Le Tour de France, meilleur stage pour le Mondial ?

La Roche-sur-Foron (France) (AFP) –

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Une dernière semaine de Tour de France, les yeux tournés vers Imola: les favoris des Mondiaux de cyclisme, presque tous présents sur la Grande boucle, peaufinent leur préparation à une dizaine de jours de l'échéance en Italie.

Julian Alaphilippe, Wout van Aert, Marc Hirschi ou encore Maximilian Schachmann… Les prétendants logiques au maillot arc-en-ciel se trouvent dans une situation inédite: ils disputent le Tour à moins de deux semaines du championnat du monde quand d'ordinaire deux mois séparent ces deux rendez-vous.

Est-ce un désavantage par rapport à ceux qui ont fait l'impasse sur le Tour comme le Danois Jakob Fuglsang ? Tout dépend de la façon dont le leader a couru la Grande boucle, juge Rudy Molard, présélectionné avec les Bleus pour épauler Julian Alaphilippe.

- Fatigue du classement général -

"La fatigue physique et mentale du classement général peuvent peser, l'état de fraîcheur en sortie de Tour comptera. Mais Julian n'a pas joué le général", rappelle à l'AFP le grimpeur de Groupama-FDJ.

"Il sait gérer son approche, le Mondial est un gros objectif pour lui. Il a fait beaucoup d'efforts mais a aussi fini de temps en temps dans le gruppetto".

Ce fut le cas jeudi, après s'être lancé dans des échappées ces deux derniers jours. "J'ai essayé mais c'était trop difficile", a confié Alaphilippe.

Le quintuple vainqueur d'étape sur le Tour l'avait annoncé, il ne veut "pas finir trop fatigué", lui qui a bouclé le Tour 2019 et ses 14 jours d'épopée en jaune, littéralement essoré.

Tout le contraire de Wout van Aert qui a confié être "complètement foutu" à l'arrivée à La Roche-sur-Foron.

Celui qui imprime la haute cadence du train Jumbo sur la moitié des montées finales a dû faire des heures supplémentaires jeudi. "L'équipe m'a dit que je devais encore sprinter pour obtenir les quelques secondes de bonifications (et priver Tadej Pogacar de celles-ci)", a expliqué van Aert qui, malgré sa débauche d'énergie, ne fait pas une croix sur le Mondial.

Son compatriote Oliver Naesen, sélectionné pour l'épauler, ne voit pas ces efforts intenses et répétés comme un obstacle dans la quête du maillot irisé.

"Tout le monde est à fond tous les jours, estime le coureur d'AG2R. Ce n'est pas parce qu'il est devant qu'il donne plus que les autres. Il est aussi à fond que moi, même s'il y a 15 minutes de différence entre nous tous les jours".

- "Trois derniers jours light" -

Et à moins qu'il ne décide d'arracher une troisième étape, une fin de Tour plus tranquille l'attend, lui comme ses futurs rivaux à Imola.

"On a la chance d'avoir un chrono samedi, ça fait déjà une étape de moins, analyse Rudy Molard. Celle de vendredi est moins difficile aussi et on finit aux Champs-Elysées. On va dire que les trois derniers jours du Tour sont un peu plus light".

Une bonne nouvelle pour le Suisse Marc Hirschi, encore à l'attaque jeudi. Le vainqueur d'étape à Sarran estime "difficile de dire" s'il sera en forme pour le Mondial.

"C'est mon premier grand tour, rappelle le Bernois. Il faut que je vois comment mon corps réagit".

Michal Kwiatkowski, qui en compte dix au compteur, ne voit pas la proximité du Mondial avec le Tour comme un problème.

"Je vais en sortir avec une bonne condition", s'est réjoui le champion du monde 2014. "Et d'ailleurs j'ai déjà remporté dans la foulée la Clasica San Sebastian en 2016".

Le Mondial occupe cette année une place similaire à la classique espagnole dans le calendrier remodelé: le week-end suivant l'arrivée du Tour à Paris.

Sur les dix dernières éditions de la Clasica San Sebastian, une seule a échappé à un coureur qui sortait de la Grande boucle.

"Les hommes forts du Mondial sortiront du Tour, affirme Rudy Molard, qui leur accorde un avantage physique "dans la dernière heure de course".

"Ils ne vont pas être bien au début mais un championnat du monde, ça se gagne dans la dernière heure".