Accéder au contenu principal

Covid-19 : les essais du vaccin d'Oxford interrompus par le groupe AstraZeneca

À l'université fédérale de São Paulo où sont menés les essais du vaccin Oxford-AstraZeneca contre le coronavirus, le 24 juin 2020.
À l'université fédérale de São Paulo où sont menés les essais du vaccin Oxford-AstraZeneca contre le coronavirus, le 24 juin 2020. © Amanda Perobelli, Reuters
|
Vidéo par : FRANCE 3
6 mn

Alors que le coronavirus a fait près de 900 000 morts dans le monde, les essais cliniques de l'un des vaccins expérimentaux les plus avancés, développé par Oxford et AstraZeneca, ont été suspendus dans la nuit de mardi à mercredi.

Publicité

Il fait partie des neuf vaccins contre le Covid-19 les plus avancés, mais ses essais cliniques ont été suspendus, a annoncé mercredi 9 septembre le groupe pharmaceutique anglo-suédois AstraZeneca, partenaire industriel de l'université britannique d'Oxford. En cause : "une suspicion d'un effet indésirable grave chez un participant au Royaume-Uni", indique le site spécialisé Statnews.

Une "maladie potentiellement inexpliquée" est apparue chez un volontaire. Les vaccinations seront stoppées jusqu'à ce qu'un comité indépendant évalue l'incident, dont aucun détail n'a été révélé, mais qui est probablement un effet secondaire important.

Pour David Lo, professeur à l'Université de California Riverside, "d'autres effets indésirables" ont déjà été signalés, "comme de la fièvre, des douleurs […] donc cela pourrait être quelque chose de plus grave", a-t-il affirmé à l'AFP. "Les essais sont souvent suspendus temporairement lorsqu'un effet indésirable se manifeste chez un patient, pour que les chercheurs puissent informer [les sites où des essais sont également menés], a-t-il souligné.

"Sans doute que pour le moment il s'agit juste d'être prudent – c'est une pause, ce n'est pas la même chose que de dire 'nous ne pouvons pas avancer'", a-t-il ajouté.

Des centaines de millions de doses pré-vendues

Cette pause dans les essais pourrait retarder l'un des projets occidentaux parmi les plus avancés, avec ceux des sociétés américaines Moderna et Pfizer, chacun étant en train de recruter des dizaines de milliers de volontaires afin de vérifier que les doses sont sûres, et empêchent les personnes vaccinées de tomber malades du Covid-19.

Les trois sociétés disaient jusqu'à présent espérer des résultats avant la fin de l'année ou le début de 2021, et ont commencé à fabriquer des millions de doses en avance, au cas où ils seraient probants.

AstraZeneca a pré-vendu des centaines de millions de doses à de multiples pays dans le monde, plus qu'aucun de ses concurrents. Impliqué, avec l'Argentine, dans la production et la distribution en Amérique latine de l'éventuel vaccin d'AstraZeneca, le Mexique a indiqué que son déploiement pourrait être retardé.

La suspension d'essais cliniques "n'est pas un événement inhabituel… Et par conséquent l'arrivée du vaccin pourrait être retardée dans la région", a affirmé Hugo Lopez Gatell, sous-secrétaire à la Santé du gouvernement en conférence de presse.

Aux États-Unis, pays le plus endeuillé dans le monde, nombre d'experts craignent que le président américain, Donald Trump, ne fasse pression pour faire autoriser un vaccin contre le coronavirus avant la présidentielle du 3 novembre. Le républicain, candidat à sa réélection, a affirmé que son pays disposerait d'un vaccin "cette année".

Son rival démocrate, Joe Biden, a expliqué lundi qu'il voudrait "voir ce qu'en disent les scientifiques", et les autorités sanitaires du pays ont assuré que le processus d'homologation d'un éventuel vaccin serait fondé sur les résultats scientifiques.

Rebond de cas en Europe

Face à la polémique croissante, les patrons de neufs sociétés développant des vaccins ont voulu rassurer le grand public en signant un engagement commun à s'en remettre aux résultats des essais cliniques avant de demander une autorisation.

La concurrence fait rage pour mettre au point un vaccin. La Russie a annoncé début août avoir développé le "premier" vaccin contre le Covid-19, dont plus de 1"milliard de doses" ont été précommandées par 20 pays étrangers, selon le Fonds souverain russe impliqué dans son financement.

La pandémie a fait plus de 894 000 morts dans le monde et 27 421 340 cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués depuis fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles mardi.

L'Europe connaît un rebond du nombre de cas : la session du Parlement européen prévue la semaine prochaine à Strasbourg a été annulée en raison du risque sanitaire jugé trop élevé et se tiendra à Bruxelles. En France, plus de 6 500 cas nouveaux de Covid-19 ont été comptabilisés au cours des dernières 24 heures, la Direction générale de la santé alertant sur "une nette dégradation de la situation".

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.