5G: Ruffin (LFI) réclame un référendum, Faure (PS) un "vrai débat"

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Paris (AFP)

Le député LFI François Ruffin a réclamé mardi un référendum sur le déploiement de la 5G et le premier secrétaire du PS Olivier Faure un "vrai débat" sur ce sujet qui fait polémique.

"Oui, la France va prendre le tournant de la 5G", a lancé lundi Emmanuel Macron devant des entreprises du numérique, en ironisant sur ceux qui préfèreraient "le modèle Amish" et le "retour à la lampe à huile", au lendemain de la demande de moratoire de 70 élus de gauche et écologistes.

L'attribution des fréquences pour cette technologie mobile doit débuter fin septembre en France.

"Je ne crois pas qu'on ait aujourd'hui l'obligation de chercher à moquer celles et ceux qui posent des questions", a répliqué mardi Olivier Faure au chef de l'Etat sur Public Sénat. "Le progrès technologique n'est pas toujours un progrès pour l'Homme", a-t-il ajouté, en souhaitant "un vrai débat" à l'issue duquel "on fait des choix".

François Ruffin souhaite "un référendum sur la 5G". "En 2005, le référendum sur le traité européen a été un grand moment de démocratie et de culture politique, ça peut l'être de nouveau", défend le député de la Somme dans un entretien à L'Obs.

"L'autre option serait de refaire une Convention citoyenne dédiée au dossier 5G", ajoute-t-il, en faisant le constat "qu'aujourd'hui, tout est fait pour qu'il n'y ait pas de débat démocratique là-dessus. Alors même que la technologie ne va plus de soi".

"Je ne tranche pas sur le fond du dossier 5G. Je me positionne pour un contrôle démocratique de l’usage des technologies. Je ne souhaite apporter aucune réponse définitive mais plutôt poser des points d'interrogation sur l'environnement, la santé, les usages possibles", précise encore l'ancien journaliste.

Il rappelle aussi que le président de la République avait "tacitement" validé fin juin l'ensemble des 149 propositions de la Convention citoyenne pour le climat, à l'exception de trois d'entre elles qu'il avait listées, sans citer la 5G.

Le rapport final des 150 citoyens tirés au sort proposait notamment d'"accompagner l'évolution du numérique pour réduire ses impacts environnementaux", et demandait l'instauration "d'un moratoire sur la mise en place de la 5G en attendant les résultats de l'évaluation de la 5G sur la santé et le climat".

Mais la secrétaire d'Etat à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, avait ensuite annoncé que les enchères pour attribuer les premières fréquences, prévues en septembre, seraient bien lancées, fermant ainsi la porte à la demande de moratoire de la Convention.