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Campagne contre Netflix taxé de sexualiser des enfants avec le film "Mignonnes"

La réalisatrice Maïmouna Doucouré, à Paris, le 24 juillet 2020
La réalisatrice Maïmouna Doucouré, à Paris, le 24 juillet 2020 Christophe ARCHAMBAULT AFP
3 mn
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New York (AFP)

Des milliers d'internautes ont appelé jeudi, via les réseaux sociaux, à boycotter Netflix, accusé d'avoir mis en ligne le film français "Mignonnes", qui sexualise, selon eux, les enfants héroïnes de ce long métrage.

Plus de 200.000 tweets ont utilisés le mot-clé #CancelNetflix (supprimer Netflix) jeudi, ce qui en a fait, un temps, le premier "hashtag" mondial sur Twitter.

Une première vague de critiques, en août, avait amené Netflix à retirer un visuel utilisé pour promouvoir le film, intitulé "Cuties" en anglais et qui est sorti en salles mi-août en France, avant d'être mis en ligne aux Etats-Unis mercredi. La plateforme avait aussi présenté ses excuses pour avoir utilisé ce visuel "inapproprié", selon elle.

Si les attaques sont venues de tous types d'internautes jeudi, y compris à gauche, le sujet a incontestablement rassemblé de nombreux conservateurs américains, parmi des membres du parti républicain dont certains sont candidats au Congrès.

"La pornographie juvénile est illégale en Amérique", a tweeté DeAnna Lorraine, qui fut candidate républicaine en Californie pour un siège à la Chambre des représentants.

"En tant que mère d'une fille de 8 ans, je soutiens fermement #CancelNetflix", a renchéri Beatrice Cardenas, elle aussi républicaine de Californie.

Le film, qui a reçu un prix de réalisation au prestigieux festival américain de Sundance, évoque l'histoire d'Amy, Parisienne de 11 ans, qui doit jongler entre les règles strictes de sa famille sénégalaise et la tyrannie de l'apparence et des réseaux sociaux, qui joue à plein chez les enfants de son âge.

Elle intègre un groupe de danse formé par trois autres filles de son quartier, dont les chorégraphies sont parfois suggestives, à l'instar de celles de beaucoup de stars de la pop actuelle.

"L'hypersexualisation de filles (et de garçons) est écoeurante", a tweeté Omar Navarro, autre politicien republicain. "C'est répréhensible sur le plan moral et éthique. Les pédophiles, les violeurs d'enfants et les pervers se régaleraient avec #Cuties."

Sollicité par l'AFP, Netflix n'a pas donné suite dans l'immédiat.

Ils ont été quelques-uns à monter au créneau pour défendre le film jeudi, parmi eux la comédienne américaine Tessa Thompson ("Creed", "Avengers: Endgame"), qui l'a trouvé "magnifique".

"Il permet à une nouvelle voix de s'exprimer", a-t-elle écrit sur Twitter, en référence à la réalisatrice Maïmouna Doucouré, qui "puise dans son expérience". "Le film expose l'hypersexualisation des préadolescentes. Je suis déçue par le discours actuel" qui critique le film, a-t-elle ajouté.

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