Israël, Émirats arabes unis et Bahreïn ont signé des accords historiques sous l'égide de Trump

Le président Donald Trump, à côté du ministre des Affaires étrangères de Bahreïn Khaled ben Ahmed Al Khalifa, du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et du ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah ben Zayed al-Nahyan, lors de la cérémonie de signature des accords d'Abraham à la Maison Blanche, mardi 15 septembre 2020, à Washington.
Le président Donald Trump, à côté du ministre des Affaires étrangères de Bahreïn Khaled ben Ahmed Al Khalifa, du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et du ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah ben Zayed al-Nahyan, lors de la cérémonie de signature des accords d'Abraham à la Maison Blanche, mardi 15 septembre 2020, à Washington. © Alex Brandon, AP

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a signé mardi des accords historiques avec les Émirats arabes unis et Bahreïn, qui reconnaissent désormais l'État hébreu, sous l'égide du président américain Donald Trump, à la Maison Blanche. Le président américain a évoqué l'avènement d'un "nouveau Moyen-Orient".

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Après l'annonce, la signature. Le 13 août, Israël et les Émirats ont annoncé avoir conclu, sous l'égide des États-Unis, un accord historique qui fait de la monarchie pétrolière du Golfe le troisième pays arabe à reconnaître l'État hébreu, après l'Égypte et la Jordanie. Bahreïn a décidé la semaine dernière d'en faire autant. Mardi 15 septembre, les Émirats et Bahreïn ont donc signé les accords de normalisation avec Israël lors d'une cérémonie à la Maison Blanche. Cette cérémonie, présidée par Donald Trump, s'est déroulée en présence de plusieurs centaines de personnes sur les pelouses de la Maison Blanche.

"Quand je suis arrivé, on m'avait dit que ce serait impossible", s'est félicité mardi matin le président américain, assurant que "beaucoup d'autres" pays arabes suivraient cet exemple, ainsi que les Palestiniens. "Nous sommes très avancés avec environ cinq pays, cinq pays supplémentaires", a ajouté Donald Trump dans le Bureau ovale en compagnie du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

"Nous sommes ici cet après-midi pour changer le cours de l'histoire", a-t-il lancé ensuite du balcon de la Maison Blanche, avant de saluer "une avancée majeure dans laquelle des personnes de toutes confessions et origines vivent ensemble dans la paix et la prospérité". Les trois signataires, a-t-il ajouté, "vont coopérer. Ils sont amis".

Ces "accords Abraham" constituent un succès diplomatique majeur pour Donald Trump, qui pourra s'en targuer lors de l'élection présidentielle du 3 novembre aux États-Unis et faire ainsi un peu oublier les annonces spectaculaires qui ont marqué son mandat sans se concrétiser, à commencer par la Corée du Nord où ses trois rencontres ultramédiatisées avec Kim Jong-un n'ont pour l'heure rien donné.

Une poignée de main 

Les Émirats arabes unis ont, eux, défendu mardi leur décision de nouer des relations officielles avec Israël. "J'espère que l'accord fera baisser la tension et favorisera le dialogue" dans la région, a déclaré, mardi, le ministre d'État des Émirats aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, lors d'une conférence de presse virtuelle, affirmant que cette entente n'était "dirigée contre personne".

Les Émirats et Bahreïn, des monarchies sunnites, partagent avec Israël une animosité envers l'Iran chiite, ennemi numéro un de Washington dans la région.

La double percée diplomatique rompt avec des décennies durant lesquelles il était inconcevable pour un pays arabe de reconnaître Israël sans un règlement de la question palestinienne. Seules l'Égypte en 1979 et la Jordanie en 1994 avaient brisé ce tabou. L'Autorité palestinienne a condamné la décision des Émirats et de Bahreïn, mais n'est pas parvenue à convaincre la Ligue arabe de faire de même.

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"Un coup de poignard"

Dans le même temps, des centaines de manifestants brandissant des drapeaux palestiniens protestaient en Cisjordanie occupée, à Naplouse et Hébron, et dans la bande de Gaza contre ces accords, qualifiés par les Palestiniens de "trahison" à leur cause.

"C'est un coup de poignard dans le dos des Palestiniens", assure à l'AFP Zeina Hutchison, responsable d'une coalition d'associations pro-Palestiniens à l'origine de la mobilisation.  "Ce qu'ils appellent un 'accord de paix' cautionne l'occupation et l'apartheid", "ce n'est pas nouveau mais maintenant c'est au grand jour, ils investissent dans la colonisation", lance cette militante de 39 ans, née dans les Territoires palestiniens, qui réside désormais en Virginie.  

"Je pense que Donald Trump est en train de détruire le Moyen-Orient", affirme Mark Zayyad, qui porte dans chaque main un panneau où figure une image de la bande de Gaza bombardée sous l'œil des Émirats et d'Israël.  "Cette paix est mauvaise. Ils offrent notre pays" à Israël "sans notre consentement", ajoute ce New-Yorkais de 54 ans, qui s'est déplacé à Washington pour manifester.

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Avec AFP et Reuters

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