La Grèce promet qu'un nouveau camp de migrants à Lesbos sera bientôt prêt

Des migrants jouant au volleyball dans le camp de réfugiés de Moria, sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 12 septembre 2020, quelques jours après l'incendie qui a ravagé le camp.
Des migrants jouant au volleyball dans le camp de réfugiés de Moria, sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 12 septembre 2020, quelques jours après l'incendie qui a ravagé le camp. © Louisa Gouliamaki, AFP

Les autorités grecques ont assuré dimanche qu'un nouveau camp, destiné à accueillir des demandeurs d'asile à la rue après la destruction par un incendie de l'immense camp de Moria, serait prêt "dans cinq jours". 

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Depuis que le camp de Moria est parti en fumée, les demandeurs d'asile sont à la rue. Face aux manifestations, le gouvernement grec a décidé d'accélérer la reconstruction et promis, dimanche 13 septembre, qu'un nouveau camp sera sur pied dans les cinq prochains jours, à savoir, le 18 septembre. 

"Dans cinq jours, l'opération sera achevée. Tout le monde sera installé dans le nouveau camp", a assuré le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachi, en visite à Lesbos depuis deux jours pour coordonner les travaux. Comme l'ancien camp, le nouveau devrait accueillir 12 000 places. 

Les autorités ont indiqué qu'elles imposeraient des restrictions aux sorties des migrants de ce camp, en raison de la pandémie de Covid-19. Notis Mitarachi a estimé que "200 personnes" parmi les demandeurs d'asile pourraient être contaminées du nouveau coronavirus. Il a néanmoins souligné que le camp ne serait fermé que "douze heures" et que les migrants pourraient sortir le reste de la journée.

État d'urgence à Lesbos 

Depuis les incendies de mardi et de mercredi ayant détruit le centre d'enregistrement et d'identification de Moria, sans faire de victimes, l'état d'urgence a été déclaré à Lesbos. Des milliers de familles dorment sur le bitume, sur les trottoirs ou dans les champs. 

Le camp de Moria a été mis en place en 2015 pour limiter le nombre de migrants venant de la Turquie voisine à destination de l'Europe. Plus de 12 000 personnes y résidaient dont 4 000 enfants.

Ces dernières années, le manque d'hygiène et le surpeuplement du camp de Moria ont été critiqués par les ONG de défense des droits des réfugiés, qui appellent régulièrement les autorités grecques à transférer les demandeurs d'asile les plus vulnérables vers le continent.

La peur "d'une prison" 

La construction d'un nouveau camp laisse néanmoins les migrants sceptiques. Des centaines de demandeurs d'asile refusent d'être enregistrés et d'y entrer, disant leur ras-le-bol, après avoir attendu dans celui de Moria durant des mois, pour certains des années, d'être transférés dans des structures en Grèce continentale.

Samedi et dimanche, des demandeurs d'asile ont manifesté brandissant des pancartes clamant "Liberté !" ou "Nous voulons quitter Moria". Des manifestants ont jeté des pierres sur les policiers qui ont répliqué par du gaz lacrymogène.

De nombreux migrants ont également peur d'être de nouveau confinés à cause de l'épidémie de coronavirus et aucun ne veut revivre ce qu'ils ont vécu à Moria : manque d'hygiène, violence et bagarres quasi-quotidiennes entre différents groupes ethniques.

Les camps de migrants à travers la Grèce, dont celui de Moria, sont confinés depuis la mi-mars à cause du Covid-19. De nombreuses ONG et le Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) ont jugé les mesures de confinement dans les camps "discriminatoires" et "excessives", que le gouvernement grec a déconfiné le pays début mai.

Avec AFP

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