Bridgestone: Ruffin accuse les gouvernements successifs de "trahison" et de "complicité"

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Paris (AFP)

Le député LFI François Ruffin a accusé jeudi les gouvernements successifs d'avoir "trahi" et d'être les "complices" de multinationales comme le groupe japonais de pneumatiques Bridgestone qui a annoncé la prochaine fermeture de son usine de Béthune (Pas-de-Calais).

"Ca fait trente ans que ça dure, qu'on entend les mêmes pleurnicheurs", a ajouté M. Ruffin sur BFMTV et RMC, faisant référence aux réactions outrées du gouvernement à cette annonce encore qualifiée de "révoltante" jeudi par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

"Moi je considère que les traîtres, les cyniques, les menteurs, c'est le gouvernement. Ce sont les anciens ministres, les ministres qui ont ces propos-là (...) ces gens-là sont les complices des multinationales", a-t-il souligné.

"On sait très bien que ces multinationales, ce sont des fauves. S'ils ont la possibilité d'aller chercher un coût du travail qui est plus bas en Pologne (...) ou en Chine, elles le feront. Donc maintenant, face aux fauves, il y a deux solutions: ce n'est pas de faire la morale, on ne fait pas la morale à un fauve. Par contre on lui met une cage, c'est-à-dire on nous protège", a-t-il insisté, en citant comme mesures "des quotas d'importation, des taxes aux frontières, des barrières douanières et des taxes kilométriques".

L'annonce mercredi de Bridgestone de fermer à l'horizon 2021 son usine de Béthune employant 863 personnes a continué jeudi à susciter de nombreuses réactions politiques, dont celle aussi du secrétaire national du PCF et natif de Béthune Fabien Roussel.

"Ils ont touché des milliers d'euros de l'argent public", s'est ému le député du Nord sur France 2, estimant qu'il faudrait "200 millions d'euros" pour empêcher la fermeture du site. "L'Etat peut dire dans le cadre du plan de relance +nous allons vous accompagner et nous allons les mettre ensemble ces 200 millions d'euros" a-t-il ajouté.

La France Insoumise juge aussi que "l'Etat doit exiger le remboursement des aides publiques" à Bridgestone.

A droite, Valérie Pécresse, la présidente ex-LR de la région Ile-de-France, a également réclamé jeudi qu'on aille "récupérer les subventions" accordées à "des entreprises qui seraient vraiment des entreprises voyous".

"Il faut que l'Etat les attaque et qu'on ait des mesures de rétorsion très fortes. Les entreprises ont aussi un devoir moral dans cette crise et on ne peut pas plonger des milliers de personnes dans la détresse sans faire vraiment l'effort de réindustrialiser la zone", a-t-elle déclaré sur franceinfo.