NBA: Milwaukee ne tient toujours pas promesse, retiendra-t-il Giannis ?

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Los Angeles (AFP)

La blessure du MVP Giannis Antetokounmpo, une difficulté persistante à durcir le jeu quand cela s'impose et un contexte de lutte sociale où le basket n'a pas toujours été au cœur des préoccupations, expliquent le nouvel échec de Milwaukee lors des play-offs NBA.

Éliminés 4 à 1 après une ultime défaite (103-94) mardi, les Bucks auront évité de peu l'humiliation d'un "sweep" (coup de balai) lors du match N.4, parvenant à rester en vie et mus par l'énergie du désespoir, après qu'Antetokounmpo s'est fait sa deuxième entorse à la cheville droite en l'espace de 48 heures.

Or ce genre de scénario ne se répète quasiment jamais. Et ce supplément d'âme a fait long feu deux jours plus tard. Car la réalité s'est rappelée à eux: d'abord, aucune équipe dans l'histoire de la ligue n'a réussi à remporter une série en sept matches après avoir été menée 3-0, ensuite, ce n'est pas sans son meilleur joueur, marqueur et défenseur que Milwaukee allait contredire cette statistique désormais portée à 140 échecs en la matière.

Pour la franchise du Wisconsin, engagée en play-offs, comme l'an passé, avec le meilleur bilan de la saison régulière et à ce titre grande favorite à l'Est pour atteindre les finales, la déconvenue est évidemment grande. Mais pas surprenante.

- "Jouer dur" -

Depuis la reprise de la saison dans la "bulle" de Disney World, son basket n'a jamais été conquérant, loin de celui en mode rouleau-compresseur qui a marché sur la concurrence lors des cinq premiers mois de compétition.

Le coronavirus est évidemment passé par là, brisant un élan qui, en juin, aurait peut-être ramené les Bucks aux sommets tant attendus depuis le titre de 1971 glané par Lew Alcindor, avant qu'il ne devienne Kareem Abdul-Jabbar. Ou peut-être pas.

Car si dans la bulle floridienne, une remise des compteurs à zéro s'est imposée, le fait est que les mêmes faiblesses constatées en 2019, en finale de conférence perdue contre Toronto (4-2), sont réapparues. A savoir, les limites d'un effectif soumis à une "Giannis-dépendance" et une difficulté chronique à élever le niveau de jeu quand l'opposition se durcit et rend les choses compliquées.

Comme les Raptors, le Heat l'a ainsi emporté en imposant combat de tous les instants.

"On savait qu'ils joueraient dur. Ils jouent dur pendant 48 minutes. Pour les battre, il faut en faire autant. Jouer dur 24, 36 minutes ne suffit pas. On le savait avant de les retrouver et ils ont joué plus dur que nous...", déplorait Antetokounmpo après le match N.3.

Or lui comme ses coéquipiers n'ont pas eu l'habitude ces deux dernières saisons de s'habituer à ce genre de joutes, assurant le plus souvent leurs victoires dès la mi-temps voire au 3e quart-temps.

- "Franchir le mur" -

Habitué à ne faire jouer sa star que 30 minutes par match, l'entraîneur Mike Budenholzer n'a pas voulu y déroger sur cette série.

Ne pas toujours jouer avec ses tripes est une chose. Mais jouer avec le cœur lourd en est une autre. Or dans le contexte brûlant de la lutte contre l'injustice raciale, le basket n'a pas toujours été la priorité en Floride.

Les Bucks ont été cœur d'un mouvement d'ampleur historique dans le sport américain, en décidant de boycotter un de leurs matches contre Orlando après que Jacob Blake se soit fait tirer dans le dos plusieurs fois par un policier à Kenosha, non loin de chez eux.

"Il ne faut pas chercher de telles excuses pour expliquer le fait que nous ne jouons pas un bon basket en ce moment", avait assuré vendredi George Hill, cadre de l'équipe qui a initié cette action suivie par tous les autres.

Au terme de cette saison pas comme les autres, qui s'est finie avec le même sentiment de frustration que la précédente, la question de l'avenir d'Antetokounmpo s'est immédiatement posée mardi soir et l'intéressé s'est empressé d'y répondre.

"Certains voient un mur et vont dans une autre direction. Je préfère le franchir. Nous devons juste nous améliorer en tant qu'équipe et individuellement, et nous y remettre dès la saison prochaine". Tiendra-t-il promesse ?