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À Washington, hommages à la juge Ruth Bader Ginsburg avant la bataille politique

Le cercueil drapé du drapeau de la juge Ruth Bader Ginsburg arrive dans le Grand Hall de la Cour suprême à Washington, le 23 septembre 2020.
Le cercueil drapé du drapeau de la juge Ruth Bader Ginsburg arrive dans le Grand Hall de la Cour suprême à Washington, le 23 septembre 2020. © Reuters
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Dans un silence de plomb, la dépouille de la juge Ruth Bader Ginsburg est arrivée, mercredi, à la Cour suprême des États-Unis, à Washington, pour des hommages officiels dont la solennité est brouillée par l'intense bataille pour sa succession.

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Les hommages officiels ont commencé, mercredi 23 septembre, à la Cour suprême des États-Unis où la dépouille de la juge Ruth Bader Ginsburg est arrivée. Le décès de la magistrate vendredi, à moins de deux mois de la présidentielle américaine, est vécu comme une "tragédie" par de nombreux Américains, comme Heather Vandergriff, venue exprès du Tennessee pour saluer une dernière fois cette "championne des droits des femmes".

Le président Donald Trump a engagé au pas de course le processus pour la remplacer et ancrer durablement la haute cour dans le conservatisme, ce qui pourrait profondément modifier la société américaine. 

Mais cette quinquagénaire progressiste ne veut pas y penser. "Franchement, il faut déjà que j'affronte cette journée", dit-elle à l'AFP, alors que le cercueil de la juge, drapée dans la bannière étoilée, fait son arrivée dans l'imposant bâtiment de marbre blanc à Washington.

Ruth Bader Ginsburg est morte à 87 ans des suites d'un cancer, après avoir siégé pendant 27 ans à la Cour suprême des États-Unis, où elle a défendu les droits des femmes, des homosexuels, des migrants, ou encore l'environnement.

Sa dépouille sera exposée pendant deux jours à l'entrée de ce bâtiment néoclassique, sur le catafalque de l'ancien président Abraham Lincoln. Les Américains pourront lui faire leurs adieux, avant un hommage national vendredi au Capitole voisin. Elle sera inhumée dans l'intimité la semaine prochaine au cimetière national d'Arlington, près de Washington.       

"Ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment"

La Maison Blanche a annoncé que Donald Trump se rendrait jeudi devant son cercueil. Le temps du recueillement sera à peine passé – et "RBG" même pas encore enterrée – quand le président républicain annoncera samedi après-midi le nom de sa remplaçante potentielle, une conservatrice, qui permettrait au temple du droit américain de sérieusement pencher à droite.

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À 40 jours de l'élection, les sénateurs républicains entendent se dépêcher pour voter la confirmation de cette magistrate, alors même que, selon la petite-fille de "RBG", sa dernière volonté était de "ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment", en janvier 2021.

Des déclarations mises en doute par Donald Trump, qui a estimé qu'elles ressemblaient à un communiqué écrit par ses adversaires démocrates.

Mais d'ici samedi, c'est le temps de l'unité nationale qui va, tant bien que mal, tenter de prévaloir. 

Devant la Cour suprême, l'atmosphère était également au recueillement. "Je ne veux pas penser" à sa succession, confiait Paul Duffy, un cadre de 58 ans venu seul de Boston pour l'occasion. "Je veux vraiment me concentrer sur elle, lui rendre hommage et à tout ce qu'elle représentait", ajoutait-il, très ému.   

"Cœur brisé"  

À l'arrivée du cercueil, le murmure de la foule s'est éteint. Une rare voix forte a été priée de se taire. Aujourd'hui, pas de bannières ni de mots d'ordre politique, le public a opté pour des vêtements, sombres, des t-shirts à l'effigie de la juge, une couronne pour cette "reine".

Virginia Blake-West, une sexagénaire new-yorkaise, a noué un drapeau américain sur sa tête, parce que la magistrate était selon elle "une patriote".

Mais la politique affleurait vite dans cette foule, majoritairement féminine, acquise aux idées progressistes. "Je suis anxieuse pour la suite", confiait Samantha Jacobs, une enseignante de 26 ans. "J'espère que Joe Biden va gagner" le 3 novembre et que les démocrates pourront "atténuer" l'influence des conservateurs à la Cour suprême, peut-être en y ajoutant de nouveaux juges. 

"Les républicains tirent avantage de la situation", regrettait également Michelle Mouton, cadre dans la distribution. Ils avaient refusé de confirmer un juge choisi par Barack Obama en 2016, au motif que c'était une année électorale et "maintenant ils se précipitent pour nommer quelqu'un qui va probablement rester en fonction plus de 20 ans !"

"Ça me brise le cœur", ajoutait cette Afro-Américaine de 51 ans qui, elle aussi, voulait tellement se concentrer sur les hommages à Ruth Bader Ginsburg et à sa "force tranquille".

Avec AFP

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