Israël-Bahreïn : des contacts discrets à la normalisation des relations, les étapes clés

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à Jérusalem, le 13 août 2020, et le roi de Bahreïn Hamad Ben Issa al-Khalifa (à droite) dans la capitale saoudienne Riyad, le 21 mai 2017.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à Jérusalem, le 13 août 2020, et le roi de Bahreïn Hamad Ben Issa al-Khalifa (à droite) dans la capitale saoudienne Riyad, le 21 mai 2017. © Abir Sultan, Mandel Ngan, AFP

Les contacts entre Bahreïn et Israël, discrets depuis les années 1990, se sont intensifiés ces dernières années jusqu'à un accord historique de normalisation des relations entre les deux pays annoncé vendredi.

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Après avoir annoncé la normalisation de ses relations avec Israël, vendredi 11 septembre, Bahreïn devient le deuxième pays du Golfe à annoncer un accord de ce type, moins d'un mois après celui entre l'État hébreu et les Émirats arabes unis.

Comme la plupart des pays du Golfe, Bahreïn partage avec Israël une hostilité à l'égard de l'Iran, accusé par Manama d'instrumentaliser la communauté chiite de Bahreïn contre la dynastie sunnite au pouvoir.     

Après des années de contacts discrets, le prince héritier bahreïni Salmane ben Hamad Al-Khalifa a débuté une diplomatie officielle en discutant avec des responsables israéliens, lors des sommets du Forum économique mondial en 2000 et 2003.

Les ministres des Affaires étrangères des deux pays se sont rencontrés en 2007. Deux ans plus tard, le président israélien Shimon Peres et le roi de Bahreïn ont également discuté à New-York, en marge d'une conférence de l'ONU. La même année, une délégation d'officiels bahreïnis s'est rendue en Israël lors d'un voyage inédit pour récupérer des ressortissants détenus par l'État hébreu.

Le parlement bahreïni, ignorant les objections du gouvernement, avait légiféré en octobre 2009 pour interdire tout contact avec Israël. La loi devait être approuvée par un conseil consultatif nommé par le roi, qui l'a rejetée. 

Soutien du droit d'Israël à "se défendre"

Les printemps arabes de 2011 ont ralenti les efforts de normalisation entre les deux pays, la monarchie faisant face à d'importantes manifestations menées par la communauté chiite pour réclamer des réformes.

En septembre 2016, le ministre des Affaires étrangères bahreïni a rendu hommage à Shimon Peres au moment de la mort du leader israélien.

>> À lire sur France 24.com, notre décryptage : Normalisation des relations avec Israël : "L'Arabie saoudite est de mèche avec Abu Dhabi"

En 2017, une délégation israélienne a été autorisée à participer au congrès de la Fédération internationale de football (FIFA) à Manama. La même année, un groupe interconfessionnel bahreïni a annoncé avoir envoyé une délégation en Israël pour promouvoir "la tolérance et la coexistence".

En mai 2018, le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn a soutenu le droit d'Israël à "se défendre" après que l'armée israélienne avait affirmé avoir visé des dizaines de cibles militaires iraniennes en Syrie, en guerre, où Téhéran soutient le régime.    

Premier pays du Golfe à saluer l'accord Israël-Émirats arabes unis

En juin 2019, un atelier économique organisé par les États-Unis à Bahreïn a ouvert la porte à un rapprochement entre Israël et les pays du Golfe. Dans une interview inédite par un journaliste israélien, le ministre des Affaires étrangères bahreïni avait affirmé qu'Israël faisait partie de l'héritage régional.

Un mois plus tard, le chef de la diplomatie israélienne a annoncé avoir rencontré son homologue bahreïni lors d'une visite à Washington.

En octobre 2019, des représentants de plus de 60 pays, dont Israël, se sont retrouvés à Bahreïn pour discuter de sécurité maritime.

Bahreïn a été le premier pays du Golfe à saluer l'accord "historique" de normalisation des relations entre Israël et les Émirats arabes unis, annoncé le 13 août.

Le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa avait toutefois affirmé au secrétaire d'État américain en visite dans le royaume qu'il restait engagé à l'initiative de paix arabe, qui exige un retrait total d'Israël des territoires palestiniens occupés depuis 1967.

Manama a quand même accepté que les avions entre Israël et les Émirats survolent son royaume.

Avec AFP

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