Assassinat de Jamal Khashoggi : huit peines de prison prononcées, les cinq peines capitales annulées

Huit personnes ont été condamnées en Arabie saoudite, le 7 septembre 2020, pour leur implication dans la mort du journaliste Jamal Khashoggi.
Huit personnes ont été condamnées en Arabie saoudite, le 7 septembre 2020, pour leur implication dans la mort du journaliste Jamal Khashoggi. © Bulent Kilic, AFP

Un tribunal saoudien a annulé lundi, dans un verdict final, les cinq peines capitales prononcées pour le meurtre du journaliste critique du pouvoir Jamal Khashoggi, condamnant huit accusés à des peines allant de sept à 20 ans de prison, selon l'agence officielle SPA.

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La justice saoudienne a condamné, lundi 7 septembre, à des peines allant de sept à vingt ans de prison, huit accusés jugés pour leur implication dans la mort du journaliste Jamal Khashoggi, assassiné en octobre 2018 dans les locaux du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, en Turquie, rapporte la chaîne de télévision Al Arabia.

Cinq accusés ont été condamnés à des peines de vingt ans de prison, un autre s'est vu infliger dix ans de réclusion, les deux derniers ont écopé d'une peine de sept ans, précise la chaîne de télévision publique Ekhbariya. Les condamnés n'ont pas été identifiés.

>> À voir : "Tout ce qui touche l'affaire permet à la Turquie de se montrer sous son meilleur jour"

En décembre dernier, cinq condamnations à mort avaient été prononcées lors du verdict préliminaire du procès, et trois autres accusés avaient été condamnés à de la prison ferme. Celui rendu lundi est définitif, précise Al Arabia.

"Parodie de justice"

À la suite de cette annonce, les réactions ont été nombreuses. "Le procureur saoudien a joué un nouvel acte dans cette parodie de justice", a réagi sur Twitter la rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions sommaires, Agnès Callamard, selon qui "ces verdicts n'ont aucune légitimité juridique ou morale".

La fiancée turque de Jamal Khashoggi, Hatice Cengiz, les a elle qualifiés de "farce" : "Les autorités saoudiennes ont clos ce dossier sans que le monde sache la vérité sur qui est responsable du meurtre de Jamal."

Reporters sans frontières (RSF) a également dénoncé ce verdict. "Ce procès sans public ni journalistes n'a pas permis de connaître la vérité et de comprendre ce qui s'est passé le 2 octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul [où Jamal Khashoggi a été assassiné, NDLR] et qui avait donné préalablement l'ordre de commettre ce crime d'État", a déclaré le secrétaire général de l'ONG, Christophe Deloire.

De son côté, la Turquie n'a pas caché son mécontentement. "Le verdict final qu'un tribunal saoudien a rendu aujourd'hui concernant l'exécution du journaliste Jamal Khashoggi à l'intérieur du consulat du royaume à Istanbul est loin de satisfaire les attentes de la Turquie et de la communauté internationale", a écrit sur Twitter Fahrettin Altun, porte-parole de la présidence turque.

En mai dernier, la famille du journaliste assassiné a accordé son pardon aux meurtriers, ouvrant la voie à une peine allégée. L'Arabie saoudite n'a pas de système légal codifié et, en application de la loi islamique, le pardon de la famille d’une victime peut valoir grâce ou sursis à exécuter une peine.

Après de multiples déclarations contradictoires, les autorités saoudiennes ont reconnu que Jamal Khashoggi, qui s'était exilé aux États-Unis, avait été tué et démembré le 2 octobre 2018 par des agents saoudiens ayant agi, selon elles, de leur propre initiative.

Avec Reuters et AFP

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