Tour de France: "déjà une victoire d'arriver à Paris", se félicite Prudhomme  

Paris (AFP) –

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Ramener le Tour de France à Paris est une victoire, estime son directeur Christian Prudhomme, qui s'est dit "soulagé" dimanche à la fin d'une édition décalée de deux mois pour cause de pandémie.

Q: Avez-vous eu peur que le Tour s'achève prématurément ?

R: "Chaque année, les journalistes me demandent si je suis soulagé à la fin du Tour. Cette année, je réponds oui. C'est déjà une victoire d'arriver à Paris. On a eu peur dans les heures précédant le départ à Nice, avec deux cas positifs de Covid amenant à l'exclusion d'une équipe. Je me dis finalement que c'est ce qui nous a permis d'aller au bout. Les équipes ont serré la vis encore plus. Le boulot a été fait. Les mesures prises pour qu'il y ait une course, pour qu'on puisse tous travailler, tout ça a fait son chemin dans la tête des uns et des autres."

Q: Avez-vous tremblé une fois la course lancée ?

R: "Il y a une rupture totale. Les jours précédents, je n'ai pas une seule question d'un journaliste français sur le sport. Le samedi, c'est la pluie, la patinoire sur la route, le verglas d'été. Le lendemain, c'est la victoire de Julian Alaphilippe, le maillot jaune, le soleil replendissant, la beauté des paysages, le public sur le bord de la route avec 90-95 % de gens masqués... Sur ce Tour, on était en septembre et bien sûr il y avait moins de monde qu'en juillet. Mais j'ai été frappé par la réponse du bord des routes, les villages décorés, le public."

Q: Comment jugez-vous cette édition sportivement ?

R: "Je ne vais pas la mettre au même niveau que celle de l'an dernier qui était enthousiasmante, avec aussi des performances de choix des coureurs français. On a rêvé un moment à Nice mais les chutes ont joué un rôle énorme. Thibaut Pinot, même s'il a le courage d'être encore là, a été quasi-éliminé, Romain Bardet, Nairo Quintana... et puis Egan Bernal, la plus grosse surprise. Je ne m'attendais pas à sa spectaculaire baisse de régime."

Q: Allez-vous privilégier les étapes intermédiaires, souvent plus intéressantes sportivement ?

R: "Les étapes de Lavaur, de Lyon, de Champagnoles, ont été formidables. Grâce à Peter Sagan, Sam Bennett, leurs équipes. La lutte pour le maillot vert a été la plus belle depuis je ne sais combien de temps. Mais c'est difficile d'en tirer des conclusions définitives. Ce qui est sûr, c'est qu'il faut faire en sorte de réduire en terme de kilométrage les étapes de plaine. Quand elles sont longues, il faut que le final soit très rude."

Q: Quels enseignements tirez-vous des attaques de certains élus écologistes contre le Tour ?

R: "C'est la confirmation tout simplement de ce que tout le monde sait: les élus ont le pouvoir de dire oui ou non. Sans les élus, il n'y a pas de course cycliste, pas d'infrastructure à construire non plus, pas de stade, de piscine, de court de tennis."

Q: Vous avez dit "casser le vivre ensemble, ce n'est pas une erreur, c'est une faute"...

R: "Mais ce n'est pas politique du tout, c'est juste du bon sens. Après, on peut toujours estimer que l'on ne va pas assez vite en matière environnementale. Mais les choses avancent. Le Tour montre et se nourrit des beautés de la France, on n'a aucune envie d'abîmer les beautés de la France. Depuis des années on est dans cette démarche-là."