -

La candidate à l'Elysée n'aura donc pas besoin d'en rajouter sur le plan sémantique, son conseiller Philippe Olivier promettant même un ton "modéré".

La finaliste de la présidentielle de 2017 se considère plus légitime et identifiée sur la revendication d'ordre que les Républicains, raillant la promesse en 2005 de Nicolas Sarkozy de nettoyer "la racaille" au "Kärcher".

Elle espère remporter les dividendes électorales d'un parti LR en train "d'imploser", citant l'appel du maire de Nice Christian Estrosi à passer un accord avec Emmanuel Macron pour 2022 et les difficultés de la droite à se trouver un candidat.

Elle a promis à cet égard de "lever certaines ambiguïtés" à l'adresse des électeurs de la droite quand ils "croient que le programme économique du RN est le même" que celui de la France insoumise, même si elle défend toujours la retraite à 60 ans avec 40 annuités.

La cheffe du RN veut aussi "réveiller" les Français sur la crise sanitaire --sur laquelle elle a publié un Livre noir-- et économique. Elle a pointé samedi des "trous énormes" dans le plan de relance, jugeant "dérisoire" la place accordée aux relocalisations et insuffisantes les mesures en faveur des TPE-PME.

- A la trace -

Marine Le Pen entend ainsi occuper tout l'espace politique pour affronter à nouveau Emmanuel Macron en 2022, même si les Français sont 68% à ne pas souhaiter ce duel, considérant à 73% que la droite devrait présenter un candidat, selon l'Ifop.

Elle compte aussi "réveiller" ses troupes, après des municipales décevantes pour son parti, et les remobiliser pour les sénatoriales, départementales et régionales à venir.

Mais la cheffe du RN, comme le numéro 2 du parti Jordan Bardella, ne se présentera pas aux régionales. Elle "réfléchit" toujours à laisser les rênes du parti pour se consacrer à la présidentielle.

Elle suit déjà Emmanuel Macron à la trace, célébrant comme lui, dans une vidéo aux accents présidentiels, le 150e anniversaire de la République vendredi.

Si sa patronne est déjà en route vers 2022, le RN lui n'affiche pas le même élan qu'avant la dernière présidentielle, de l'aveu de plusieurs élus.

Le parti, qui envisage de déménager à Paris dans des locaux plus petits, "est devenu squelettique", avec des adhésions en baisse, et il y a un "malaise profond sur le terrain", rapporte l'un d'eux, notamment depuis la mise à l'écart en août de plusieurs membres de la commission nationale d'investiture, proches pour beaucoup de l'ancienne députée frontiste Marion Maréchal.

Pourtant "il faut rassembler sinon on donne l'impression d'un parti qui se rétrécit", avance un autre.

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