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Affaire Altrad : le président de la Fédération française de rugby Bernard Laporte en garde à vue

Bernard Laporte a été placé en garde à vue mardi matin à Paris, dans l'enquête sur ses liens avec le groupe  Altrad, sponsor de l'équipe de France.
Bernard Laporte a été placé en garde à vue mardi matin à Paris, dans l'enquête sur ses liens avec le groupe Altrad, sponsor de l'équipe de France. © CHRISTOPHE SIMON / AFP
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À dix jours de briguer sa succession à la tête de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte a été placé en garde à vue, mardi matin, à Paris, dans l'enquête sur ses liens avec le groupe Altrad, sponsor de l'équipe de France. 

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Le président de la Fédération française de rugby (FFR), Bernard Laporte, l'homme d'affaires Mohed Altrad, propriétaire du club de Montpellier, ainsi que Claude Atcher, le patron du Mondial-2023 organisé par la France, et deux hauts responsables de la Fédération, Serge Simon et Nicolas Hourquet, ont été placés, mardi 22 septembre, en garde à vue à Paris.

Le patron du rugby français est notamment soupçonné d'avoir favorisé le Montpellier Hérault Racing (MHR), en intervenant auprès de la commission d'appel de la FFR pour faire diminuer des sanctions contre le club, fin juin 2017. Bernard Laporte est arrivé mardi matin dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) à qui le parquet national financier (PNF) avait confié les investigations en 2017.

Une affaire de sponsoring

Cet ancien sélectionneur des Bleus (2000-2007), devenu ensuite secrétaire d'État chargé des Sports de Nicolas Sarkozy (2007-2009), s'est toujours défendu de toute intervention en faveur de Montpellier, même s'il a reconnu avoir téléphoné au président de la commission, Jean-Daniel Simonet.

Des inspecteurs généraux du ministère des Sports ont également établi dans un rapport transmis à la justice que les décisions de la commission avaient été "modifiées", entre les 29 et 30 juin 2017. Dans un premier temps, la commission d'appel aurait décidé de confirmer les sanctions prononcées par la Ligue (LNR), soit 70 000 euros d'amende et un match à huis clos, avant de passer à 20 000 euros d'amende et un sursis sur le match à huis clos. Le dossier portait sur le déploiement de banderoles hostiles à la Ligue par les supporteurs du MHR.

Trois mois plus tôt, le groupe Altrad, spécialisé dans les matériels de bâtiment, était devenu le premier sponsor maillot du XV de France, avant de soutenir la candidature française, finalement victorieuse, pour l'organisation de la Coupe du monde 2023. En révélant l'affaire en août 2017, le Journal du dimanche avait aussi mis au jour l'existence d'un contrat entre BL Communication, une société dirigée par Bernard Laporte, et Altrad Investment Authority, pour un montant de 150 000 euros. Sous la pression, l'ancien manager de Toulon y avait renoncé.

Les policiers ont déjà entendu plusieurs protagonistes en 2019, notamment les trois membres de la commission d'appel de la FFR, qui devaient juger le dossier le 29 juin 2017. 

Sur fond de vives tensions entre la Ligue de rugby et la Fédération, l'affaire avait gâché le début de mandat de Bernard Laporte, élu le 3 décembre 2016. À dix jours de briguer sa succession à la tête de la Fédération, elle risque maintenant de gêner la dernière ligne droite de sa campagne auprès des clubs, chargés de le départager face à son principal opposant, Florian Grill. Lundi, l'avocat de Bernard Laporte, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, a dénoncé le "timing" de cette convocation, une "ingérence judiciaire" dans le processus électoral selon lui. 

Avec AFP 

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