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Verdict attendu dans le procès en appel du journaliste algérien Khaled Drareni

Rassemblement le 31 août 2020 à Alger pour demander la libération du journaliste Khaled Drareni.
Rassemblement le 31 août 2020 à Alger pour demander la libération du journaliste Khaled Drareni. © Ryad Kramdi, AFP
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C'est le jour J pour Khaled Drareni. Condamné en première instance à trois ans de prison, une peine qui a choqué la communauté internationale, le journaliste algérien doit connaître mardi matin le verdict de son procès en appel.

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Il est devenu un symbole du combat pour la liberté de la presse. Incarcéré depuis le 29 mars, le journaliste algérien Khaled Drareni saura mardi 15 septembre s'il sort de prison ou non. Le verdict de son procès en appel est attendu dans le courant de la matinée à la cour d'Alger.

Khaled Drareni a été condamné le 10 août dernier à trois ans d'emprisonnement pour "incitation à attroupement non armé" et "atteinte à l'unité nationale". La sentence, d'une sévérité inédite, a surpris et indigné ses confrères.

Quatre ans requis en appel

Lors du procès en appel, il y a une semaine, le procureur a requis - comme en première instance - quatre années de prison ferme contre le fondateur du site d'information en ligne Casbah Tribune, qui est également le correspondant en Algérie pour la chaîne de télévision française TV5 Monde et pour l'ONG Reporters sans frontières (RSF).

Le journaliste, âgé de 40 ans, a été arrêté après avoir couvert le 7 mars à Alger une manifestation d'étudiants. Il est aussi accusé d'avoir critiqué sur Facebook "la corruption et l'argent" du système politique et d'avoir publié le communiqué d'une coalition de partis politiques en faveur d'une grève générale, selon RSF. Le ministre de la Communication Ammar Belhimer, porte-parole du gouvernement, lui reproche en outre d'avoir travaillé sans jamais avoir eu de carte de presse professionnelle. 

Khaled Drareni a été jugé en compagnie de Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, deux figures du "Hirak", le soulèvement populaire qui a secoué l'Algérie pendant plus d'un an jusqu'à sa suspension à la mi-mars en raison de la crise sanitaire.

Sous le coup des mêmes chefs d'accusation, ces deux derniers ont bénéficié le 2 juillet d'une remise en liberté provisoire, alors que Khaled Drareni a été maintenu en prison. Le procureur a également requis quatre ans de prison ferme contre eux.

"Je n'ai fait que mon métier"

Pendant le procès en appel, au cours duquel il est apparu amaigri, le journaliste a catégoriquement rejeté les accusations portées contre lui.  "Je suis un journaliste et non un criminel. Je n'ai fait que mon métier", a-t-il plaidé.

Dans un communiqué, RSF a dénoncé lundi "les pressions et les tentatives de corruption" dont ce journaliste expérimenté a été la cible". Khaled Drareni est soutenu par une campagne de solidarité tous azimuts, d'Alger à New York en passant par Paris et Genève. Les comités de soutien au journaliste, en Algérie et à l'étranger ont réclamé sa libération "immédiate et "inconditionnelle" en raison de son état de santé "particulièrement préoccupant", selon RSF.

L'Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF. Elle a perdu cinq places par rapport à 2019 (141e) et 27 par rapport à 2015 (119e).

Avec AFP

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