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Pour sa rentrée, le gouvernement fait de la sécurité son cheval de bataille

Emmanuel Macron au Panthéon le 4 septembre 2020 pour les 150 ans de la proclamation de la République
Emmanuel Macron au Panthéon le 4 septembre 2020 pour les 150 ans de la proclamation de la République © Julien De Rosa, AFP
7 mn

Accusé par la droite de laxisme sur les questions sécuritaires, Emmanuel Macron entend faire de la lutte contre les violences sa priorité, à l'occasion du séminaire de rentrée du gouvernement, qui se tient mercredi en visioconférence. 

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Délinquance, harcèlement de rue, drogue… L'exécutif met le cap sur la sécurité. À l’issue du Conseil des ministres, les membres du gouvernement enchaîneront, mercredi 9 septembre, sur un séminaire de rentrée en visioconférence en raison du Covid-19. Après avoir promu mardi l'égalité des chances, thématique destinée à soigner son aile gauche, Emmanuel Macron attend mercredi du gouvernement des actions contre l'insécurité, dossier phare de la droite.  

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Sujet d’inquiétude en deuxième place chez les Français – après le Covid – après une série d'agressions choquantes, le chef de l’état et son Premier ministre souhaitent une accentuation des efforts avec en particulier une accélération de la réponse judiciaire, pour éviter des lenteurs qui donneraient un sentiment d'impunité. "On comprend que nos concitoyens soient inquiets de la montée de la violence", a admis mardi Jean Castex dans les Landes, quand Marine Le Pen, qui mise sur ce thème, promet de combattre "la barbarie qui s'installe". 

Délinquance et harcèlement de rue 

Première mesure : Gérald Darmanin et Marlène Schiappa communiqueront en début de mois, dès octobre, un bilan de l'activité des forces de l'ordre. Ce bilan doit reprendre six thématiques : la lutte contre les stupéfiants, les chiffres des violences conjugales, intrafamiliales et sexuelles, les heures de patrouilles pédestres sur la voie publique des gendarmes et des policiers, celles dans les transports publics également, le nombre de dérives sectaires signalées et les chiffres de l'immigration et de l'asile. 

L’exécutif compte également poursuivre le travail sur le harcèlement de rue. Marlène Schiappa, à l'origine de la loi contre le harcèlement de rue adoptée en juillet 2018, indique que "1 723 amendes ont été dressées par les forces de l'ordre depuis début 2019". La ministre a par ailleurs souligné avoir réuni les préfets la semaine dernière pour leur demander de "doubler le nombre de verbalisations".  

Drogues et protoxyde d'azote 

La lutte contre les trafics de stupéfiants est la "première priorité" du ministre de l'Intérieur, qui veut en faire "l'alpha et l'oméga" de sa politique. En combattant les réseaux de trafiquants de drogue, Gérald Darmanin souhaite endiguer le crime organisé, la traite des êtres humains et le financement du terrorisme. "[C'est] aussi une grande mesure de santé publique", estime-t-il. 

Depuis le 1er septembre, l'amende forfaitaire de 200 euros pour tous les usagers de drogue, notamment de cannabis, a été généralisée en France. "Deux cents verbalisations [ont été réalisées dès le premier jour]", a-t-il indiqué. 

Le ministre de l'Intérieur a, en outre, demandé à ses services des propositions pour "interdire purement et simplement l'utilisation des cartouches et capsules de protoxyde d'azote". Vendues sous formes de cartouches en supermarché pour quelques euros, le protoxyde d'azote, destiné notamment aux siphons à chantilly, est de plus en plus détourné de son usage, notamment par des mineurs qui le déversent dans des ballons de baudruche et l'inhalent pour ses effets euphorisants. 

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En décembre 2019, le Sénat a adopté à l'unanimité en première lecture une proposition de loi transpartisane visant à interdire sa vente aux mineurs, mais n'a pas été examinée par l'Assemblée nationale depuis. Selon les autorités sanitaires, une utilisation régulière ou à forte dose peut entraîner "atteinte de la moelle épinière, carence en vitamine B12, anémie, troubles psychiques". 

"Séparatisme" 

Le chef de l'État veut également fixer comme priorité, le séparatisme, notamment islamiste. Ce chantier lancé par Emmanuel Macron en février contre les communautarismes religieux, doit être présenté en Conseil des ministres à l'automne. "Nous sommes en train de le finaliser", indique Marlène Schiappa. 

Parmi les mesures déjà annoncées, la création d'un "contrat d'engagement sur la laïcité" que devront signer les associations avec la fin des subventions en cas de non-respect de cette charte, notamment sur l'égalité hommes-femmes.  

Gérald Darmanin va également "proposer de pénaliser" les certificats de virginité délivrés par certains médecins avant un mariage religieux, une pratique déjà condamnée par le Conseil de l'Ordre des médecins. 

Lutte contre le Covid-19 

Au-delà des sujets "régaliens", le séminaire abordera les priorités des prochains mois, dont le plan de relance et les mesures contre l'épidémie. Un conseil de défense spécial Covid vendredi pourrait donner un feu vert à des tests plus simples et plus rapides et à un raccourcissement de la quatorzaine. 

Ce cadencement de l'agenda sera crucial pour l'action politique du chef de l'État, accusé par la gauche de mener un virage à droite. Emmanuel Macron a en retour longuement défendu mardi ses actions en faveur de l'accès à la formation et à l'emploi des jeunes de milieux défavorisés. "Il faut traiter avec réalisme, force et détermination les problèmes de sécurité, mais il faut en même temps en traiter la cause profonde, le sujet de l'éducation, de la formation et des opportunités [pour chaque citoyen]", a-t-il déclaré. 

"C'est un fil rouge de mon engagement", a-t-il ajouté, en rappelant le dédoublement des classes de CP et CE1 pour 300 000 enfants et qui va "changer leurs vies". Il a aussi cité l'obligation scolaire dès 3 ans et les petits-déjeuners gratuits dans les quartiers défavorisés. 

Le Premier ministre étant tenu à l'isolement pour risque de Covid-19, c'est en visioconférence que se déroulera mercredi le séminaire de rentrée du gouvernement. Cette précaution sanitaire a été déclenchée par la décision de Jean Castex de rester à l'isolement pour la semaine, après un test négatif au Covid-19, mais qu'il doit réitérer dans quelques jours. 

Avec AFP

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