Accéder au contenu principal

La Russie organise des élections régionales en pleine affaire Navalny

Affiche de campagne de Sergei Boiko, candidat de l'opposition et soutien d'Alexeï Navalny, pour les élections régionales à Novosibirsk, troisième ville de Russie, le 9 septembre 2020.
Affiche de campagne de Sergei Boiko, candidat de l'opposition et soutien d'Alexeï Navalny, pour les élections régionales à Novosibirsk, troisième ville de Russie, le 9 septembre 2020. © Alexander Nemenov, AFP
|
Vidéo par : Bilal TARABEY
10 mn

Les Russes se rendent aux urnes ce dimanche pour des élections régionales en pleine affaire d'empoisonnement de l'opposant Alexeï Navalny. Ses partisans appellent à un "vote intelligent" pour faire chuter les candidats du pouvoir.

Publicité

Les Russes votent, le 13 septembre, pour le troisième et dernier jour, dans 41 régions du pays. Les électeurs sont appelés à élire leurs gouverneurs, leurs assemblées régionales ou municipales, ainsi que quatre députés du Parlement national. 

Habituellement, il n'y a pas de grands enjeux. Mais cette année, les élections ont lieu sur fond d'affaire d'empoisonnement de l'opposant numéro 1, Alexeï Navalny, et dans un contexte plus général de défiance à l'égard du pouvoir. 

"Les élus ne vont pas avoir beaucoup de pouvoir. Le véritable enjeu est national, car ce scrutin a lieu dans un contexte de défiance et ce sont les dernières élections avant les législatives de septembre [2021] : c'est l'occasion pour le pouvoir et l'opposition de jauger de leur force", analyse Léo Vidal Giraud, correspondant de France 24 à Moscou.

Un test important pour le parti de Vladimir Poutine, mis en difficulté dernièrement. Dans un contexte économique et social difficile, bercé par des accusations de corruption, la popularité de Russie Unie s'érode avec seulement 30 % d'opinions favorables, selon les derniers sondages.

Les élections locales russes dans un "contexte de défiance" à l'égard du pouvoir
03:32

"Vote pour changer le système"

La campagne a ainsi été dynamisée par la présence d'opposants, notamment à Novossibirsk (Sibérie), la troisième ville du pays. Une alliance inédite d'une trentaine de candidats indépendants y défie Russie Unie. La campagne y a été particulièrement active, avec de grands panneaux publicitaires affichant les slogans "Dis-leur 'Non' !" et "Vote pour changer le système". 

Sergueï Boïko, candidat de 37 ans bien connu qui a uni l'opposition, se targue d'avoir réussi à "perturber les plans" de Russie Unie et du Parti communiste, qui avaient déjà "divisé les quartiers de la ville entre eux, espérant une campagne facile".

Désormais, les candidats pro-Kremlin à Novossibirsk "doivent faire campagne activement, rencontrer les électeurs tous les jours, dépenser énormément d'argent", se félicite-t-il.

"Vote intelligent"

Les élections régionales sont aussi une occasion pour l'opposition de mettre une nouvelle fois à l'épreuve sa tactique de "vote intelligent", qui consiste à appeler à voter pour le candidat le mieux placé pour faire perdre celui du pouvoir. Cette tactique avait déjà fait ses preuves l'été dernier à Moscou, lors d'élections municipales à l'issue desquelles Russie Unie a perdu de nombreux sièges.

"Cette technique est la botte secrète de l'opposition", explique Léo Vidal Giraud. 'Il s'agit de participer à tous les scrutins, même les plus insignifiants, de désigner un candidat – même fantoche – qui ne soit pas de Russie Unie, et d'inviter l'opposition à voter pour lui massivement", précise le journaliste. "Cela permet de faire venir du pluralisme de la base de façon à injecter de l'oxygène dans le système", analyse-t-il.

Cette  technique a été élaborée par Alexeï Navalny, le principal adversaire du Kremlin dont le spectre plane sur la campagne. Tombé gravement malade en août, alors qu'il menait une tournée en Sibérie pour soutenir les candidats d'opposition et enquêter sur la corruption des élites locales, il est actuellement hospitalisé à Berlin. Selon ses médecins allemands, il a été empoisonné en Russie.

Dispersion des votes 

Les soutiens de l'opposition ont fait l'objet d'attaques, de pressions et de menaces tout au long de la campagne. Tandis que le pouvoir est soupçonné d'avoir encouragé la dispersion des votes, à son avantage. 

Hormis Russie Unie et les traditionnels Parti communiste et LDPR (nationalistes), le scrutin compte également des candidats de quatre nouvelles formations soupçonnées d'avoir été encouragées par le pouvoir pour diviser l'électorat et donner un vernis pluraliste aux scrutins.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.