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Luka Modric: "L'adversité me motive encore plus"

Luka Modric à Paris le 2 décembre 2019 pour la cérémonie de remise du Ballon d'Or
Luka Modric à Paris le 2 décembre 2019 pour la cérémonie de remise du Ballon d'Or FRANCK FIFE AFP/Archives
4 mn
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Madrid (AFP)

Il a grandi sous les bombes dans son pays en guerre. Quand il faisait ses gammes au Dinamo Zagreb, rares étaient ceux qui le voyaient devenir professionnel malgré ses dribbles déroutants. Mais rien ni personne ne semblent pouvoir décourager Luka Modric: "L'adversité me motive encore plus", explique-t-il dans un entretien à l'AFP.

Alors que la Croatie retrouve la France mardi en Ligue des nations, plus de deux ans après la finale perdue du Mondial-2018 (4-2), Modric suivra le match à distance.

En accord avec le sélectionneur Zlatko Dalic, le feu-follet du Real Madrid a été ménagé et a pu faire l'impasse sur cette semaine en sélection. L'occasion pour le Ballon d'Or 2018, qui a publié le 20 août dernier son autobiographie intitulée "Mon jeu" chez Talent Éditions, de revenir sur son parcours et son passé.

"J'avais toujours un ballon avec moi", se souvient Modric. Même dans les abris pour se protéger des bombardements durant la guerre en ex-Yougoslavie entre 1990 et 1995.

"Quand on allait dans l'abri, je prenais aussi mon ballon et on jouait avec mes amis, avec tout le monde, j'organisais des matches et le football était tout pour moi", se rappelle-t-il.

- Sept ans dans un hôtel -

"Je me souviens aussi de cette peur qu'on ressentait. On jouait au foot et soudain, il y avait des sirènes, c'était devenu normal", raconte celui qui a quitté avec les siens la maison familiale près de Zadar en 1991 pour vivre pendant sept ans dans un hôtel de la ville.

"J'ai cassé tellement de vitres de cet hôtel avec mon ballon, les carreaux de voiture aussi, tout le monde était en colère après moi et mon père devait payer les dégâts, cela lui a coûté cher", sourit Modric, recruté à tout juste 17 ans par le Dinamo Zagreb.

La guerre, sa taille modeste (1,72 m) et les sceptiques n'ont pas réussi à la décourager: "Je ne crains rien, je peux être timide mais je n'ai pas peur", insiste-t-il.

Après s'être fait un nom sous le maillot du Dinamo Zagreb, il est courtisé par quelques grands noms du football européen et rejoint Tottenham (2008-12) puis, en 2012, le Real Madrid avec qui il a remporté deux fois la Liga et quatre éditions de la Ligue des champions.

- "Beaucoup de scepticisme" -

"Il y a toujours beaucoup de scepticisme à propos de moi, à propos de mes qualités, de mon style de jeu et de mon physique (...) On a dit que j'étais trop chétif pour atteindre le haut niveau, mais cette adversité ne m'affecte pas, cela me motive encore plus", insiste le milieu offensif aux 126 sélections.

"Les gens jugent les gens sans les connaître, même de nos jours avec les réseaux sociaux, c'est pour cela que je ne les lis plus depuis longtemps, j'ai mon cercle de proches et je m'entoure de positif", avance ce père de trois enfants.

A 34 ans alors que son contrat avec le Real expire l'été prochain, Modric sait qu'il se rapproche de la fin de sa carrière.

"A mon âge, on ne se projette plus sur le long-terme, cela serait extraordinaire de finir ma carrière dans ce club fantastique et cette ville merveilleuse. Je veux montrer que je peux encore bien jouer, si ce n'est pas avec le Real, j'étudierais mes options", explique Modric, un temps courtisé par l'Inter Milan.

Il y a un rendez-vous qui figure à son agenda avec la Croatie, l'Euro-2020 repoussé d'un an à cause de la pandémie de coronavirus: "L'Euro, c'est clairement oui, je ne peux pas encore dire pour la prochaine Coupe du monde (en 2022), il faut encore attendre pour le Qatar", admet-il.

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