Dans la presse

"La dérive autocratique sans fin de Mohammed Ben Salmane"

Mohammed Ben Salmane, prince héritier d'Arabie saoudite
Mohammed Ben Salmane, prince héritier d'Arabie saoudite © France 24

A la Une de la presse, ce mardi 8 septembre, les menaces du Premier ministre britannique de quitter l’UE sans accord. La commutation de la peine de mort infligée à 5 agents du renseignement saoudien, accusés d’avoir assassiné le journaliste Jamal Khashoggi, en 20 ans de prison. Le procès en appel, prévu aujourd’hui, du journaliste algérien Khaled Drareni. Et le retour des Bleus face à la Croatie.

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A la Une de la presse, les menaces du Premier ministre britannique de claquer la porte des négociations sur le Brexit, alors que les discussions reprennent aujourd’hui.

«Pas de compromis» : «Le Royaume-Uni ne transigera pas sur son indépendance pour arriver à un accord de libre-échange», tempête Boris Johnson à la Une du journal The I. Le Premier ministre britannique est-il prêt à s’asseoir sur les arrangements déjà conclus avec l’UE? L’hypothèse serait envisagée à Bruxelles, d’après des câbles diplomatiques cités par The Guardian, qui indiquent que Boris Johnson « est soupçonné de chercher à empêcher tout compromis pour parvenir à imposer, à la dernière minute, un Brexit sans accord». Cette perspective donne des sueurs froides aux dirigeants européens, et à Christian Adams, qui montre le chef du gouvernement déclarant que «s’il n’y a pas d’accord d’ici 5 semaines», il quittera les négociations, quitte à faire un pas de plus vers le précipice. Boris Johnson, dont les coups de menton déroutent aussi pas mal Brian Adcock. Le dessinateur ironise sur ce Brexit, cet accord «prêt à aller au four», cuisiné par Boris Johnson - un plat dont la recette est «susceptible d’être modifiée». Deux dessins trouvés sur Twitter.

La presse française est particulièrement remontée. Double boule de glace dégoulinant sur les doigts, «c’est le Brexit qui redéboule»: Libération assaisonne à sa façon le Premier ministre, en ironisant sur son grand plan de lutte contre le surpoids  pour combattre l’épidémie de Covid. Libé accuse Boris Johnson de «bomber le torse» pour mieux peser sur les négociations avec Bruxelles et pour mieux faire oublier «sa gestion calamiteuse de la crise sanitaire (qui) l’a fragilisé». L’Opinion, lui, dénonce un nouveau coup de «bluff», de la part de Boris Johnson, soupçonné de désirer «plus que tout», en réalité, un accord avec l’UE, même s’il s’en défend - d’où le dessin assez peu poétique de Kak, qui le montre aux prises avec l’UE. «Et pourquoi c’est moi qui devrait mettre un adaptateur?», demande-t-il à Bruxelles.

A la Une également, la commutation, hier, en vingt années de prison de la peine de mort infligée à 5 agents des services saoudiens, accusés d’avoir assassiné Jamal Khashoggi. D’après Arab News, la nouvelle aurait été accueillie «avec satisfaction» par la famille du journaliste. Si le quotidien saoudien explique que cette réaction est dans la continuité du pardon public accordé par les fils de Jamal Khashoggi à ses assassins, il se garde bien, en revanche, de mentionner les villas de plusieurs millions de dollars offertes par le régime à ses enfants, comme l’avait révélé The Washington Post, le grand quotidien américain, pour lequel Jamal Khashoggi avait chroniqué, jusqu’à sa mort, la dérive autocratique de Mohammed Ben Salman. Une dérive sans fin, d’après Middle East Eye, qui explique que «les purges sont devenues une caractéristique permanente du règne du prince paranoïaque». Le site en veut pour preuve les vagues de répression qui se sont succédé, depuis sa désignation comme prince héritier : d’abord les arrestations de religieux, puis la détention de 300 hommes d'affaires et membres de la famille royale au Ritz Carlton de Riyad, la campagne contre les militantes féministes et les défenseurs des droits de l’Homme, ou encore, dernièrement, le limogeage du prince Fahd ben Turki, le commandant de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen.

Condamné le mois dernier à trois ans de prison ferme pour «atteinte à l'unité nationale» et «incitation à attroupement non armé», le journaliste algérien Khaled Drareni devrait être définitivement fixé sur son sort aujourd’hui. A l’occasion de son procès en appel, les actions en sa faveur se multiplient, selon TSA, qui rappelle que le reporter avait été arrêté au début du mois de mars, alors qu’il couvrait une manifestation du Hirak à Alger. Le site algérien évoque des rassemblements, hier, à Alger, Tunis et Paris. Dans une tribune publiée par Le Monde, le professeur spécialiste des médias Belkacem Mostefaoui s’élève contre la condamnation de Khaled Drereni pour des motifs «fallacieux». «La place de Khaled Drareni n’est plus à la prison de Kolea, mais d’abord dans son foyer pour panser ses plaies et très vite reprendre son travail car ses publics et la production du journalisme en Algérie en ont tant besoin», écrit-il. «Libérez Khaled Drareni», demande aussi le dessinateur Hic, pour El Watan, qui montre le Hirak totalement décimé en Algérie.

On ne se quitte pas là-dessus. Rien de tel qu’un peu de sport pour se changer les idées, quoique… Deux ans après la finale de la Coupe du monde, les Bleus retrouvent ce soir la Croatie en Ligue des nations, et à en croire L’Equipe, ils vont avoir besoin d’un Griezmann nettement «plus tranchant qu’en Suède, samedi dernier» - d’où l’invitation à «accélérer, accélérer». D’autant que Kylian Mbappé ne sera pas de la partie, puisque le joueur, testé positif au Covid-19, hier, a été renvoyé chez lui pour débuter sa période d’isolement. Le Parisien évoque «la crainte de contamination qui pèse (désormais) sur les Bleus».

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