Covid-19 en France : vers un isolement réduit à 7 jours pour les personnes testées positives

Un travailleur de la santé montre un prélèvement nasal pour un test de dépistage de Covid-19 dans un hôpital à Rennes, le 7 septembre 2020.
Un travailleur de la santé montre un prélèvement nasal pour un test de dépistage de Covid-19 dans un hôpital à Rennes, le 7 septembre 2020. © Damien Meyer, AFP

Le ministre de la Santé a déclaré mardi que le Conseil scientifique a rendu un avis "favorable" pour raccourcir la durée d'isolement des personnes testées positives au coronavirus et des cas contacts. Un changement qui peut s'expliquer pour des raisons sanitaires et économiques.

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Vers la fin de la quatorzaine en cas de positivité avec le Covid-19. C'est la direction que devraient bientôt prendre les autorités sanitaires en France après que le ministre de la Santé a déclaré, mardi 8 septembre sur France Inter, que le Conseil scientifique "est favorable à ce qu'on puisse (...) réduire la période de mise à l'abri dans un certain nombre de situations et passer de 14 à 7 jours".

Cette orientation devrait être officiellement prise vendredi 11 septembre "en cours d'un conseil de défense", a précisé le ministre, ce qui "va nous donner un peu de temps pour solliciter d'autres experts pour (s)a mise en place".

Jusqu'à présent, le principe général était de respecter un isolement de 14 jours en cas de contact rapproché avec une personne testée positive au Covid-19, avec des situations variables selon qu'une personne avait des symptômes, était asymptomatique ou vivait sous le même toit qu'une personne contaminée.

Mais l'évolution des connaissances sur l'infectiosité du virus remet en cause cette mesure et la rend, par ailleurs, problématique en ce qui concerne le "coût socio-économique (lié à) la multiplication des confinements individuels", comme l'a expliqué récemment le Dr Yvon Le Flohic, médecin généraliste et membre du collectif de professionnels de santé auteur de deux tribunes publiées cet été.

Isolement réduit et "surcoût sanitaire faible"

"On est davantage contagieux dans les cinq premiers jours ou qui suivent les symptômes ou qui suivent la positivité d'un test. Et ensuite cette contagiosité diminue de façon très importante, et au-delà d'une semaine, elle demeure mais elle est très faible", a expliqué mardi Olivier Véran.

Pour expliquer que la durée d'isolement a un effet sanitaire similaire entre 7 et 14 jours, le ministre avance que la contagiosité des personnes contaminées est pratiquement similaire à plusieurs jours d'intervalle. Olivier Véran a assuré qu'il n'y avait "quasiment pas de différence" entre une situation avec 5 % de personnes "potentiellement contagieuses" au-delà de cinq jours et "encore 2 % à 4 % des gens qui peuvent être contagieux" après 14 jours. 

"Quand bien même on laisserait ainsi passer certaines personnes potentiellement contagieuses, le surcoût sanitaire serait faible puisqu'elles seraient loin d'excréter beaucoup de virus", a expliqué Yvon Le Flohic, dans une interview accordée au magazine Industries et Technologies.

Le 1er septembre, il avait aussi expliqué sur Twitter que la "présence du virus ne signifie pas contagiosité", précisant que "les études de tracing montrent l'absence de contagion au delà de J5/J7 pour les formes légères" de Covid-19.

"Éviter un confinement individuel qui n'est pas vraiment utile"

Cette période d'isolement raccourcie à sept jours devrait favoriser "une meilleure adhésion" de la population, selon Olivier Véran, car aujourd'hui "on constate qu'un grand nombre de Français ne respecte pas la quatorzaine".

Le ministre a, par ailleurs, assuré que cette décision n'était pas motivée par "des raisons de priorisation économique".

L'impact socio-économique du maintien de la quatorzaine pourrait, cependant, avoir un effet négatif sur la société française, à en croire le Dr Le Flohic : "L'impact social va finir par être très lourd", explique-t-il à Industries et Technologies, "avec des entreprises pénalisées, des classes et écoles qui ferment. Il s'agit de mettre en œuvre un confinement à la fois plus efficace, plus déployable, et à la fois moins pénalisant."

Selon le médecin généraliste, "l'idée au fond est d'éviter un confinement individuel qui n'est pas vraiment utile, tout en étant plus efficace" dans la lutte contre le virus.

Avec AFP

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