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Crise du 737 MAX: le Congrès blâme vertement Boeing et le régulateur

Un Boeing 737 MAX en phase d'atterrissage lors d'un vol d'essai le 29 juin 2020 à Seattle
Un Boeing 737 MAX en phase d'atterrissage lors d'un vol d'essai le 29 juin 2020 à Seattle Jason Redmond AFP/Archives
4 mn
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New York (AFP)

Les accidents mortels du 737 MAX représentent "l'horrible aboutissement" d'une série de défauts d'ingénierie, de mauvaise gestion de la part de Boeing et d'un manque de supervision de la part du régulateur de l'aviation (FAA), a conclu mercredi une commission des Transports du Congrès américain.

Dans un rapport final de 239 pages sur les crashs de Lion Air en octobre 2018 et de Ethiopan Airlines en mars 2019, fruit de 18 mois d'enquête, de plus d'une vingtaine d'auditions et de l'examen de 600.000 pages de documents, il est reproché au constructeur "la répétition inquiétante de mauvaises évaluations techniques et d'erreurs de jugement troublantes de la part de la direction".

La FAA y est vilipendée pour ses "nombreuses lacunes en termes de supervision et de responsabilité".

Ecrit par les démocrates de la commission des Transports de la Chambre des représentants, le rapport "contient des révélations troublantes sur la façon dont Boeing - sous pression pour concurrencer Airbus et réaliser des bénéfices pour Wall Street - a échappé à l'examen de la FAA, a caché des informations critiques aux pilotes et a finalement mis en service des avions qui ont tué 346 personnes innocentes", a commenté son président, Peter DeFazio, dans un communiqué.

Le document apporte "au Congrès une feuille de route sur les mesures que nous devons prendre pour renforcer la sécurité aérienne et la transparence réglementaire, accroître la surveillance fédérale et améliorer la responsabilité des entreprises afin de garantir que l'histoire du Boeing 737 MAX ne se répète jamais", a-t-il ajouté.

Le constructeur "a sérieusement besoin de modifier son approche à la sécurité", estime en conclusion le rapport. Mais "l'enquête de la commission n'est pas parvenue à déterminer si Boeing souhaite vraiment admettre ses erreurs et en tirer des leçons".

- Rétablir la confiance -

Le groupe affirme avoir pour sa part "travaillé d'arrache-pied pour renforcer (sa) culture de la sécurité et rétablir la confiance avec (ses) clients, les régulateurs et le public".

Le rapport met en avant cinq thèmes, à commencer par la forte pression financière mise sur Boeing et le programme du 737 MAX pour faire vite, afin de mieux concurrencer l'Airbus A320 Neo. Cette pression a poussé Boeing a réduire les dépenses et à maintenir coûte que coûte le calendrier de production.

Le document blâme également les hypothèses faites par Boeing sur des technologies essentielles de l'appareil, dont le logiciel antidécrochage MCAS mis en cause dans les deux accidents, ainsi que sur les réactions des pilotes alors même que la plupart d'entre eux n'étaient pas au courant de l'existence de ce logiciel.

"La culture de dissimulation" qui prévaut chez le constructeur et l'a empêché de partager des informations cruciales avec les autorités, ses clients et les pilotes du 737 MAX, est aussi pointée du doigt.

Les auteurs du rapport mettent également en avant la façon dont le régulateur supervise Boeing: dans la mesure où des employés de l'entreprise effectuent certaines tâches au nom de la FAA, cela crée, à leurs yeux, des "conflits d'intérêt inhérents".

Ils déplorent enfin l'influence trop importante de Boeing sur la FAA, qui, à plusieurs reprises, a poussé les responsables de l'autorité à rejeter les conclusions de ses propres techniciens à la demande du constructeur.

Le régulateur a affirmé mercredi dans un communiqué avoir déjà commencé à se transformer et être prêt à travailler avec la commission pour mettre en oeuvre les changements recommandés.

"Ces initiatives visent à faire progresser la sécurité aérienne en améliorant notre organisation, nos processus et notre culture", a souligné la FAA.

Ce rapport parlementaire est publié alors que le 737 MAX s'est récemment rapproché d'un retour dans le ciel avec une série de vols de certification aux Etats-Unis et au Canada.

Plusieurs représentants d'autorités mondiales de l'aviation sont actuellement réunis à Londres pour discuter de la formation des futurs pilotes de l'appareil, un élément critique.

"Une fois que la FAA et les autres régulateurs auront déterminé que le MAX peut être remis en service en toute sécurité, il sera l'un des appareils les plus minutieusement contrôlés de l'histoire et nous avons pleinement confiance en sa sécurité", a souligné mercredi Boeing.

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