Dans la presse

Témoignages de soldats birmans : "On nous a dit :'Tuez tout ce que vous voyez, enfants ou adultes'''

Confessions de deux soldats déserteurs birmans
Confessions de deux soldats déserteurs birmans © France 24

Dans la presse, ce mercredi 9 septembre, deux témoignages rares, les récits de deux soldats déserteurs birmans, qui affirment que des ordres ont été donnés, en 2017, pour tuer des Rohingyas et détruire leurs villages. L’ultimatum de la Cédéao à la junte au pouvoir au Mali. Le retour du débat sur l’insécurité en France. Le port du masque à l’école. Et la nouvelle victoire des Bleus face à la Croatie.

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Dans la presse, ce matin, deux témoignages rares, les récits de deux soldats déserteurs birmans, qui affirment que des ordres ont été donnés, en 2017, pour tuer des Rohingyas et détruire leurs villages.

D’après The New York Times, les deux hommes ont été transférés lundi à La Haye, ils ont confessé avoir reçu l’ordre de tuer de manière systématique des villageois de cette minorité musulmane. Des aveux qui confortent les soupçons des Nations unies, qui accusent l’armée birmane d’avoir mis en œuvre une campagne d’extermination des Rohingyas, et qui devraient alimenter le dossier ouvert par la Cour pénale internationale de La Haye. Tirez sur tout ce qui bouge et qui fait du bruit»: le soldat Myo Win Tun dit avoir obéi à cet ordre «clair» en août 2017 et avoir pris part au massacre de 30 musulmans rohingyas, ensevelis dans une fosse commune. Un ordre semblable à celui reçu par Zaw Naing Tun, à peu près au même moment : «Tuez tout ce que vous voyez, enfants ou adultes» : «Nous avons ainsi décimé 20 villages», affirme ce soldat, dont le récit conforte les descriptions de dizaines de témoins, d’observateurs et de réfugiés rohingyas sur ce qui s’est passé dans l’État d’Arakan en août 2017, ruinant la version officielle du gouvernement birman, qui nie toujours que ces attaques étaient «orchestrées».

Dans la presse également, l’ultimatum lancé à la junte au pouvoir au Mali par la Cédéao, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest. La Croix rapporte que l’organisation lui a donné jusqu’au 15 septembre pour désigner un président et un Premier ministre de la transition - «un délai très court, alors que la junte vient tout juste d’ouvrir une concertation nationale», note le journal, qui évoque une décision «plus politique que juridique», plusieurs chefs d’Etat de la Cedeao étant eux-mêmes dans une «situation fragile» vis-à-vis de leur population et confrontés à des mouvements de contestation semblables à celui qui s’est développé au Mali. La Croix évoque notamment les cas du président guinéen Alpha Condé et celui du président ivoirien Alassane Ouattara, qui se représentent tous deux au mois d’octobre pour un troisième mandat, après avoir réformé leur Constitution. Au Mali, le Conseil national pour le salut du peuple, a entamé, donc, des concertations sur la transition et tente de rassurer la communauté internationale, en s’engageant à poursuivre la collaboration avec le G5 Sahel et Barkhane. Le Figaro fait toutefois état des «doutes» sur la poursuite de l’opération française depuis le coup d’Etat, dont l’issue reste très floue. Le journal affirme que «la possibilité d’un retrait à moyen terme est balayée », pour le moment, par le ministère de l’Armée, mais rappelle qu’Emmanuel Macron avait déjà évoqué, avant l’été, des «décisions à prendre» durant les prochains mois.

Le gouvernement français a décidé de placer les questions de sécurité au centre de son séminaire de rentrée, aujourd’hui. Alors que la question de l’insécurité s’invite de nouveau dans le débat, certains ministres déplorant une «montée de la violence», voire un «ensauvagement», La Croix s’interroge sur la pertinence de ces propos. D’après le journal, «si les derniers chiffres annuels de la police montrent effectivement une hausse de plusieurs indicateurs, d’autres données, et l’observation sur le long terme, les tempèrent». La Croix cite l’analyse de l’historien Jean-Marc Berlière, qui affirme que «sur le temps long, il n’y a pas d’augmentation de la délinquance, mais un changement de sensibilité», et que «ce qui était toléré ou considéré comme normal ne l’est plus». Le gouvernement affiche aussi sa volonté de combattre les «séparatismes», objets d’un projet de loi qui sera présenté cet automne, un texte qui aurait notamment pour ambition de lutter contre «le séparatisme islamiste», d’après Le Figaro, qui salue l’initiative et annonce qu’elle pourrait permettre, entre autres, la fermeture de salles de prière ou de pages de réseaux sociaux pour le seul fait de prononcer des prêches «contraires aux valeurs de la République». Un projet accueilli avec circonspection par L’Opinion: «Beaucoup de bruits pour de petites mesures», critique le journal, qui cite la réaction de Ghada Hatem, gynécologue-obstétricienne, fondatrice de la Maison des femmes de Saint-Denis: «La République indivisible, c’est l’école qui marche, l’absence de discriminations, le travail des associations laïques. Pas des mesures anecdotiques pour frapper l’opinion».

A propos d’école, certains enseignants disent craindre, à présent, un impact négatif du port du masque sur l’apprentissage. Perte de repères, voix étouffée, sourire invisible… Sans remettre en cause le port du masque, ces enseignants disent, dans Libération, s’inquiéter pour leurs élèves, mais aussi chercher des solutions, certains attendant désormais avec impatience la mise à disposition de masques transparents. Si le port du masque complique, parfois, le travail des profs, il donne aussi lieu, à des moments loufoques et incongrus, s’agissant de leurs élèves - ce qu’ils ne se privent pas de raconter, d’après le Huffington Post. Comme cet enseignant qui a dû rappeler à un élève que non, «on ne met pas son masque en bandana dans ses cheveux», ou cet autre, qui dit que le masque est devenu «le meilleur allié pour cacher un chewing-gum en classe» et qu’il a le droit à "une bulle" coincée dedans».

Impossible de vous quitter mentionner la victoire des Bleus, hier soir, face à la Croatie. Deux ans après la finale de la Coupe du monde, les footballeurs français ont de nouveau dominé les Croates, 4 à 2. Cette bonne nouvelle fait danser L’Equipe: «Twist again à Saint-Denis», titre ce matin le quotidien sportif.

            

 

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