Départ du patron du Rio Tinto après le dynamitage d'un site aborigène

La destruction de sites aborigènes en Australie, en mai dernier, par le géant minier Rio Tinto a provoqué la colère des actionnaires.
La destruction de sites aborigènes en Australie, en mai dernier, par le géant minier Rio Tinto a provoqué la colère des actionnaires. AFP - AMY COOPES

Le géant minier anglo-australien Rio Tinto a annoncé, vendredi, le départ de son directeur général, le Français Jean-Sébastien Jacques. Une décision qui fait suite à la colère des actionnaires après le dynamitage de sites aborigènes en Australie en mai dernier.

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C'est pour agrandir une mine de minerai de fer que le groupe anglo-australien Rio Tinto avait détruit à l'explosif la grotte de Juukan Gorge, en Australie occidentale, un des sites de peuplement les plus anciens du pays. "Ce qui s'est passé à Juukan est une faute", a reconnu , vendredi 11 septembre, dans un communiqué, le géant minier Rio Tinto, qui s'est engagé à ce que cela ne se reproduise plus.

Après une enquête du conseil d'administration sur cet incident, son président Simon Thompson a annoncé l'éviction "d'un commun accord", du Français Jean-Sébastien Jacques, du chef de la division "Minerai de fer" Chris Salisbury et de la cheffe de la communication Simone Niven.

Émoi en Australie

La destruction du site patrimonial, le 24 mai, a provoqué un vif émoi en Australie, provoquant la colère des actionnaires du groupe minier anglo-australien. "Nous avons écouté les préoccupations de nos actionnaires selon lesquels un manque de responsabilité individuelle compromet la capacité du Groupe à reconstruire cette confiance et à aller de l'avant pour mettre en œuvre les changements ciblés par le Conseil d'Administration", a expliqué son président Simon Thompson.

Jean-Sébastian Jacques restera dans ses fonctions jusqu'à ce qu'un successeur soit nommé ou jusqu'au 31 mars, et les deux autres dirigeants quitteront l'entreprise dès le 31 décembre, a-t-il également précisé.

Les trois dirigeants avaient déjà dû renoncer fin août à des bonus, s'élevant notamment pour Jean-Sébastien Jacques à 3 millions d'euros.

"Le dynamitage n'est pas le résultat d'une seule erreur"

L'enquête interne a montré que Rio Tinto avait bien obtenu les autorisations légales pour détruire le site mais que, ce faisant, le groupe n'avait pas respecté ses propres standards. Elle a estimé que ce dynamitage n'était "pas le résultat d'une seule cause ou d'une seule erreur", mais "le résultat d'une série de décisions, d'actions et d'omissions sur une longue période".

Rio Tinto avait initialement défendu la destruction du site en affirmant qu'elle avait été approuvée par le gouvernement de l'État en 2013.

Mais l'émoi créé au sein des responsables aborigènes, qui avaient dit avoir été informés de cette destruction trop tard pour l'en empêcher, avait poussé le groupe à présenter ses excuses.

Outil en os le plus ancien en Australie

L'importance culturelle du site avait été établie par des fouilles réalisées un an après que Rio Tinto eut obtenu l'autorisation de le détruire. Ces fouilles avaient permis de découvrir l'outil en os le plus ancien découvert à ce jour en Australie, réalisé il y a 28 000 ans avec un os de kangourou. Des analyses ADN avaient établi un lien entre le peuplement du site et des personnes habitant toujours dans la zone.

L'État d'Australie occidentale est en train de réexaminer les lois régissant les activités minières près des sites du patrimoine aborigène.

Avec AFP

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