Sans public et enregistré: un concours Miss Venezuela 2020 au goût particulier

Caracas (AFP) –

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Haydalic Urbano rêvait d'apprendre à marcher sur le "catwalk", la passerelle où chaque prétendante au titre de Miss Venezuela 2020 doit défiler face au public. Mais en ces temps de pandémie, la jeune femme a dû se contenter de cours à distance.

"Ca a été compliqué de suivre les cours de défilé de manière virtuelle", raconte Haydalic Urbano, chirurgienne de 25 ans et l'une des 22 candidates au concours de Miss Venezuela.

"Je rêvais d'aller tous les jours à La Quinta (le siège de Miss Venezuela à Caracas), mais nous nous sommes adaptées et je ne regrette pas du tout d'avoir vécu le concours en pleine pandémie", confie-t-elle à l'AFP.

"Tout a été chamboulé à cause du confinement" décrété par le gouvernement du président Nicolas Maduro il y a six mois, confirme Nina Sicilia, directrice de l'événement et première Miss International vénézuélienne en 1985.

De fait, contrairement aux éditions passées le concours n'aura pas lieu en direct jeudi. Il aura été enregistré dans les jours précédents.

"Le plus difficile, ça a été les répétitions pour l'ouverture (du concours) que nous avons faites par Zoom. Mais nous nous sommes adaptées et nous avons concocté un spectacle merveilleux", estime de son côté Luiseth Materan, candidate de 24 ans.

Le concours de Miss Venezuela est un rendez-vous incontournable dans ce pays, à tel point que le concours est surnommé "la plus belle des soirées". Et les reines de beauté vénézuéliennes brillent fréquemment dans les compétitions internationales. De ses rangs sont sorties sept Miss Univers, six Miss Monde et huit Miss International.

Mais en raison de la crise économique que traverse le Venezuela depuis sept ans, le concours a dû s'adapter et a déjà renoncé à une bonne partie de la pompe qui le caractérisait par le passé.

Pour autant, la semaine dernière, les candidates ont toutes bel et bien défilé devant un jury en chair et en os. Et avant leur passage, c'était l'effervescence dans les loges : un coup de sèche-cheveux, une couche de mascara... Covid-19 oblige, cette année, maquilleurs et stylistes portaient tous un masque de protection.

D'ailleurs, tant le personnel que les candidates ont tous été testés pour éviter tout risque de contagion.

Et même sans public, Lisandra Chirinos, étudiante en communication de 24 ans, dit avoir "apprécié" l'expérience. "J'aurais aimé avoir un peu plus de contact avec les autres candidates et le public, mais je suis très heureuse d'avoir vécu cette histoire".

Loin des critiques à l'égard des concours de beauté émises à l'ère de #MeToo, Valentina Sanchez, diplômée en commerce international, estime que Miss Venezuela apporte "un peu de joie" aux Vénézuéliens en ces temps de pandémie et de crise économique.