24 Heures du Mans: pour Toyota, c'est loin d'être une promenade de santé

Le Mans (AFP) –

Publicité

La 88e édition des 24 Heures du Mans se révélait loin d'être une promenade de santé pour Toyota qui restait après plus de quinze heures de course sous la menace des Rebellion, une des deux voitures japonaises ayant été ralentie dans la nuit par des problèmes mécaniques.

C'est la Toyota N°8 de Buemi/Nakajima/Hartley qui occupait la tête à 06h00 du matin mais avec seulement deux tours d'avance, après 245 parcourus, sur la Rebellion N°1 de Senna/Menezes/Nato et quatre sur l'autre voiture de l'écurie suisse, la N°3 de Berthon/Delétraz/Dumas.

La deuxième Toyota de Conway/Kobayashi/Lopez, qui avait mené pratiquement tout le temps jusqu'à la mi-course après être partie en pole-position, était 4e à 6 tours après s'être arrêtée à son stand pendant une demie-heure pour un changement de turbo.

La mine déconfite de Kamui Kobayashi en sortant de sa voiture après l'avoir ramenée au stand en disait long sur la déception du pilote japonais.

Trois fois 2e en 2019, 2018 et 2017, "Koba", un ex-pilote de Formule 1, entendait bien prendre sa revanche cette année et monter sur la plus haute marche du podium dimanche.

Las, les six tours de retard que sa voiture compte désormais sur le leader semblent être un handicap insurmontable et même si l'autre Toyota devait aussi connaître des ennuis, il lui faudrait dépasser les deux Rebellion qui se montraient très véloces.

La N°8 pourrait donc bien rééditer son exploit des deux dernières années. Elle comptait alors parmi ses pilotes le double champion du monde de F1 Fernando Alonso qui accompagnait le Suisse Sébastien Buemi et le Japonais Kazuki Nakajima. Mais l'Espagnol prépare maintenant son retour en F1 avec Renault l'an prochain et a fait l'impasse sur l'épreuve mancelle. Il a cédé son baquet au Néo-Zélandais Brendon Hartley, vainqueur avec Porsche en 2017.

Le constructeur japonais vise une 3e victoire consécutive au Mans mais la supériorité, sur le papier, de ses voitures, est remise en question par la balance de performance (BoP) qui réduit leur avantage par rapport aux Rebellion, une écurie privée qui participe pour la dernière fois aux 24 Heures.

- Bataille fratricide en LMP2 -

Dans les autres catégories, la lutte faisait rage entre les Oreca de l'écurie United Autosports. Celle-ci appartient à l'Américain Zak Brown, par ailleurs propriétaire de l'écurie de F1 McLaren. Les deux voitures se tenaient à quelques secondes l'une de l'autre mais à plus de dix tours de la voiture de tête.

L'Aurus russe pilotée par le Français Jean-Eric Vergne, le Russe Roman Rusinov et le Danois Mikkel Jensen, qui avait mené la catégorie jusqu'au milieu de la nuit, a connu des problèmes électriques et ne pointait qu'à la 9e place du général et la 5e de la catégorie LMP2.

La course se déroule devant des gradins entièrement vides pour cause de coronavirus. La pluie, pourtant annoncée, ne s'était pas encore matérialisée au petit matin.

En Grand Tourisme, les Aston Martin et les Ferrari menaient la danse, les Porsche ayant elles marqué le pas après divers accidents de course.

Au total, à 06h00 du matin, 11 voitures avaient abandonné sur 59 au départ. Aucun accident violent n'a toutefois eu lieu malgré les écarts de vitesse entre les voitures engagées dans les différentes catégories et qui ont toutefois provoqué quelques accrochages avec l'intervention de la voiture de sécurité.

L'épreuve d'endurance a exceptionnellement lieu cette année en septembre, au lieu de sa date traditionnelle de juin, après avoir été reportée pour cause de coronavirus. Autre exception, le départ a été donné samedi à 14h30 pour tenir compte des journées plus courtes et l'arrivée aura donc lieu dimanche à la même heure.