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Face au Covid-19, des Journées du patrimoine contraintes de s'adapter

Journées européennes du patrimoine 2020
Journées européennes du patrimoine 2020 © D.R.
8 mn

Les Journées européennes de la Culture et du patrimoine se tiennent ce week-end dans des conditions singulières. Perturbées par le Coronavirus, les visites s’annoncent moins nombreuses mais aussi plus innovantes et inédites. 

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Des Journées du patrimoine différentes, mais des Journées du patrimoine quand même. Dans la plupart des villes et des régions françaises, le Covid-19 n’aura pas eu raison de la 37e édition qui se tiendra bien les 19 et 20 septembre en France et en Europe. Contraints de revoir le déroulement des visites imposé par les restrictions sanitaires, ses organisateurs proposent, cette année, des visites inédites, virtuelles et davantage personnalisées.  

Car maintenir ce week-end patrimonial semble être l’autre part non négociable d'Emmanuel Macron. "Notre art de vivre à la française est fait de grands rendez-vous sportifs, culturels, nous y tenons [et] à chaque fois qu’on peut les tenir, on doit les tenir, avec des contraintes", a lancé, mercredi, le président de la République, lors de sa participation à une étape du Tour de France. Le chef de l'État a lui-même visité vendredi 18 septembre, dans le cadre des ces journées, un hôtel particulier historique dans le Gers, l'hôtel de Polignac situé à Condom.

À contexte singulier, conditions particulières 

Pourtant, la liste des territoires contraints de fermer leurs portes aux curieux s’est allongée ces derniers jours. Quelque 1 500 événements ont dû être annulés dans 400 lieux. Les régions des Bouches-du-Rhône, de la Guadeloupe et de Bordeaux ont déclaré forfait pour cette année en raison de la progression "inquiétante", selon les préfectures, des cas de coronavirus. Tout comme la métropole lilloise et les villes de Nice, Bordeaux, Saint-Étienne, Firminy, Ajaccio, Maubeuge, Dunkerque, Boulogne-sur-Mer...  

Pour les 13 000 sites restants qui proposent plus de 20 000 animations au public, les visites s’effectueront dans des conditions très particulières. A minima, nul ne pourra échapper au port du masque, devenu obligatoire, ni éviter une désinfection des mains au gel hydroalcoolique. Pour les lieux plus sensibles, les organisateurs ont opté pour des visites balisées uniquement accessibles sur réservation via internet. Environ 20 % des sites ouverts ce week-end ont déjà soumis les visiteurs à ce type de conditions préalables en raison de jauges établies, très variables selon la taille des lieux. Finies donc les interminables files d’attente qui jalonnent les sites les plus prestigieux. Le palais de l'Élysée, tout comme l’hôtel de Matignon, proposent ainsi cette année des visites aux flux plus maîtrisés à raison de 125 personnes par demi-heure.  

"Cette année, l’objectif n’est pas quantitatif, explique Laurent Roturier, directeur régional des affaires culturelles (Drac) d'Île-de-France, dans un entretien accordé à France 24. On sait bien que nous n’atteindrons pas les 11 millions de visiteurs comme les années précédentes. Néanmoins, on gagnera incontestablement en qualité. D'ailleurs, il est très probable que l’on reconduise certaines conditions imposées par le Covid-19 comme la réservation obligatoire pour les prochaines éditions." 

Visites virtuelles : excursions sur Instagram, déambulation sur Facebook 

Les moins chanceux, qui n’ont pas réussi à obtenir une place à temps – l’Élysée et Matignon affichent déjà complet – pourront se consoler avec les nombreuses visites virtuelles suggérées cette année. Le palais de Élysée, la Cour des comptes ainsi qu’une centaine d’autres sites ouvriront leurs portes aux amateurs de vieilles pierres, pour peu qu’ils se donnent la peine de se rendre sur Facebook et Instagram. Il sera également possible de s'immerger, samedi, pendant 45 minutes, à l'intérieur du chantier de reconstruction de Notre-Dame ou de se perdre dans les interminables allées de Radio France en passant par les réseaux sociaux.  

La RATP et la SNCF proposent de leur côté "une offre 100 % digitale" avec 25 capsules vidéos et sonores. Sur sa plateforme, "Bienvenue à bord" la RATP invite l'usager virtuel à monter dans le premier métro en bois des années 1900. La SNCF, elle, permet au visiteur de voyager, depuis son canapé, à bord de l'Orient Express. Avant de s’offrir un tour guidé de l'horloge de la Gare de Lyon.. “ Pendant le confinement, nous avons pu voir à quel point les Français plébiscitaient le digital pour la culture. C’est dans cette perspective que nous avons développé l’offre numérique comme nous ne l’avons jamais encore fait”, résume Laurent Roturier. 

D'autres sites comme le Louvre "profitent" des conditions restreintes pour proposer aux promeneurs des visites guidées en petits groupes. Une manière de veiller aux gestes barrières sans renoncer aux visites physiques. Pour la première fois, le circuit traversant le ministère de la Culture, le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel, à Paris, sera entièrement guidé. Le parcours, d’environ 2h30, permettra aux visiteurs de découvrir successivement les trois institutions, ceux qui les font vivre, ainsi que le patrimoine architectural et culturel remarquable du Palais-Royal. 

Animations extra-muros 

Certains organisateurs ont privilégié les visites en extérieures, davantage Covid-19 compatibles. À Paris, des charpentiers vont, dans ce sens, présenter ce leurs savoir-faire au public sur le parvis de Notre-Dame. Sans réservation et gratuitement, les badauds pourront ainsi voir ce corps de métier présenter ses outils, équarrir du bois pour en faire des poutres et fabriquer une "ferme de charpente" en suivant toutes les étapes de sa construction. "Il est fort à parier que les sites extérieurs, tels que les sites archéologiques ouverts pour l'occasion en région parisienne, comme à Étiolles dans l’Essonne, à Pincevent en Seine-et-Marne ou en forêt de Fontainebleau, remportent un franc succès", poursuit le directeur. 

 À chaque édition son lot de visites inédites. Dans ce domaine, cette 37e édition est tout à fait à la hauteur des précédentes. "Plus de quarante propositions inédites cette année, rien qu’en Île-de-France", s’enthousiasme le responsable culturel. De nombreux sites jusqu’ici fermés au public ouvrent en effet leurs portes, comme la maison de fer à Poissy, l'atelier d'artistes du Bateau-Lavoir à Paris, l'Auberge des Dauphins – une réplique architecturale du Petit Trianon- dans la Drôme… Du magasin Art Déco des Nouvelles Galeries de Saint-Quentin dans l'Aisne à l'ancienne prison circulaire d'Autun en Bourgogne, en passant par la maison démontable Jean Prouvé à Nancy, les propositions sont multiples.  

"De nombreux efforts ont été déployés cette année pour que les conditions sanitaires soient remplies. Il n’y a donc pas de raison pour s'en priver, conclut Laurent Roturier. Le patrimoine a aussi besoin de visiteurs pour vivre. Mais, je ne suis pas inquiet, après ces périodes de confinement et de restrictions, les Français ont montré leur attachement et leur besoin de culture."  

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