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En Israël, des centaines de manifestants contre le reconfinement général

Une manifestante déguisée en clown pose à côté d'une tête géante de Benjamin Netanyahu, le 17 septembre 2020, lors d'une manifestation contre le reconfinement à Tel Aviv, en Israël.
Une manifestante déguisée en clown pose à côté d'une tête géante de Benjamin Netanyahu, le 17 septembre 2020, lors d'une manifestation contre le reconfinement à Tel Aviv, en Israël. © Jack Guez, AFP
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Plusieurs centaines de personnes ont manifesté, jeudi soir, à Tel Aviv pour protester contre le nouveau confinement de trois semaines imposé par Benjamin Netanyahu pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

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Une manifestation en Israël contre le nouveau confinement général qui entre en vigueur dans le pays vendredi pour trois semaines a rassemblé, jeudi 17 septembre, environ 400 personnes à Tel Aviv.

"Quand Netanyahu a annoncé le reconfinement, j'ai pensé me tuer !", lance Yaël, une Israélienne venue manifester jeudi soir à Tel-Aviv contre le nouveau confinement imposé pour faire face à une résurgence de la pandémie de nouveau coronavirus. "L'économie chute, les gens perdent leur emploi, sont déprimés. Et pour quoi ? Pour rien", souffle-t-elle.

Vendredi à 14h (11h GMT), l'État hébreu basculera en "seger clali", un "confinement généralisé" de trois semaines qui coïncide avec le début des fêtes juives – Rosh Hashana (nouvel an), Yom Kippour (jour du pardon) et Sukkout (fêtes des cabanes) – qui s'étirent jusqu'au 11 octobre.

>> À lire : Covid-19 : face à une seconde vague, Israël annonce un reconfinement de trois semaines

Pour Yaël, 60 ans, employée de bureau dans un cabinet d'architecte qui a justement perdu son poste en raison de la crise, le rebouclage de l'économie israélienne annoncé dimanche soir par le Premier ministre Benjamin Netanyahu n'augure rien de bon.

Les Israéliens avaient en général accepté sans rechigner le premier confinement en mars-avril, qui avait coïncidé avec la Pâque juive, mais cette fois-ci, le ras-le-bol, l'incompréhension et la colère sont patents.

"L'Europe retourne progressivement à la normale et nous, Israël, nous retournons en arrière", déplore Yaël.

Le gouvernement "a complètement échoué à gérer le coronavirus"

Pays de 9 millions d'habitants, Israël a officiellement enregistré plus de 172 000 cas de coronavirus, dont 1 163 décès, depuis le début de la pandémie. L'État hébreu est le pays ayant recensé le plus fort taux de contamination ces deux dernières semaines, selon un comptage mondial réalisé par l'AFP.

"Le système de santé a levé le drapeau rouge la semaine dernière […]. Nous avons tout fait pour tenter de trouver un équilibre entre les besoins de santé et les besoins économiques, mais nous sommes témoins d'une hausse inquiétante des contaminations et du nombre de malades graves ces deux derniers jours", a déclaré Benjamin Netanyahu dans une allocution télévisée jeudi soir.

Il a ajouté qu'il n'hésiterait pas, si nécessaire, à durcir les mesures de confinement perçues comme un coup de massue par une partie de la population.

"C'est une mesure agressive, qui dévaste l'économie et qui n'est pas utile pour stopper l'épidémie. La seule raison pour laquelle le gouvernement impose un reconfinement, c'est qu'il est complètement perdu […], qu'il a complètement échoué à gérer le coronavirus", a répliqué le chef de l'opposition, Yaïr Lapid, dans un entretien à l’AFP.

Pas de célébrations du Nouvel an juif dans la grande synagogue de Jérusalem

Les Israéliens ne pourront pas se rendre à plus de 500 mètres de chez eux, hormis pour aller au marché, à la pharmacie ou au travail, s'il s'agit d'une profession jugée essentielle. Des exceptions sont prévues, comme pour se rendre à des "funérailles ou à une circoncision", a précisé jeudi le ministère de la Santé, qui a aussi imposé des restrictions sur les lieux de culte.

Les synagogues sont en général remplies lors des deux jours de Rosh Hashana et surtout de Yom Kippour. Mais cette année, les fidèles pourront prier dans les synagogues en fonction de la taille de l'édifice.

Pour la première fois de son histoire, la grande synagogue de Jérusalem n'accueillera pas les célébrations du Nouvel an juif en raison des restrictions imposées pour lutter contre l'épidémie.

Ce nouveau confinement devrait aussi stopper les manifestations du samedi soir devant la résidence officielle du Premier ministre, rue Balfour à Jérusalem. Depuis l'été, des milliers d'Israéliens s'y réunissent une fois par semaine pour dénoncer la gestion, sanitaire et économique, de la pandémie par le gouvernement.

Pour Yaniv Segal, jeune membre du "Pink Front", un groupe militant pour les plus "faibles" dans une société "de plus en plus cruelle", le reconfinement "n'est pas la bonne solution pour traiter le corona". "Le confinement, c'est politique ! C'est pour arrêter les manifestations à Balfour", estime-t-il.

Avec AFP

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